Le vol d'une collection de CD de jazz ? En apparence une broutille. Mais si le lendemain on vous colle le cadavre d'un inconnu dans votre appartement, vous commencez à douter de la bienveillance de votre prochain. Pourtant Zam, journaliste politique, mène une existence sinon paisible du moins routinière, jalonnée de cuites quotidiennes, de ruptures sanglantes et de réconciliations éternelles avec Bébète, d'articles sans lendemain sur la dictature du régime. Se pourrait-il que son investigation sur la spoliation foncière des communautés villageoises au profit du gouvernement ait attiré sur lui les foudres des services secrets ? Zam en doute. Jusqu'au jour où il sort des décombres de son immeuble ravagé par une explosion criminelle. Ses mésaventures ne font que commencer. Autour de lui l'inertie le dispute à l'absurdité : les policiers s'évertuent à ne pas enquêter, ses confrères de l'opposition trempent peu ou prou dans la corruption, les diplomates du pays des droits de l'homme ont à cœur de ne pas s'ingérer dans les affaires publiques. Si l'on ajoute à cette gabegie la disparition subite de Bébète poursuivie, dit-on, par un mercenaire français ; l'apparition non moins subite d'un fils naturel de Zam décidé à lui faire payer son abandon, on imagine à quel point notre héros aspire aux plaisirs simples de l'existence : un air du Duke ou de Parker et un whisky infect. Critiquer les institutions, peindre la misère morale des peuples, inventer mille rebondissements et des personnages aussi louches que truculents, telle fut la vocation des grands romans-feuilletons, de Sue à Balzac, telle est celle de Trop de soleil tue l'amour, peinture au vitriol d'un Cameroun dévasté par la corruption et la dictature. Entraîné par un écrivain d'une telle élégance morale et d'une verve aussi délirante, le lecteur n'hésite pas à rire en toute liberté. Quitte à mettre en sourdine les bons sentiments sur l'Afrique ou à s'interroger sur le rôle de la France dans les guerres et l'économie d'un continent à la dérive.
A travers les mésaventures d'un journaliste Camerounais (Zamakwé) Mongo Béti mêle l'humour à l’absurdité afin de démontrer les travers du régime de Paul Biya qui est au pouvoir depuis 30 ans durant lesquelles la société Camerounaise a connu une décrépitude qui n'est pas sans rappeler l’époque Coloniale ou encore la traite négrière. La nature du pouvoir de Biya ne laisse aucun doute sur son despotisme. "Chez nous, à un despotisme sanguinaire venait succéder un dictature sournoise; elle hésitait à massacrer les foules à mitrailleuse, mais surinait les individus isolés dans l'ombre (à l'instar de Zamakwé dans le Roman); elle se flattait d'organiser des élections, mais celles-ci tournaient aussitôt à la farce . . . Les populations sédentaires avaient dû s’accommoder des exactions, des turpitudes des autocrates; elles en avaient pris le pli. Presque plus rien de les blessait, ni ne les étonnait, bien au contraire; elles en étaient même arrivées à applaudir aux extravagances de la dictature." (P. 78)
Il décrit cette situation burlesque en écrivant ceci "Là où le peuple a été trop longtemps tenu à l’écart des lumières du droit, le vice devient la norme, le tortueux la règle, l’arbitraire la vertu." (P. 78)
Mongo Béti explique pourquoi le cancer du tribalisme gangrène la société et se développe sous forme de colère mal guidée aux dépends d'autres tribus, " Notre vraie colère, s'il en advient une, n'est pas dirigée contre l'oppresseur étranger, la multinationale qui ronge notre peuple, le dictateur, homme sans classe ni envergure, qui brade notre patrimoine naturel, la caste vénal et corrompue de nos dirigeants qui ont fait un loisir banal du détournement de fonds publics et de l’évasion des capitaux, mais toujours contre l'ethnie rivale, comme au Moyen Age des autres continents. C'est sur nous qu'on se penche pour se faire une image des époques barbares de l'histoire de l’humanité." (P. 105)
Il ne manque pas de poser la question pertinente qui porte sur le tribalisme et la capacité de former une Nation égalitaire pour tous. "Avons-nous un avenir collectif? Peut-on aimer ce pays, théâtre probable de génocide de demain, prochain Rwanda sans doute? Si 'on nous donnait les moyens d'aller ailleurs, qui resterait?" (P. 105) Autant de questions qui, 13 ans apres la publications de ce roman, n'ont pas encore trouvées de réponses pratiques au Cameroun.
