« Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. » Dans La renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique.
Romancier de renom, Olivier Adam connaît un succès populaire et critique indéniable qui le place parmi les écrivains les plus connus de sa génération. Ancien étudiant en gestion des entreprises culturelles, il participe à la création du festival littéraire 'Les Correspondances de Manosque' et travaille comme directeur de collection aux éditions du Rouergue. C'est son premier roman paru en 2000, 'Je vais bien, ne t'en fais pas' qui lui permet d'accéder à la notoriété. Lauréat du prix Goncourt de la nouvelle en 2004 pour 'Passer l'hiver', l'auteur poursuit néanmoins dans la veine romanesque avec 'Falaises' ou 'À l'abri de rien'. Des histoires plein la tête, Olivier Adam sort coup sur coup 'Des vents contraires' (2009) et 'Le coeur régulier' (2010), tout en écrivant des ouvrages jeunesse, 'Les Boulzoreilles', avec Euriel Dumait (2010) ou 'Personne ne bouge' (2011).
Parmi les auteurs français les plus adaptés au cinéma, il collabore dès 2006 avec Philippe Lioret, au scénario de l'adaptation de son premier roman 'Je vais bien, ne t'en fais pas'. Il retrouve ensuite le réalisateur pour l'écriture du script de 'Welcome'. Il participe également aux scénarios de 'Poids léger' et 'Maman est folle (d' après 'À l'abri de rien') de Jean-Pierre Améris, et à celui de l'adaptation par Jalil Lespert de son roman 'Des vents contraires', sorti en décembre 2011.
C’est le 4e ou 5 e livre que je lis d’Olivier Adam et le premier que j’ai trouvé sans grand intérêt ..
On y retrouve les thèmes récurrents chez Adam : la famille, le mal être adolescent, la fuite solitaire (en Bretagne bien sûr !) , la médiocrité de la vie des classes moyennes en banlieue et un personnage principal « à la marge », comme spectateur de sa propre vie. Le tout dans une atmosphère très mélancolique voire déprimante. Cette fois, Adam s’est penché sur un sordide fait divers politique ( manifestement directement inspiré de l’affaire de Georges T) et sur les ravages qu’il a provoqué dans les familles concernées. L’intérêt est de se placer du côté des victimes collatérales , les enfants des protagonistes. Mais j’ai trouvé ce récit très répétitif et sans nuances , les critiques convenues, les personnages presque caricaturaux (le libraire qui enrage de vendre de mauvais romans à ses clients, la famille baba cool du copain finalement pas si sympa que ça ..) Bref, pas adhéré du tout à ce roman.
C'est le deuxième roman que le dis à Olivier Adam, après les lisières et certainement pas le dernier. Le roman raconte à la première personne ,l'histoire d'Antoine, dont la vie à été bouleversée par le scandale qui a impliqué sa mère alors qu'il était adolescent, dans une petite ville de banlieue .
Avec une écriture fluide, simple et belle, l'auteur explore avec beaucoup de sensibilité des thèmes complexes : de l'impunité, le pouvoir, les jeux de force et la place du faible dans notre société. C'est un petit livre qui se lit très facilement mais qui marque par le mélange subtile d'une certaine violence contemporaine, une profonde tristesse et une certaine douceur. À lire!
Fait écho à l’affaire « Tron « à Draveil, et comment Antoine fils de la maîtresse complice de l’homme politique et Laëtitia la fille de l’homme politique rejettent leurs familles qui d’ailleurs les ignorent trop accaparés à se blanchir... Antoine ne parvient pas à reprendre contact avec ses parents, découvre par sa tante que sa mère a toujours été fragile avec une trop forte estime d’elle-même... le conjoint d’une des deux femmes abusées revient sur la tombe de l’homme politique clamer la vérité (Antoine ne sait toujours pas...?), après le suicide de cette dernière bien des années après...
