Jump to ratings and reviews

The Promise of the East: Nazi Hopes and Genocide, 1939-43

How did the Nazis imagine their victory and the subsequent ‘Thousand-Year Reich’? Between 1939 and 1943, the Nazi imperial Utopia started to take shape in the conquered areas of Eastern Europe, brutally emptied of their inhabitants, who were displaced, reduced to slavery and, in the case of the Jews and a considerable number of Slavs, murdered. This Utopia had its engineers, its agencies and its pioneers (no fewer than 27,000 Germans, most of them young). It aroused fervent support. In the Thousand-Year Reich, with its borders extended by conquest, a racially pure community would soon live a life of peace and prosperity, in total harmony. In this book, renowned historian Christian Ingrao draws on extensive archival material to shed new light on this movement and explain how it could prove so appealing, examining the coherence and the inner contradictions of the activities undertaken by the different institutions, the careers of the women and men who played a part in them, and the ambitious plans that were drawn up. Ingrao adopts a social anthropological point of view to investigate the emotions aroused by the Nazi dream, and describes not just the hatred and the anxieties it fed on but also the joys and expectations it created – two sides of a single reality. As we learn from the terrible violence unleashed across the region of Zamość, on the border between Poland and Ukraine, the hopes of the Nazis became a nightmare for the native populations. This important work reveals an aspect of Nazism that is often overlooked and greatly extends our understanding of the general framework in which the Holocaust was realized. It will find a wide audience among students and scholars of modern German history and among a broad general readership.

320 pages, Hardcover

Published January 22, 2019

Loading...
Loading...

About the author

Christian Ingrao

19 books11 followers

Ratings & Reviews

What do you think?

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
7 (46%)
4 stars
8 (53%)
3 stars
0 (0%)
2 stars
0 (0%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 1 of 1 review
Profile Image for Romain Blandre.
124 reviews8 followers
February 13, 2017

Tout était réfléchi, tout était prévu, dans le moindre détail, jusque dans l'intérieur même des maisons qui devaient accueillir les nouveaux arrivants. Le projet nazi de la conquête de l'est et de son intégration dans un vaste empire qui devait vivre mille ans est l'objet de ce nouveau livre de Christian Ingrao. Étudier le nazisme comme un rêve, comme une utopie, promis par Hitler et d'autres intellectuels à un peuple qui se sentait humilié et en danger, depuis la fin de la Première Guerre mondiale est le challenge magistralement relevé par l'historien.

1939 marque le point de départ du livre: un incident de frontière allait servir de prétexte à l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes. Puis c'est Barbarossa, la grand offensive contre l'Union soviétique qui amènera la Wehrmacht aux portes de Moscou. Pour les nazis, le rêve devient réalité, l'empire est en voie de naître, il faut dès lors germaniser le territoire et sa population.

Plusieurs hommes, plusieurs intellectuels, se voient en charge de planifier cette mission. Des « plans généraux pour l'est » voient le jour sous la plume du géographe agronome Meyer-Heitling, puis ce sera Kammler, l'ingénieur économiste et enfin Speer, le célèbre architecte d'Hitler qui y mettront leurs touches personnelles. La SS se dote de structures pour encadrer tout cela. Au départ tout est un peu brouillon, dans l'enthousiasme que suscitent les succès nazis, chacun entre en concurrence avec l'autre, les décisions se prennent rapidement et parfois de façon contradictoire.

Puis on décide de procéder par étapes. La première est d'expulser les populations indésirables du nouveau Reich et de les regrouper dans un territoire dépotoir où, même là, on ne veut pas d'elles. Alors on imagine des plans d'envergure: l'expulsion et la mort à petit feu à Madagascar, île où ces millions de gens ne trouveront de toute façon pas assez de ressources pour y vivre. La seconde étape est celle pendant laquelle on va juger de la bonne "ethnicité" de ceux que l'on veut garder sur place afin de servir la "race supérieure germanique". On favorise l'installation sur les nouveaux territoires conquis des "Allemands ethniques" qui seront chargés de coloniser et d'aménager "l'espace vital". C'est ainsi que de vastes transferts de populations vont être organisés alors même que la guerre n'est pas encore gagnée.

