De renommée équivalente à celle de Milgram, l'" expérience de Stanford sur la prison " demeure pourtant l'un des meilleurs exemples de mise en scène scientifique. Rassemblant archives et entretiens inédits, Thibault Le Texier mène une enquête haletante sur l'une des plus grandes supercheries intellectuelles du XXe siècle. Conduite en 1971 par le professeur Philip Zimbardo, l'" expérience de Stanford sur la prison " a vu vingt-deux étudiants volontaires jouer les rôles de gardiens et de prisonniers au sein d'une fausse prison installée dans l'université Stanford. L'expérience devait durer deux semaines mais elle fut arrêtée au bout de six jours, résume Zimbardo, car " les gardiens se montrèrent brutaux et souvent sadiques et les prisonniers, après une tentative de rébellion, dociles et accommodants, même si la moitié d'entre eux furent si perturbés psychologiquement qu'ils durent être libérés plus tôt que prévu ". Devenue presque aussi célèbre que l'expérience de Stanley Milgram sur l'obéissance et souvent citée en exemple de l'influence des situations sur nos comportements, l'expérience de Stanford est pourtant plus proche du cinéma que de la science : ses conclusions ont été écrites à l'avance, son protocole n'avait rien de scientifique, son déroulement a été constamment manipulé et ses résultats ont été interprétés de manière biaisée. Rassemblant archives et entretiens inédits, Thibault Le Texier mène une enquête haletante sur l'une des plus grandes supercheries scientifiques du XXe siècle, entre rivalités académiques, contre-culture et déploiement du complexe militaro-industrialo-universitaire.
Excellent. This is a very thorough investigation of the (in)famous Stanford Prison "Experiment," which always seemed to me pretty weak science, but is revealed here to be mere theater.
The author found by looking at the Stanford archives, that almost every aspect of what occurred with the spectacle was stage-managed and then misrepresented by its director Zimbardo. There is more detail than anyone needs about this event, but it's necessary for demonstrating the depth of the nonsense and it is fascinating in a car-crash sort of way.
I particularly appreciated the author's conclusion about how reality does exist, good science is possible, and that for a scientist there are no virtuous lies.
Poignant, glaçant, cette enquête sur l'expérience Stanford tend à nous démontrer sa non-valeur scientifique. Et pourtant... qu'il est dur de ne pas observer cette prison par son prisme social !