Enceint, Malaussène. À qui se confier, dans cet état ? Au nouveau venu, évidemment. Tout le monde vous le dira : il faut leur parler avant l'atterrissage. Mais voilà que le nouveau venu prend la parole à son tour : "Père, quand vous serez passé par ce que j'ai vécu avant de naître, vous pourrez l'ouvrir !" Ce qui nous donne les 1550 pages de la saga Malaussène concentrées en une seule conversation où Benjamin joue tous les rôles, sans trop savoir, comme d'habitude, quel est le sien. "Ça... On ne peut pas dire que j'ai une grossesse exemplaire."
Daniel Pennac (real name Daniel Pennacchioni) is a French writer. He received the Prix Renaudot in 2007 for his essay Chagrin d'école.
After studying in Nice he became a teacher. He began to write for children and then wrote his book series "La Saga Malaussène", that tells the story of Benjamin Malaussène, a scapegoat, and his family in Belleville, Paris.
His writing style can be humorous and imaginative like in "La Saga Malaussène", but he has also written essays, such as "Comme un roman", a pedagogic essay."La Débauche", written jointly with Jacques Tardi, treats the topic of unemployment, revealing his social preoccupations.
Benjamin Malaussène va devenir père. Benjamin Malaussène angoisse. Et lorsque Benjamin Malaussène angoisse, il parle, sans pouvoir s'arrêter.
Voici donc le monologue d'un futur père angoissé, s'adressant à son fils encore "Petit locataire du ventre de Julie".
*1. Annonciation*
"Alors, fils imprudent du bouc et de la léoparde, si l'envie te prenait de décrocher avant l'atterrissage... je ne pourrais vraiment pas t'en vouloir. Pour ce qui est de Julie, elle s'en concoleraot à grands coups de réel. C'est son truc, le réel, à Julie. Beaucoup de réel avec un zeste de moi. Elle a toujours un bout de réel sur le feu, ta mère." (page 32)
*2. Présentation*
"Silence... Ô les silences de nos nuits éveillées... Le nombre d'insomnies peinardes que nous nous sommes offertes, ta mère et moi, depuis que nous nous connaissons... Le sommeil est une séparation. ... Tu vois... Il ne se passait rien. Pas le plus petit symptôme de destin. Le charme dans objet d'un roman qui se refuse à commencer. Si tu me demandes un jour à quoi ressemble le bonheur (et tu me le demanderas) je te répondrai : "A ça." Nous nous levions, ta mère et moi, sous la perpendiculaire du soleil, nous cassions une croûte légère, nous nous accordions une petite sieste, nous nous taisions beaucoup, puis nous descendons le boulevard de Belle ville vers l'enseigne bondissante du Zèbre. Moi, marchant en canard, certes... Mais un canard apaisé." (page 51)
*3. Désolation*
"Il y a ceux que le malheur effondre. Il y a ceux qui en deviennent tout rêveurs. Il y a ceux qui parlent de tout et de rien, pas même du mort, des petits propos domestiques, il y a ceux qui se suicideront après et ça ne se voit pas sur leur visage, il y a ceux qui pleurent beaucoup et cicatrisent vite et il y a ceux qui se noient dans les larmes qu'ils versent. Il y a ceux qui sont contents, débarrassés de quelqu'un, il y a ceux qui ne peuvent plus voir le mort, ils essaient mais ils ne peuvent pas, le mort a emporté son image, ils y a ceux qui voient le mort partout, ils voudraient l'effacer, ils vendent ses nippes, brûlent ses photos, déménagent, rebelotent avec un vivant, rien à faire, le mort est toujours là, dans le rétroviseur. [...] Et il y a ceux qui font n'importe quoi. Qui se mettent à courir, par exemple. Prenez un Malaussène, faites-lui mal, il court." (page 63)
all a bit meh. as the other review notes, this was just a one-man-show recap of the novels, so there wasn't anything new to get excited about (even though it's been several years since i read them). and the unavoidable superficiality just made the absurdity of the plot all the more glaring: there's really no opportunity to get wrapped up in the silliness, as with his longer works.
Une réécriture très réussie, à mon avis! Concise, oui, sans pourtant avoir perdu l'essence même de l'histoire et du style pennacquien. Il a opté pour un monospectacle ❤️j’ai envie de voir cette pièce sur scène! Tous les rôles sont joués par le même acteur - c'est très contemporain, en plus, cela reflète bien le chaos dans la tête du papa à devenir - toutes ces voix qui s'entremêlent. Sans parler de l'intrigue que je connaissais déjà mais qui m'a fait pleurer une fois de plus - tant le sujet est bien ficelé. je recommande!
Un interessante esercizio di stile, con un Bisio tragicomico quanto basta. Peccato che, essendo nato Romanzo, fa fatica a sopravvivere monologo, se non come divertissement - che poi è quel che voleva essere, mi sa.
Monologue centré sur la grossesse de Julie et sur la mise en place de la paternité de Benjamin. Peu d'intérêts si vous avez lu Monsieur Malaussène vu qu'il s'agit d'une adaption théâtrale des 4 premiers tomes de la série et en particulier du tome 4.