Comment pardonner à nos parents quand ils nous ont blessés, heurtés, trahis, sans pour autant qu’ils soient des monstres ?
« Ces mots, je les garde en moi depuis plus de vingt ans. Ils ont eu le temps de devenir acides. Ils n’auraient pas dû sortir comme une logorrhée, j’aurais dû articuler ma pensée mais trop tard, c’est fait. Alors elle pleure. Et je ne suis pas touché. »
Sous un soleil de juin, un fils observe la Méditerranée, tandis que les bateaux filent au loin. À ses côtés se tient sa mère, contrariée.
Pour lui, le temps est venu de tout dire. Et d’affronter ses fantômes : l’enfant harcelé qu’il a été, sa mère célibataire qu’il juge indifférente à son sort, sa grand-mère figée dans le deuil, son oncle dont la mort plane encore… Là, face à la mer, le passé remonte à la surface. Comment pardonner à ceux qui nous ont aimés de travers ?
Avec une écriture forte et évocatrice, qui ne cesse de surprendre, Jessé Rémond Lacroix explore le pardon comme un choix, et la tendresse comme rédemption. Un roman pudique, sincère et émouvant.
Très touchant, très intime, des descriptions parfois un peu longues mais qui font partie de la beauté d’un récit qui prend le temps de raconter des vies qui le méritent
Premier roman de l’humoriste Jessé. Dans son sud natal, sur la terrasse de la maison familiale, devant lui, les bateaux passent… et avec eux, les souvenirs.
À partir de cette scène simple, il replonge dans son enfance : le harcèlement à l’école, une mère aimante mais absente, une famille minée par les silences, et la mort d’un oncle qui a tout laissé en suspens.
Ce roman parle de blessures invisibles, de ce qu’on ne dit pas, et surtout d’une question centrale : comment pardonner à ceux qui nous ont fait mal sans jamais avoir voulu nous détruire ?
C’est poignant et intime, loin de l’humour (mais pas sans humour 😉), simplement plus près de l’émotion.
Les bateaux sur la terrasse est un roman qui se lit comme on regarde la mer : avec ce mélange de calme trompeur et de remous intérieurs que seule une histoire profondément humaine peut soulever. Dans ce son roman, Jessé Rémond Lacroix fait surgir les ombres de l’enfance : la différence qui isole, l’exclusion muette, les blessures qui marquent beaucoup trop tôt. Il les dépose dans une langue qui ne cède jamais au pathos et se tient dans une vibrante et constante justesse. Dire que le texte m’a ému serait un euphémisme : je lis beaucoup mais ils sont rares ces textes où je peux m’identifier presque intégralement aux propos tenus par l’auteur.
Tout commence avec l’exploration du lien qu’il entretient avec sa mère. Cette relation, au cœur du récit, apparaît comme une architecture mouvante : un édifice de tendresse maladroite, de mots qui se cognent, de regrets trop vifs pour être tus sur la longueur. Leur confrontation, accablée de soleil et douloureuse, expose la vérité brute des amours imparfaits, ceux qui heurtent avant d’apprendre à tenir. Ce moment-là devient la clé du livre : une fissure par laquelle tout le passé déborde, inexorablement. Il raconte son coming-out courageux, les réactions malhabiles de sa mère, la colère née de cet instant et la déception qui s’est nichée, au fil du temps, dans toutes les strates du duo qu’ils formaient. Il détaille, avec talent et dans une force qui m’a coupé le souffle, tout le vertige du déchirement qu’un retour ignorant à une confession éprouvante peut engendrer.
Subitement, comme pour colmater la brèche, la figure de la grand-mère surgit. Elle brille par sa sagesse autant qu’elle entraîne, dans son sillage, une ombre portée qui m’a crevé le cœur. Son silence autour du fils perdu, emporté par le sida, n’a rien de l’omission : il a la densité d’un amour immense, retenu et sacré. Elle est la gardienne d’une mémoire fragile, un phare immobile dont la lumière n’éblouit jamais mais éclaire sans faiblir. Comment ne pas avoir les yeux qui transpirent (c’est plus glamour de le tourner ainsi plutôt que de préciser que le roman m’a tiré quelques larmes) face à cette femme qui m’a rappelé ma grand-mère et dont la tendresse discrète, exprimée par gestes banals, regorge d’un amour surabondant.
Jessé, parce que cette histoire n’est pas composée de personnages fictifs simplement manichéens, s’amuse à faire valser nos sentiments en nuançant tous ses propos et en nous offrant une vision d’ensemble des deux femmes qui constituent son existence. En revenant sur la vie de sa mère, moins idyllique que prévue car devenue une « mère-tampon » prise dans ses contradictions, il est parvenu à mettre des mots justes sur des zones fragiles qui ont également pu faire partie de moi. J’ai trouvé son recul et ses analyses brillantes et pleines d’une clarté qui m’a époustouflé. Il y a des bateaux sur la terrasse, certes, mais il y a aussi des pages qui fonctionnent comme un miroir tant Jessé parvient à nous remettre face à nous-mêmes et à coucher sur des pages des interrogations et autres nœuds du cœur dans une netteté tranchante (et un peu étourdissante, je dois l’admettre. Merci pour la consultation de psy gratuite en plus du coup de cœur littéraire).
