Pointu, souvent acide, toujours vif et intelligent, tous ceux qui ont connu Matthieu Galey le retrouveront tout entier dans ce journal, commencé dès l'âge de dix-neuf ans. On pouvait craindre qu'à force de se dévouer pour les autres, celui qui avait tenu pendant un quart de siècle une brillante chronique littéraire à l'Express n'eût négligé son oeuvre propre. Il l'écrivait en secret, notant chaque soir les mots recueillis auprès d'écrivains qui s'appelaient Chardonne, Jouhandeau ou Aragon, saluant l'ascension des plus jeunes, traçant des portraits de nombreux personnages de l'époque, depuis Georges Pompidou, qu'il avait eu pour professeur à Sciences-Po, jusqu'à Marguerite Yourcenar, qu'il alla voir en Amérique. Les voyages tiennent une grande place dans ce journal, et aussi des réflexions plus intimes, qui livrent maint détail sur une vie sentimentale que le grand public ne soupçonnait pas. De toutes ces pages émerge l'image d'un homme libre, sans préjugés ni illusions, attentif aux autres, d'une curiosité infatigable, au jugement sûr et à la plume incisive. Précieux document sur les moeurs de notre temps, le journal de Matthieu Galey révèle les grandeurs et les servitudes de la vie littéraire, observée par un de ceux qui l'ont le mieux servie.
Wat een giga lading personen passeren in dit dagboek. Mathieu Galey weet ze zo te beschrijven dat je meteen een plaatje van de man of vrouw voor je ziet. Voor mij zijn de meeste namen niet meer dan dat, van vele heb ik nooit iets gelezen. Desondanks leest het dagboek als een trein. De laatste jaren van zijn leven zijn afwijkend omdat dan een terminale spierziekte een rol speelt. Heel bijzonder hoe hij die tijd beschrijft