Les nazis invitent des spécialistes, ingénieurs, civils, étudiants, militants, femmes... à effectuer l'expérience formatrice de l'est, à vivre la grande aventure dans ce lieu de tous les possibles, où, en servant le Reich, chacun pourra construire sa propre carrière et pourra se targuer d'avoir participé au grand sauvetage des "Volkdeutsche" soumis depuis trop longtemps à la domination des peuples slaves que l'on hait tant, tant ils ont mis les "vrais Germains" en danger.

L'étude que fait Christian Ingrao de rapports, de catalogues d'expositions, de chants, de poèmes, de livres, montre comment tout a été prévu et comment tout cela s'ancre dans l'univers mental des acteurs qui reçoivent chacun un rôle précis. L'organisation des villes et des villages, des axes de communication, des futures exploitations agricoles, des communautés d'habitants, prouvent que rien n'avait été laissé au hasard. Les trois "plans pour l'est" qui ont vu le jour dès le début de la guerre constituent bien les preuves que le projet de colonisation de "l'espace vital" était au centre des préoccupations des hiérarques nazis et qu'ils évoluaient au rythme des actions militaires.

Cette germanisation de l'est ne pouvait cependant pas se réaliser sans l'élimination physique des populations jugées nuisibles par l'idéologie raciste et antisémite nazie. Christian Ingrao démontre avec une clarté évidente que le génocide des juifs est intégralement lié à ce projet. L'étude de cas sur Zamosc et la région de la Zamojszczyzna qui clôt l'ouvrage en est une preuve irréfutable. Ce territoire qui constituait un confins de l'empire jusqu'en 1941, en devient un centre avec l'opération Barbarossa: le glissement du Reich vers l'Union soviétique change totalement la donne pour cette région et ceux qui y vivent. Globocnik, un des nazis les plus zélés, va pouvoir y exercer son gouvernement et montrer ici sa capacité à appliquer à la lettre le projet nazi et à trouver tous les moyens, même les plus radicaux, pour le mettre en œuvre. Appuyé par Himmler, il fera de la Zamojszczyzna le fer de lance de la colonisation et de la germanisation de l'est. Ce véritable "laboratoire" grandeur nature sera aussi celui de l'assassinat en masse des juifs. Ceux-ci sont d'abord regroupés là pour servir de "bétail humain" chargé de construire les grandes infrastructures pour la germanisation du territoire. Les valides y sont regroupés dans des camps et la plupart devra s'éliminer naturellement par le travail en servant le Reich. Les autres, les inutiles, ceux qui ne veulent ou ne peuvent travailler doivent mourir. Pour cela, on va se resservir de ces scientifiques qui ont trouvé quelques années auparavant le moyen d'éliminer "efficacement et proprement" les malades mentaux lors de l'action T4. C'est ainsi que naîtra le centre de mise à mort modèle de Belzec, que l'on dote de chambres à gaz, puis celui de Sobibor où les juifs vont être tués en masse. Quand ces deux centres sont engorgés par l'afflux trop massif de victimes, on fait appel à des escadrons de gendarmes mobiles pour assassiner les juifs dans les forêts voisines au bord de fosses communes. Tout cela se fait au vu et au su de tout le monde; le caractère ostentatoire et souvent cruel des assassinats doit prouver à tous la détermination et la supériorité des conquérants. On orchestre aussi les conflits entre peuples: les Ukrainiens sont encouragés à se battre contre le voisin polonais haï depuis toujours.

L'année 1943, borne chronologique finale de l'ouvrage, voit mourir l'utopie. Ou du moins celle-ci passe au second plan. Les premières défaites nazies, notamment à Stalingrad, poussent les chefs à ne plus se concentrer sur le futur, mais sur l'immédiateté. Il s'agit dès lors de développer les efforts pour la victoire d'abord.


Lire Christian Ingrao, ou l'entendre en conférence, c'est à chaque fois être sûr d'être encore ahuris par la capacité de cette génération d'historiens à toujours apporter du neuf à des sujets dont on était persuadés tout connaitre. Ces historiens, par leurs recherches exceptionnelles, et suite à l'ouverture des archives soviétiques, répondent indirectement à tous ceux qui pensent et clament qu'il faut arrêter de travailler sur le nazisme et la Shoah parce qu'on sait tout et qu'"il n'y en a toujours que pour les mêmes". Absurdité parfaitement contredite par La promesse de l'est.
Displaying 1 - 1 of 1 review