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Ce roman ( 𝘓𝘢 𝘳𝘦𝘯𝘷𝘦𝘳𝘴𝘦 ) est mon premier de Olivier Adam et je peux vous dire que je suis impatiente d'en lire d'autres. J'ai beaucoup aimé son style d'écriture; ses descriptions poétiques sur un sujet assez noir. En lisant son récit, on se sent plonger avec lui au coeur de la tourmente. Ces personnes si banales qui pourraient très bien être quelqu'un que vous connaissez, et pourtant il réussi a en faire des personnages complexes qui nous emmènent au coeur des sentiments humains les plus inextricables. Son écriture cristalline m'a facilement emmener jusqu'a la fin du livre.
J'aime toujours autant l'écriture d'Olivier Adam, mais j'ai été un peu déçue par la construction de ce roman : le narrateur replonge dans son passé et la majorité du livre raconte son adolescence. Il faut attendre la toute dernière partie pour revenir à l'époque présente. J'aurais préféré un récit entrecoupé de flash-backs plutôt que ces parties un peu monolithiques.
I enjoy Olivier Adam's writing, simple, efficient with beautiful descriptions of the landscape, the atmosphere. This one is about a memory a young man has been repressing for a long time and the consequences of revisiting his past. There is a lot the author touches in this small book, secrets, corruption, life in a small town with its conformity.
Encore un livre que ma mère a adoré mais que moi, beaucoup moins, c'est vraiment trop déprimant pour moi, j'adhère pas trop à ça.. On y découvre l'histoire de deux personnes détruites par leur parents, liés à une histoire de viol très violente. On nous dévoile tout au long du roman un personnage qui a eu toute son adolescence de détruite à cause de ça, rien de normal. Même le début de sa vie d'adulte est forcément très impacté, il ne sait plus vivre correctement, il devient transparent, ne sait pas quoi faire de sa vie et n'a plus aucun objectif. Une vie brisée parmi tant d'autres, j'aime la lecture pour m'évader, ce genre de roman est vraiment trop "réel" pour que je l'apprécie..
J’ai beaucoup aimé. Histoire originale mais reprenant les motifs de l’auteur : solitude, quête de soi, construction de l’identité, structure famille défectueuse…
J’enlève une étoile pour le côté vulgos + le fait que je considérais Antoine et Laetitia comme presque frère et sœur et : relation sexuelle non justifiée imo
Interessant uitgangspunt, maar wat een brij eromheen. Het kabbelt maar door, zonder vaart, zonder verrassing. Personages zijn karikaturen, cliché tot en met. Zelfs de landschappen voelen alsof ze uit een standaardsetje komen. Steeds weer dezelfde schrijftrucjes, tot vervelens toe. Een voorspelbaar einde kan prima, maar als het ook nog plat is, blijft er weinig over.
La Bretagne grâce à Olivier Adam. Je crois que c'est le livre que j'ai préféré de cet auteur. la plume m'a parue plus fluide. Je ne l'ai pas lâché tellement prise par le sort de ses victimes co-latérales des histoires sordides en effet de leurs parents
Lire Olivier ADAM c’est accepter de découvrir, de ressentir et de plonger au cœur de la tourmente. Ces personnages qui pourraient être n’importe qui, nous emmènent au cœur des sentiments humains les plus complexes. C’est la vie décortiquée et jamais jugée que l’auteur nous propose à chaque nouveau roman. Ici le personnage principal est au cœur d’un scandale politico-sexuel mais l’on touche également aux difficultés des relations familiales. Un roman complet qui n’est pas de le jugement mais qui tente, envers et contre tout, de comprendre.
Antoine est libraire en Bretagne. Il a coupé les ponts avec sa famille il y a une dizaine d'années. Un jour dans un bistrot il apprend par la radio le décès accidentel de Jean-François Laborde, un ancien ministre et sénateur, et les digues craquent, les souvenirs remontent à la surface.
Il éprouvera le besoin de faire face à ce qu'il fuit depuis si longtemps et prendra la route pour assister à l'enterrement. Il se souvient.
Son père, autoritaire, froid, rigide, sans aucun geste ou parole tendre à son égard.
