« On me demande souvent comment j’ai pu faire de tels choix, celui de tomber dans le X et celui d’en sortir. On me demande aussi souvent comment j’ai pu y prendre du plaisir. Pour la bonne morale, il aurait été plus acceptable de subir.Il est des réponses d’interview qui tiennent en une phrase, et puis il y a la réalité qui en comporte mille. Un choix repose sur une histoire, des humeurs, des contextes. Sur la volonté grisée par le désir. Celle d’une petite fille qui veut trouver sa place. D’une adolescente qui a innocemment revendiqué son droit à aimer ça, et qui pourrait être votre ancienne camarade de classe, votre fille ou votre petite soeur. »Pendant des années, Céline Tran a été, sous le nom de Katsuni, un objet de désirs et de fantasmes. Mais son récit va bien au-delà de ce qui fut son travail. C’est celui d’une femme qui n’aura eu de cesse de chercher, aussi bien dans le X que dans le sport et les livres, sa liberté.Céline Tran est auteure et comédienne.
For French readers. In the continuity of my readings in the hard world, the title struck me and I bought the book with the curiosity to know what the author think about the judgment on pleasure. Because the title let us imagine a spicy, but also critical autobiography. I was not disappointed. Reading is smooth, easy, simple, more mature than Raffaela Anderson's Hard (see my previous critique). The biography of a porn star is at times curious, often boring, sometimes arouses envy at the thought that some people have an easy life for the mere fact of selling sex. But it's an easy thought, because the sex we have by choice and pleasure is compared to what we do for work. This sex is well paid for the risks you take for certain diseases and because it is a job and you have to respect schedules, performances regardless of your own wishes, how much the person in front of us attracts us or not, is beautiful or ugly, clean or dirty, you have to act even if you have pain, if you don't feel like it, if you are having a bad day. Even if you have not desire. Returning to the book in question, the author explains her path starting from an uncertain self-esteem, from a maturity still budding, to seek her own place in life. The difficulty of continuing studies for which one does not feel completely carried away, and therefore interrupted, the aspirations of the family that put pressure, a petty bourgeois life without too many difficulties until the moment of choosing. The rest I leave it to those who are interested in reading a simple biography to discover. What emerges from readings like these is the difficulty of taking on a role and a life like those of a porn star, of going against the tide, of not being understood or simply of not being approved, of feeling the criticisms, thoughts of others, unasked questions, disapproval ... when each of us is simply looking for himself and looking for a place in life and society.
Quelle belle surprise que « Ne dis pas que tu aimes ça », le livre de Céline Tran (« [c]'est désormais [s]on nom – le vrai, le seul »). Je m'attendais à lire un témoignage sur son passé de hardeuse, mais ce livre est bien plus que ça. C'est une vraie invitation à faire ses propres choix en toute liberté, à les assumer et à apprendre à se connaître.
Bien sûr, la sexualité et le monde du porno occupent la majeure partie du récit (je préfère vous prévenir : il y a des scènes sexuelles explicites). L'autrice commence son récit par raconter son enfance faite de prières et de bonnes notes. Ensuite, elle narre ses premiers pas dans l'industrie du X qu'elle aborde en tant qu'« ethnologue en talons haut », curieuse et tentée de challenger sa timidité. Enfin, elle nous guide dans son parcours au sein de cette industrie qu'elle a vue changer, et nous amène progressivement vers sa décision de la quitter, sans rancune et riche de leçons.
À travers son expérience, Céline Tran a l'occasion d'aborder beaucoup de thèmes connexes : le consentement, la culture du viol, l'influence de son métier sur sa vie familiale et amoureuse, les relations toxiques, le tabou de la jouissance féminine, le fétichisme envers les personnes asiaétiquetées, l'angoisse de la performance, le vaginisme... Céline raconte que ses fans ont toujours fait preuve de respect envers elle, mais il suffit de faire un tour dans les sections commentaires de ses interviews pour voir la bêtise et le mépris dont peuvent faire preuve les gens. Pourtant, des choses à dire, Céline en a plein. Et sa plume est très agréable à lire, elle qui a notamment fait des études de lettres. « Que ma voix touche dix, cent, mille, un million de personnes ou une seule, elle existe. Elle est, malgré tout. Malgré le bruit du monde, malgré ceux qui crient fort pour faire taire les autres », écrit-elle.
