Une vraie claque... ❤
Déjà par la mise en page faite de longues phrases qui se suivent formant des chapitres murés en bloc rarement aérés par un retrait de chapitre. Ca vous embarque et vous coupe la respiration.
Ensuite par le type narratif, une suite ininterrompue de longs monologues intérieurs, passant d’un personnage à l’autre, souvent sans préavis.
J’ai adoré me perdre entre les lignes, finir essoufflée par des phrases qui vous happent par leurs poésies ou leurs tristesses.
Ce sont Luc, Jean, Marthe, Geneviève, Guilbert et Céline. Tous témoins, tous acteurs.
La mort d’un fils qui bouleverse mille existences et des silences pesants qui ont rythmés 25 ans de vie à trois ou à cinq.
Ce sont les mots tus, ceux qu’on détourne pour ne pas les dire aux vivants, par pudeur, parce qu’ils sont cette évidence qui n’est pas, ces mêmes mots qu’on continue de taire parce qu’ils n’ont plus de sens face à la mort.
C’est le deuil, la culpabilité, la rancœur, la tristesse, les questions mais surtout l’amour.
J’ai pleuré en lisant certains passages, écrasée par la douleur de ses parents qui s’en veulent de n’avoir rien vu, de ne pas avoir su parler ou de l’avoir fait de la mauvaise manière. Ces mots de l’ordinaire dont est peuplé ce court roman. Ceux de cette province qu’a fui Luc pour se perdre dans une chimère parisienne.
C’est la mélancolie qui brise un être dont les rêves se sont dissipés et figés sur de vieilles affiches de cinéma.
Je ne sais même pas comme parler de ce livre pour lui rendre justice. Une chose est certaine, ce ne sera pas le dernier livre que je lirai de cet auteur 🥰
Ce court roman fera partie de mon top 5 de l’année... ❤ ❤ ❤