Le règne du dernier empereur de Russie a-t-il marqué l'inexorable déclin d'un régime ne pouvant déboucher que sur une rupture violente et radicale - celle d'octobre 1917 - ou bien recelait-il les éléments d'une transition interrompue, celle que la Russie de Boris Elstine, quatre-vingt ans après, s'est mise en devoir et en peine de reprendre ? S'attachant au destin du dernier tsar de Russie, l'ouvrage d'Hélène Carrère d'Encausse soulève une multitude de questions. Plus que tout autre, Nicolas II, héritier des réformes d'Alexandre II, a œuvré pour la modernisation de son pays, apportant des changements profonds à l'Etat, à la société et à l'économie russes. L'échec et la révolution étaient-ils alors inscrits dès le départ dans le processus de modernisation ? Faut-il accepter l'idée défendue par certains historiens que toute tentative de réforme est en Russie condamnée à ouvrir la voie à la barbarie ? Ou bien peut-on regarder le stalinisme puis la stagnation néostalinienne comme une funeste parenthèse dans la transformation profonde que les circonstances ont momentanément arrêtée mais dont les germes, toujours présents, peuvent servir à fertiliser et légitimer la transition engagée en cette fin du XXe siècle.
Hélène Carrère d'Encausse (born Hélène Zourabichvili) was the permanent secretary of the Académie Française and a historian specializing in Russian history. She was a graduate of the elite Paris Institute of Political Studies (better known as Sciences Po).
In 1991, Goudji created the academician's sword for her.
Her son, Emmanuel Carrère (born 1957), is an author, screenwriter and director.