Rien que la lumière. / Je n'ai arrêté mon cheval / que pour cueillir une rose rouge / dans le jardin d'une Cananéenne qui a séduit mon cheval / et s'est retranchée dans la lumière : / " N'entre pas, ne sors pas... " / Je ne suis pas entré et je ne suis pas sorti. Elle a dit : Me vois-tu ? / J'ai murmuré : Il me manque, pour le savoir, / l'écart entre le voyageur et le chemin, / le chanteur et les chants... / Telle une lettre de l'alphabet, / Jéricho s'est assise dans son nom et j'ai trébuché dans le mien / à la croisée des sens... / Je suis ce que je serai demain. / Je n'ai arrêté mon cheval / que pour cueillir une rose rouge / dans le jardin d'une Cananéenne / qui a séduit mon cheval / et je suis reparti en quête de mon lieu, / plus haut et plus loin, / encore plus haut, encore plus loin / que mon temps...
Mahmoud Darwich, né en 1942 à Birwa, près de SaintJean-d'Acre, est unanimement considéré comme l'un des plus grands poètes arabes contemporains. Auteur de plusieurs ouvrages maintes fois réédités et traduits partout dans le monde, il a publié chez Actes Sud: Au dernier soir sur cette terre (poèmes, 1994) ; Une mémoire pour l'oubli (récit, 1994) ; Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? (poèmes, 1996) ; La Palestine comme métaphore (entretiens, 1997); Le Lit de l'étrangère (poèmes, 2000); Murale (poème, 2003); Etat de siège (poème, 2004).
Mahmoud Darwich (en arabe : محمود درويش), né le 13 mars 1941 à Al-Birwah en Galilée (Palestine sous mandat britannique) et mort le 9 août 2008 à Houston (Texas, États-Unis), est une des figures de proue de la poésie palestinienne. Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid - (الجديد - Le nouveau), Al-fajr (الفجر - L'aube), Shu'un filistiniyya (شؤون فلسطينية - Affaires palestiniennes) et Al-Karmel (الكرمل) . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues. Dans les années 1960, Darwich a rejoint le Parti communiste d'Israël, le Rakah, mais il est plus connu pour son engagement au sein de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Élu membre du comité exécutif de l'OLP en 1987, il quitte l'organisation en 1993 pour protester contre les accords d'Oslo. Après plus de trente ans de vie en exil, il peut rentrer sous conditions en Palestine, où il s'installe à Ramallah. (Son oeuvre est traduite en anglais sous l'orthographe Mahmoud Darwish.)
Le recueil ressemble à un récit d'exil : tout d'abord, le poète évoque une déchirure dans son identité (à la fois en tant que poète/homme et exilé/qui il était avant l'exil). Puis d'autres poèmes évoquent la vie malgré l'exil : l'amour de la patrie perdue, l'incompréhension face à la guerre, la beauté du monde et des femmes (un thème récurrent, comme le dédoublement et la recherche de l'union avec l'autre moi), le rêve... Les vers se lisent très bien, créent de magnifiques scènes de la vie du poète. Ce doit être encore plus beau récité en langue originale.
This is maybe the 5th work I've read from the late Palestinian poet Mahmoud Darwich. He is one of the best poet of the 20th century. ALL his works are amazing. This book is composed of short poems. Enjoy reading!!!
Il me manquait clairement des références pour certains des écrits notamment sur les thèmes religieux, mais cela n’a en rien dérangé la lecture ni ne m’a gênée outre mesure. La beauté de l’écriture est marquante, les images poignantes.