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Tout le pouvoir aux soviets

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Marc Martouret, jeune banquier né d’une mère russe antisoviétique et d’un père communiste français, porte en lui ces deux personnes énigmatiques dont on découvrira les secrets tout au long du roman qui nous emmène du Paris de Lénine en 1908 au Moscou de Poutine en 2015, ainsi que dans l’URSS de Brejnev pour le cinquantième anniversaire d’octobre 17. L’épopée révolutionnaire, ses héros et ses martyrs, ses exploits et ses crimes, ses nombreuses ambiguïtés, sont ressuscités au fil des pages. Trois histoires d’amour se croiseront et seule la plus improbable d’entre elles réussira. Tout le pouvoir aux soviets est aussi une réflexion, chère à l’auteur, sur les rapports entre le pouvoir politique quel qu’il soit et la littérature. Le titre est de Lénine et on doit la construction aux célèbres poupées russes.

256 pages, Paperback

First published January 17, 2018

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Patrick Besson

131 books13 followers

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Profile Image for Zéro Janvier.
1,739 reviews128 followers
May 13, 2018
Tout le pouvoir aux soviets est le premier roman que je lis de Patrick Besson, un auteur dont j’avais déjà entendu parler mais que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire. Il ne doit évidemment pas être confondu avec son semi-homonyme Philippe Besson, mon romancier préféré dont j'ai déjà très souvent parlé ici. J'ai eu l'occasion de découvrir cet auteur et ce roman grâce à la plate-forme NetGalley.fr, sur laquelle j'ai sollicité et reçu la version Kindle du livre en service de presse après avoir été attiré par le synopsis :
Marc Martouret, jeune banquier né d’une mère russe antisoviétique et d’un père communiste français, porte en lui ces deux personnes énigmatiques dont on découvrira les secrets tout au long du roman qui nous emmène du Paris de Lénine en 1908 au Moscou de Poutine en 2015, ainsi que dans l’URSS de Brejnev pour le cinquantième anniversaire d’octobre 17. L’épopée révolutionnaire, ses héros et ses martyrs, ses exploits et ses crimes, ses nombreuses ambiguïtés, sont ressuscités au fil des pages. Trois histoires d’amour se croiseront et seule la plus improbable d’entre elles réussira.

Tout le pouvoir aux soviets est aussi une réflexion, chère à l’auteur, sur les rapports entre le pouvoir politique quel qu’il soit et la littérature. Le titre est de Lénine et on doit la construction aux célèbres poupées russes.

Le roman est construit comme un récit à tiroirs avec trois lignes temporelles qui s’emboitent l’une dans l’autre à l'image de poupées russes, comme l'indique l'éditeur dans son résumé.

A l'époque contemporaine, Marc, un banquier français, séjourne à Moscou pour affaires et y rencontre Tania, une restauratrice sibérienne. De retour à Paris, il parle de cette rencontre avec son père René, qui raconte à son tour son séjour en URSS en 1967 lorsqu'il faisait partie de la délégation du Parti Communiste Français invité pour les célébrations du cinquantenaire de la Révolution d'Octobre. Lors de cette visite au coeur du régime soviétique, René fait la connaissance d'un apparatchick russe, ancien écrivain désormais à la tête d'une institution politico-littéraire à la solde du pouvoir. Celui-ci lui raconte alors, dans un troisième récit, ses années à Paris au début du siècle aux côtés de Lénine puis les grandes étapes de la vie du père de la Révolution bolchevik en Russie.

La narration n'est pas linéaire, puisqu'on alterne entre les trois récits à trois époques différentes : le séjour de Marc à Moscou en 2017, celui de son père René en 1967, et les années 1908 à 1924 de Lénine sous le regard d'un écrivain raté. J'ai bien aimé cette construction, qui transforme le roman en simili-enquête sur le passé des personnages et permet de dresser des parallèles intéressants entre les époques évoquées.
- Le monde communiste est petit.

- De plus en plus petit, soupire l'adhérent du PCF (depuis 1963).

Le roman aborde plusieurs thèmes à la fois, et le fait plutôt bien dans ce récit à plusieurs voix.

D'abord, il interroge sur la parentalité et l'héritage, à travers le personnage de Marc, banquier d'affaires, fils d'un Français militant communiste convaincu et d'une Russe farouchement anti-soviétique. Tout semble opposé le père et le fils ; l'un est toujours attaché à l'idéal communiste, alors que l'autre a totalement embrassé le capitalisme en choisissant de la finance son métier, poussant le trait jusqu'à travailler avec des oligarques dans la Russie de Poutine.
- Je ne lis pas les romans.

- Pourquoi ?

- Je suis banquier.

Dans une moindre mesure, c'est un livre qui nous parle des relations franco-russes, avec cet exil de Lénine à Paris au début du siècle, l'emprunt russe non remboursé que la bourgeoisie française n'a jamais pardonné, l'accueil des Russes blancs après 1917, et bien sûr les liens entre le PCF et le parti-frère (ou plutôt père, ou maître) en URSS.
Être communiste en France, ce n'est pas comme être communiste en URSS.

C'est un argument de mon père, toujours accueilli par ma mère ex-soviétique avec le même grincement de mots : "C'est pire parce qu'en URSS, ils ont une excuse : ils n'ont pas le choix."

