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256 pages, Paperback
First published January 17, 2018
Marc Martouret, jeune banquier né d’une mère russe antisoviétique et d’un père communiste français, porte en lui ces deux personnes énigmatiques dont on découvrira les secrets tout au long du roman qui nous emmène du Paris de Lénine en 1908 au Moscou de Poutine en 2015, ainsi que dans l’URSS de Brejnev pour le cinquantième anniversaire d’octobre 17. L’épopée révolutionnaire, ses héros et ses martyrs, ses exploits et ses crimes, ses nombreuses ambiguïtés, sont ressuscités au fil des pages. Trois histoires d’amour se croiseront et seule la plus improbable d’entre elles réussira.
Tout le pouvoir aux soviets est aussi une réflexion, chère à l’auteur, sur les rapports entre le pouvoir politique quel qu’il soit et la littérature. Le titre est de Lénine et on doit la construction aux célèbres poupées russes.
- Le monde communiste est petit.
- De plus en plus petit, soupire l'adhérent du PCF (depuis 1963).
- Je ne lis pas les romans.
- Pourquoi ?
- Je suis banquier.
Être communiste en France, ce n'est pas comme être communiste en URSS.
C'est un argument de mon père, toujours accueilli par ma mère ex-soviétique avec le même grincement de mots : "C'est pire parce qu'en URSS, ils ont une excuse : ils n'ont pas le choix."
La révolution, c'est le livre. Voilà pourquoi, dans les pays dits libres, on décourage la lecture par diverses distractions obligatoires comme le sport, la télévision ou le spectacle. Les prolétaires n'y trouveront aucune méthode pour se débarrasser de leurs exploiteurs qui, par surcroît, s'enrichissent grâce au post, à la télévision ou au spectacle. Le révolutionnaire est un lecteur, ce qui le sépare de l'élection qui ne lit même pas le programme bidon proposé par son candidat bourgeois.
A une révolution comme au tournage d'un film, personne ne comprend rien sauf le metteur en scène. Notre metteur en scène, c'était Lénine. Il était bon, c'est-à-dire mauvais. "Comment peut-on faire une révolution sans fusiller ?", c'est de lui. A quoi répond la phrase célèbre de Trotski : "Il est impossible de faire régner la discipline sans révolver." Selon eux, la Commune a perdu de ne pas avoir assassiné assez de bourgeois.