"Ne pas écrire un journal, ne pas tomber dans la chronique, ne pas tenir le registre de mes premiers mouvements, ne pas fixer chacune de mes impressions, ne pas thésauriser mes humeurs, mais déchiffrer comme l'énigme du Sphinx chaque interpellation par les circonstances. Remplacer l'éternelle question "Qu'est-ce que... ?" par l'inlassable question "Qu'est-ce qui se passe ?". Extraire le mémorable du flot de l'actualité. Tenir les détails en haute estime. Chercher la vérité dans ce qui apparaît et non derrière les apparences. Confronter sans relâche la fatalité des processus à l'imprévisibilité de la conjoncture. Renoncer, pour interroger les événements, au désir de surplomber une fois pour toutes, l'histoire... Voilà les principes que j'ai essayé de mettre en oeuvre tout au long de la première année de ce qu'il est convenu d'appeler le troisième millénaire."Alain Finkielkraut.
Essai d'Alain Finkielkraut. Le personnage est public. Je l'ai vu à la télévision, écouté sur son émission de radio (france culture ou inter je crois). Le livre est écrit comme il parle. Des événements de l'année 2001 sont commentés au fil de l'eau. Ses positions sur Israël détonnent. Il est un fils de polonais ayant connu la déportation et pourtant il affiche des opinions qui semblent anti-sioniste. C'est sans doute non antinomique pour certain, mais j'avoue que je trouve cela perturbant. J'apprécie ce type d'ouvrage pour la formalisation "philosophique" que l'auteur apporte à certain événement de la vie de tous les jours. Par exemple les portables dans le train. Ce qui le gêne n'est pas tant le fait que les personnes dérangent avec leur sonnerie ou leur conversation bruyante, mais plutôt qu'à travers ces appels il n'existe plus pour les autres. Et c'est vrai que ces portables ont pour effet de vous effacer sans vous demander votre avis. Cet exemple est un peu anodin, d'autre événement sont beaucoup plus sérieux comme les attentats du 11 septembre. J'ai aimé lire ce livre.