Wenn die Sonne die Moral verdampft (Mongo Beti: Trop de soleil tue l’amour) Mongo Beti liefert hier keine klassische Erzählung, sondern eine Gebrauchsanweisung für das Leben in einer perfekt dysfunktionalen Diktatur. Die Handlung ist bewusst überladen und chaotisch – ein Signal an den Leser: Dies ist kein Roman über Kausalität, sondern über Zustand. Der Journalist Zamakwé verliert seine Jazz-CDs, stolpert über eine Leiche, entgeht Autobomben, und am Ende fliegt auch noch seine Wohnung in die Luft. Der Auslöser dieses Irrsinns? Wahlkampf. In Betis Kamerun wird politische Normalität mit den Methoden des Auftragsmords organisiert. Die Vorbereitung auf eine Wahl unterscheidet sich kaum von einer gezielten Eliminierung. Schwarzer Humor als Überlebensstrategie Der Humor des Romans ist tiefschwarz und liegt in der Verschiebung der Verhältnismäßigkeit. Die gestohlene Jazz-Sammlung ist Zamakwé emotional wichtiger als die Leiche im Wohnzimmer. Diese groteske Prioritätensetzung ist kein Gag, sondern ein präzises psychologisches Porträt: Man klammert sich an persönliche Verluste, weil die großen politischen Verbrechen allgegenwärtig, anonym und letztlich unantastbar sind. Verdrängung wird zur einzigen praktikablen Form von Normalität. Zamakwé – der Held der Passivität Kritiker bemängeln Zamakwé als passiven Säufer, Feigling und schlechten Freund, der keine echten Ermittlungen führt. Genau darin liegt die politische Brillanz der Figur. Zamakwé ist kein mutiger Enthüllungsjournalist, sondern der Anti-Held einer gescheiterten Dekolonisierung. Er steht für eine intellektuelle Elite, die informiert ist, die richtigen Worte kennt – und dennoch nichts tut. Seine Passivität ist keine individuelle Schwäche, sondern angepasstes Überleben. Er weiß, dass jede ernsthafte Untersuchung unweigerlich zu einer „hohen Persönlichkeit“ führen würde und dort endet. In einem System, in dem Akten verschwinden, sobald ein mächtiger Name auftaucht, ist Apathie rational. Wie Beti selbst formuliert: „Dort, wo das Volk zu lange vom Licht des Rechts ferngehalten wurde, wird das Laster zur Norm, die Willkür zur Tugend.“ Der Zynismus der Kontinuität Der Roman erschien 1999. Rund 25 Jahre später ist seine Diagnose erschreckend aktuell. Die von Beti beschriebene Diktatur – eine, die Massaker vermeidet, aber Individuen im Schatten eliminiert – hat unter Paul Biya institutionelle Dauerhaftigkeit erlangt. Die Fragen, die Beti stellt, brennen weiter: Kann man ein Land lieben, das zum Schauplatz künftiger Massengewalt werden könnte? Gibt es eine kollektive Zukunft? Besonders bitter ist seine Analyse des Tribalismus: Er richtet sich nicht gegen den Diktator oder den äußeren Einfluss, sondern gegen rivalisierende Ethnien. Die Beute ist so klein, dass sich die Unterdrückten gegenseitig bekämpfen, statt das System infrage zu stellen. „Trop de soleil tue l’amour“ ist kein literarisches Meisterwerk im klassischen Sinn. Es bietet keine saubere Dramaturgie und keine Auflösung. Aber genau darin liegt seine Wahrheit. Es ist ein politisches Dokument von bleibender Wucht – die chaotische, absurde und unaufgelöste Geschichte eines Landes, in dem nur eines konsistent ist: die Absurdität selbst.
The first book I read from Camerounese author Mongo Betti was titled "France against Africa", an excellent non-fiction book. This book is a fiction story detailing realistically all aspects of dramatic life in Caemroun under the despotism of the Biya regime. The story is about a reporter who suffers from several events in a one year period from finding a corpse in his appartment, the explosion of a building, an arrest and the disappearance of his girlfriend. Unlike the stereoptypical investigative reporter we read in books or watch in hollywood movies, this Camerounese reporter, nicknamed ZAM, is an alcoholic, language abusive against his girlfrien, a coward and a passive character not conducting any investigation nor writing reporters, but he's labeled an intellectual. Unfortunately, the author didn't develop this central character enough as if he had not past whatsoever and stays unchanged throughout the story. The author didn't develop any of the other characters such as Eddie the reporter's friend, the reporter's boss, the Detective Norbert, the Fernch Georges, and/or the girlfriend nicknamed Bebette, besides writing a few descriptions.
The author wrote so much about the situation in Cameroon under Biya regime from various apects of life, but the characters needed more depth. The central character was passive, but his friend Eddie was active in trying to find out what's going on. The various events suffered by the reporter seems to be unrelated with no begining nor end to it. No reader can guess what the full story is about as the author disperse the clues in different directions through various characters. Like in the book says, it is forbidden for the police to investigate because it could lead to a high profile personality. Therefore, the readers shouldn't expect a fiction story based on police/journalistic investigation as read in numerous books written by Western authors.
This book is very good in giving a realistic and dramatic picture of Cameroun in the 1990's, but it lacks the literature aspect of a story such as characters development and closure to numerous stories hapening throughout the book.
-[...] connasse, triple salope... -Sale ivrogne, vieux con, j'ai encore fait quoi ? Pourquoi tu m'insultes toujours ?... -Sale petite pute, triple conne, va te faire foutre... P. 91
C'est un roman comme je n'en avais jamais lu. D'abord de part le langage. Le style aussi n'a rien avoir avec les romans écrit par des auteurs Français auxquels je suis habitué. Étant de Maurice (Océan Indien) je me suis beaucoup retrouvé dans le récit de M. B. La corruption, les problèmes de mœurs.. Lire ce livre c'est comme une thérapie. Les pages racontent le quotidien africain et permet d'accepter cette réalité comme LA réalité. Il n'y pas en sortie. Comme disait Camus "il n'y a pas d'issue"
Intrigue rocambolesque, style invitant, critique acerbe des institutions corrompues, réquisitoire dévastateur sur la colonisation et la pillage de l’Afrique. Mais c’est difficile de survivre à autant de misogynie ordinaire.
ZAM, Journalist, Alkoholiker, passiv in allen Lebenslagen, aber gleichzeitig “Intellektueller” (was auch immer das bedeuten mag), findet eine Leiche in seiner Wohnung. Dieser Fund leitet ein Jahr voller Unglücke ein, von denen aber letztendlich leider keines so richtig aufgeklärt wird.
Während die ersten zwei Drittel annehmbar waren und ich der Geschichte einigermaßen folgen konnte, musste ich mich durch das letzte Drittel geradezu durchkämpfen. Empfehlen kann ich Sonne Liebe Tod leider nicht.