Sa mère : Cécile Brunet, mère de famille exemplaire, jolie, tirée à quatre épingles qui subitement fut projetée adjointe aux affaires scolaires. Elle était parvenue notable, collaboratrice de premier choix de Laborde, maire à l'époque mais aussi son amant.
Son frère Camille. Son ami Nicolas et sa famille chaleureuse et accueillante auprès desquels il trouvait refuge.
Arriva le scandale politico sexuel; viol et agression sexuelle, objet de l'accusation de Laborde et de sa mère.
Le déni complet pour lui, la fuite pour son frère. La rencontre avec Laetitia la fille de Laborde. L'attente de leur mère à la maison, l'ignorance et le désintérêt de ses parents à leur égard.
Une situation lourde à porter, enfuie au fond de lui.
Des questions : mais qui était vraiment sa mère ?, le sentiment de trahison, la haine, la manipulation. Une descente au plus profond de la nature humaine, à la recherche de soi, de comment on se construit dans l'ombre de ses parents sont des thèmes abordés par Olivier Adam.
J'ai apprécié cette lecture, ce livre était dans ma PAL depuis sa sortie, la plume d'Olivier Adam est sombre, crue par moment, tourmentée. Une réserve cependant, j'ai trouvé le récit assez inégal.
Ma note : 7.5/10
Les jolies phrases
Tu es comme la mer. Une présence opaque et silencieuse.
La vie recommençait mais c'était une vie plus désincarnée encore qu'elle ne l'avait jamais été, une vie sur pilotage automatique.
Aujourd'hui bien sûr, je me dis que c'est mon frère que j'aurais dû tenter de protéger ainsi, et le remords de ne pas l'avoir rejoint cet été-là demeure une plaie ouverte, une honte qui me défigure et me retient de tout à fait pouvoir me regarder en face.
Quel enfant étais-je, quel fils étais-je pour haïr ainsi mes parents, les déclarer coupables, les condamner et les fuir ?
J'ai eu beau tenter de les enterrer sous des tonnes de déni, ces pensées n'en finissent pas de me poursuivre.
Nous n'avons jamais compté. On ne nous a jamais laissé de place. Et le peu que nous avons pris nous a été dénié. C'était ça, grandir auprès de mes parents.
« Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. » Dans La renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique.
Une histoire prenante qui reprend les thèmes récurrents chez Olivier Adam (notamment les relations difficiles parents/enfants, la fuite, la mer). Le lecteur traverse toutes les émotions si bien décrites des personnages. L’écriture nous emmène facilement jusqu’à la dernière page.
La dimension politique de l’histoire est moins attrayante.
Un bon livre qui ne réussit pas à détrôner d’autres livres plus poignants de l’auteur (A l’Abri de Rien entre autres).
Un roman plutôt réussi sur une histoire de famille sur fond de scandale politico-sexuel. Ce n'est pas le livre de l'année, mais j'ai tout de même apprécié cette lecture. Au moment de le noter, j'ai hésité entre 2 modestes étoiles - fidèle à mon impression pendant les deux premiers tiers du livre - et 3 étoiles plus généreuses, emporté par les dernières pages qui m'ont beaucoup plu. J'ai finalement choisi d'être généreux, car la dernière impression efface parfois la première.
Encore un livre de Olivier Adam que j'ai vraiment bien aimé. Il n'a vraiment pas son égal dans les auteurs contemporains pour décrire la banlieue parisienne qui résonne tellement avec ce que j'ai vécu dans mon enfance. Mon préféré reste tout de même les lisières qui m'a bouleversé et touché, sans doute par les relations très spéciales que le héros du livre entretient avec son père.
Le livre est intéressant dans l'idée, mais bourré de tics d'écriture. Phrases sans verbes, série de questions qui arrivent à horaires réguliers, métaphores répétées à deux pages d'intervalle. D'autant plus rageant qu'on voit bien qu'Adam a un vrai regard pour ce qui l'entoure, dommage que son écriture soit si flemmarde et systématique.
C'est beau, l'écriture est cristalline. C'est doux et amer. J'ai retrouvé ma Bretagne et les sentiments complexes mais si réalistes parfaitement peints par O. Adam. Conquise...