J'ai découvert un récit humain, touchant, et une personne qui a de nombreuses cordes à son arc : comédienne de films d'action, circassienne, danseuse, coach, directrice de collection éditoriale... Et parmi toutes ces casquettes, celle d'autrice va très bien à Céline Tran.
La libération sexuelle n'a pas forcement libéré les mœurs, mais c'était déjà beaucoup. Céline Tran et son alter-ego de Katsuni ont beaucoup fait pour continuer ce travail de libération et, plus important pour mettre en correspondance les désirs et la réalité - comme Asa Takagami, connue sous son alias de Asa Akira, elle parle dans son livre, de ses origines et les désirs de ses parents de déterminer la carrière de leurs fille, ce qui a grandement joué dans la décision, mais le plus important - c'est que "elle aime ça" (contrairement à la fausse image que les moralisateurs religieux et neomoralisateurs pseudoféministes présentent), tout comme Asa Akira, ayant eue toutes les expériences qu'elle voulut avoir, ayant acquis toutes les trophées et ayant monté sur le trône d'une star médiatique de nos jours, Céline abandonne le cinéma adulte pour une carrière, qu'on dirait avant, plus conventionnelle, mais qu'on peut tout simplement qualifier de nouvelle et inconnue pour Mme Tran.
Vivement, la disparition complète de la stigmatisation!
J'ai découvert Céline Tran dans le visiteur du futur. Bien évidement, je la connaissais de nom pour sa carrière du X. Du coup ce livre m'intriguait et je n'ai pas été déçue. Il est très interessant. J'ai adoré ce livre. Sa lecture a été rapide, facile. C'est bien écrit, passionant. J'aime beaucoup apprendre ce qui se passe "dans les coulisses", comprendre les choses. Et là je suis servie. On apprends le parcours de Céline, on comprends ses choix, on voit son évolution mentale. Bref, un vrai coup de coeur pour ce livre.
Le livre de Céline Tran explore les méandres de la liberté personnelle et de la recherche de soi, au-delà des choix conventionnels et des jugements de la société. La manière dont elle décrit ses choix et son parcours offre une perspective unique et courageuse. Son récit est une invitation à comprendre les complexités humaines, et c'est peut-être cet aperçu nuancé qui rend ce livre si agréable à lire.
Un récit de vie tout en sincérité et simplicité. J'ai bien aimé mieux découvrir cette actrice, ses motivations et son cheminement. L'écriture est agréable et même si l'on se balade dans le temps de façon un peu anarchique, le déroule reste assez compréhensible.
Au vu de l’intelligence, de la culture et du franc-parler de Céline Tran, j’ai débuté la lecture de cette ouvrage avec de fortes attentes. Quelle déception ce fut que de constater le manque de franchise face aux côtés sordides de l’industrie du X notamment de l’exploitation de jeunes femmes et hommes. Même si Céline a eut la chance d’évoluer au sein des productions glamour, je doute fort de son ignorance concernant les travers qui ruinent cette industrie. Des pincettes sont d’ailleurs prisent à plusieurs moments du bouquin. Je regrette également que Céline ait peu évoqué son passage dans “Ce soir ou jamais” de Frédéric Taddeï, où elle avait été reçu comme une artiste et non juste une actrice de X. D’ailleurs sa prise de parole ce soir là était beaucoup plus pertinente que celle de la majorité des invités. Céline n’est pas parfaite mais si elle veut être prise au sérieux qu’elle soit honnête dans son propos, et qu’elle arrête de vouloir protéger l’industrie plutôt que de combattre ses tords afin de l’améliorer.