Patrick Besson évoque également à plusieurs reprises les liens entre littérature et pouvoir, à travers plusieurs figures d'écrivains proches du Parti ou au contraire hostiles au régime et victimes de sa censure, ou pire. J'ai également noté quelques réflexions attribuées à Lénine ou Staline sur la littérature et l'art en général.
La révolution, c'est le livre. Voilà pourquoi, dans les pays dits libres, on décourage la lecture par diverses distractions obligatoires comme le sport, la télévision ou le spectacle. Les prolétaires n'y trouveront aucune méthode pour se débarrasser de leurs exploiteurs qui, par surcroît, s'enrichissent grâce au post, à la télévision ou au spectacle. Le révolutionnaire est un lecteur, ce qui le sépare de l'élection qui ne lit même pas le programme bidon proposé par son candidat bourgeois.

C'est aussi, bien sûr, une critique acerbe du communisme, et en particulier du régime soviétique et de la complaisance du PCF à son égard. Il y a beaucoup de cynisme de la part des personnages du roman, qui pour la plupart ne croient pas ou ne croient plus au grand idéal marxiste y compris ceux rencontrés en 1967 et qui sont pourtant des bureaucrates bien installés du régime.
A une révolution comme au tournage d'un film, personne ne comprend rien sauf le metteur en scène. Notre metteur en scène, c'était Lénine. Il était bon, c'est-à-dire mauvais. "Comment peut-on faire une révolution sans fusiller ?", c'est de lui. A quoi répond la phrase célèbre de Trotski : "Il est impossible de faire régner la discipline sans révolver." Selon eux, la Commune a perdu de ne pas avoir assassiné assez de bourgeois.

Je dois dire que je m’attendais à un roman totalement à charge contre le communisme, mais j’ai été agréablement surpris. Bien sûr, l'auteur dénonce le régime totalitaire et liberticide de l’ex-URSS et la complicité du PCF et de ses dirigeants, mais ce n’est pas outrancier comme je le craignais. C’est un regard sans concession sur le communisme réel du XXème siècle, tel qu’il a été vécu en Russie et dans les anciens pays satellites de l’URSS. Ce n'est pas pour autant une ode au capitalisme, dont les travers (de porc ?) sont également dénoncés.

Même si les thèmes abordés sont sérieux, le ton du livre est parfois enjoué, avec un humour efficace, des formules qui tombent juste et un point d'ironie appréciable. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, à la fois plaisant et enrichissant. S'enrichir avec un livre sur le communisme, c'est suffisamment remarquable pour le signaler !
Profile Image for Henri-Charles Dahlem.
291 reviews12 followers
March 31, 2018
L’Amour est un fleuve russe

À quarante ans de distance, le fils d’un communiste français revient à Moscou et tombe lui aussi amoureux d’une Tania. Historique, ironique, cocasse.

S’il n’y a pas de crime, il y a beaucoup de châtiments dans le nouvel opus de Patrick Besson. On y parle de guerre et paix, pas seulement d’un idiot, mais de nombreux communistes à visage humain, ceux qui ont un nez, ceux qui cachent des choses sous le manteau. Sans oublier le capital qui y joue un rôle non négligeable. Pas celui dont rêvait Karl Marx, mais celui qui permet au banquier Marc Martouret de se pavaner à Moscou.
Il faut dire que la capitale russe a bien changé depuis le premier voyage de son père en 1967. Le communisme s’est sans doute dissout dans la vodka, laissant au capitalisme le plus sauvage le soin de poursuivre le travail commencé par Lénine, c’est-à-dire l’égalité du peuple… dans la misère.
Mais autant son père René voulait y croire, autant son fils ne se fait plus d’illusions sur les lendemains qui chantent. Il a pour cela non seulement le recul historique – l’occasion est belle pour faire quelques digressions sur l’utopie communiste et pour survoler un siècle assez fou de 1917 à 2017 – mais aussi une mère qui a fui l’URSS en connaissance de cause. Outre sa connaissance de la langue de Voltaire, cette belle traductrice a très vite compris que le plus beau rêve que pourrait lui offrir le système soviétique serait de le fuir. René et Tania rejoignent la France avec leurs illusions respectives que la naissance du petit Marc ne va pas faire s’évaporer. Et alors que près d’un quart des électeurs français suit la ligne du PCF, entend faire vaincre le prolétariat et entonne à plein poumons l’Internationale, la nomenklatura soviétique entend verrouiller son pouvoir par des purges, l’exil au goulag et des services de renseignements paranoïques. Il faudra du temps pour que les fidèles du marteau et de la faucille ouvrent les yeux… De même, il faudra des années pour que l’histoire secrète de la rencontre de ses parents ne soit dévoilée.
Reste l’âme russe, les fameux yeux noirs, les yeux passionés, les yeux ardents et magnifiques qui font fondre même un banquier désabusé. D’une Tania à l’autre, c’est une histoire mouvementée de la Russie qui défile, à l’image de ces matriochkas s’emboîtant les unes dans les autres, mais aussi cette permanence de l’âme russe qu’il nous est donné à comprendre.
Bien entendu, c’est avec une plume particulièrement acérée et le sens de la formule qu’on lui connaît – Ne mets pas de glace sur un cœur vide – que Patrick besson construit son roman. On se régale de ces petits détails qui «font vrai», de ces notations assassines, des formules qui rendent sa plume inimitable.
https://collectiondelivres.wordpress....
9 reviews
January 19, 2026
enfaite je pense que j’ai trop de mal avec ce type de personnages féminins … des perso hyper sexualisés, pas de trait de caractères intéressants (longues jambes fines, really ??!??) ok y’a une écrivaine mais l’auteur a quand même réussi à faire une Lolita bis

après le dialogue communisme / anticommunisme est sympa mais j’ai trop bloqué sur les perso caricaturés
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