« Quelles qualités rares a-t-il fallu aux quelques hommes qui ont voulu dépasser l’image traditionnelle de l’épouse dévouée, gardienne du foyer et mère admirable, pour penser à elle comme à une personne indépendante, un être humain à part entière ? » Pour beaucoup d’entre nous, le féminisme a toujours été une affaire de femmes. Mais on oublie qu’il s’est trouvé, à toutes les époques de l’Histoire, des hommes éclairés ayant profité de leur influence pour défendre le deuxième sexe. Y aurait-il une loi de la nature réservant spécifiquement la cuisine, le ménage ou l’éducation des enfants aux femmes ? Comment accepter ce « marché » qui fait des jeunes filles des objets exposés dans les bals jusqu’à leur acquisition par un mari ? Que faire pour que le mariage cesse d’être le tombeau de la femme, et le moyen légal de son asservissement ? Ces questions, de rares hommes les ont posées, et c’est à ces libres-penseurs courageux, écrivains ou hommes politiques des siècles passés, que Benoîte Groult rend hommage ici. Adoptant une perspective inédite, elle redonne voix aux premiers féministes, et met à l’honneur des hommes qui, comme Condorcet, Stuart Mill ou Fourier, ont eu la force de secouer les préjugés, de s’élever contre l’injustice et de dénoncer la prétendue infériorité de la femme comme le résultat d’un abus de pouvoir. Une manière éclatante de montrer qu’il ne faut plus confondre féminisme et haine des hommes.
« Le féminisme au masculin » nous introduit à ces quelques « hommes féministes », ces penseurs qui se sont plus ou moins battus à nos côtés, qui ont plus ou moins pris parole ou écrit pour soutenir les droits des femmes et dénoncer certains stéréotypes de genre. Outre les portraits, ce livre propose en même temps des réflexions très pertinentes sur le féminisme, nous présente des faits sur la condition des femmes de toutes époques et dénonce fermement les comportements misogynes patriarcaux. La deuxième partie est plus satisfaisante car elle met en valeur également des femmes en citant leurs ouvrages. Rien à dire sur style de l’autrice, elle écrit très bien, sa plume est agréable. Je reste quand même mitigée ; seulement le dernier chapitre “Le féminisme au féminin” m’a énormément satisfaite, a su conquérir mon cœur. Pour autant je ne suis pas découragée à lire d’autres œuvres de Benoîte Groult, car comme elle termine si bien ce livre ci : « Comment ne pas lutter ensemble pour une cause qui concerne la moitié de l’humanité? ». En attendant, je vais retourner lire Monique Wittig ou Virginia Woolf avec encore plus d’enthousiasme.
Cependant, j'ai vraiment apprécié découvrir des alliés féministes qui ont vécu pendant les siècles passés. Une écriture comme d'habitude très agréable, mais un livre sans doute trop court. Le chapitre 7 est peu intéressant, mais les deux derniers chapitres sont vraiment très plaisants.
Si vous ne savez pas quoi lire cet été, ce livre vous tend les bras !
Bel ouvrage présentant les féministes au masculin du passé, ces hommes de l’ombre par qui le féminisme a débuté. J’aime énormément la plume de Benoîte Groult.
Un ouvrage de vulgarisation de ces penseurs qui ont, très tôt (comparativement à leur époque...), pensé l'égalité nécessaire entre les femmes et les hommes. Un bel hommage à ces hommes, eux aussi oubliés pour leur engagement dans cette position...
Belles recherches sur ces hommes qui voyaient la femme comme une égale.
A lire et à relire. Je découvre le point de vue de certains auteurs sur la femme. Encore bien des progrès à réaliser pour que la femme soit enfin vue comme un être à part entière.