Et puis, bien sûr, il y a la mer. Toujours la mer. Elle borde chaque page. Les bateaux qui glissent au loin deviennent la métaphore la plus lumineuse du texte : ces vies qui s’éloignent, reviennent, disparaissent un instant avant de réapparaître dans une clarté nouvelle. Ils incarnent le pardon possible, le mouvement lent par lequel les rancœurs se diluent et la manière dont la douleur se décante pour offrir, un jour, un espace de réconciliation.
Un premier livre d’une maturité bouleversante qui, je le sens, va prendre exemple sur les embarcations qu’il mentionne et qui tracent sur l’eau une ligne qu’on continue de suivre du regard bien après qu’elles ont disparu pour me rester très longtemps en tête. Je me doute que je porte un attachement très personnel pour ce roman et j’espère profondément que les mots de Jessé résonneront de façon universelle lors de sa sortie et bien après !
J’ai aimé la thématique du livre et ses instants de vie parfois bouleversants. J’ai malheureusement trouvé le livre un peu trop lourd de part son écriture le tout est heureusement entrecoupé de passages fluides et émouvants.
Touchée autant par les émotions de Jessé que celles provoquées par la lecture 🙏 Les tartes à la tomate, les souvenirs d’enfance, et surtout les liens à celles et ceux qu’on aime ! Vraiment les auto fictions pertinentes >>>>
Jamais une tarte à la tomate m'aura paru aussi longue à cuire. Si je mets à part les innombrables adjectifs, propositions relatives ou phrases nominales qui viennent alourdir CHAQUE propos dans un but esthétique ou poétique, qui ne m'a aucunement touché, il en reste une histoire de coming-out et de pardon, certes touchante à certains égards mais qui n'avait pas besoin de ces 300 (longues) pages.
Dans les remerciements, l'auteur insiste sur la nécessité d'écrire ce livre, je m'interroge sur ma (notre) nécessité à le lire. Est-ce que cette histoire personnelle a besoin d'être écrite et transmise? C'est une réelle interrogation, je n'ai pas la réponse. Je suis très souvent touché par les histoires familiales, d'autant plus quand il est question d'homosexualité. J'aime quand les auteurs mêlent la littérature avec l'intime, quand la langue suit le propos et c'est ce qui me manque ici.
A défaut de style, j'ai lu un texte stylisé auquel on a ajouté des couches sur chaque image, sur chaque objet, sur chaque son, sur chaque souvenir. ça en devient dégoulinant et peu digeste et a fermé toute transmission d'émotions alors que pourtant, on parle d'un jeune homme homosexuel qui a subi du harcèlement et un coming-out douloureux... le degrés d'identification aurait pu être important. Les touches d'humour, pour lesquels l'auteur est reconnu dernièrement à travers son spectacle et ses chroniques, viennent comme des cheveux sur la soupe troubler une tension et une ambiance qui peine déjà à s'installer.
Dommage, mais promis j'écouterai encore Zoom Zoom Zen.
J'avoue que je ne connaissais absolument pas @icijesse , pas même sur les réseaux l'ayant juste aperçu sur quelques vidéos de Marine Leonardi. Alors j'ai ouvert ce livre vierge de toutes connaissances le concernant, une première rencontre où j'ai appris à connaître une partie de son histoire.
Jessé dans ce roman livre son histoire familiale, ses rapports parfois difficiles avec sa mère maladroite. Mais il évoque surtout sa mamie Madeleine avec tellement de tendresse et les souvenirs qu'il a d'elle dans leur maison de vacances.
Et moi c'est une grosse vague de nostalgie que je me suis prise en pleine face. Comment ne pas penser à ma propre grand-mère qui tout comme Madeleine ne loupait en aucun cas Jean-Luc Reichmann à midi. Ma grand-mère qui elle aussi cuisinait divinement bien et qui ne dévoilait ses secrets qu'à moitié, qui lorsque je l'appelais pour savoir certaines quantités me répondait: tu vois ma fille... J'ai beaucoup pensé à elle en lisant ce roman. Merci pour ça @icijesse 😊
Mais avec les souvenirs d'enfance viennent les blessures et les non-dits familiaux. Cet héritage transmis malgré nous. Jessé l'aborde avec tendresse. Ses mots sont empreints de grâce, un partage intime et sincère sans se départir d'une belle touche d'humour.
J'ai lu ce roman en un après-midi, ravie d'avoir pris part à cette tranche de vie.
J’ai trouvé ce livre magnifique, mêlant trauma intergénérationnel et douleurs liées à l’enfance. Les descriptions sont poétiques, vous emmènent vraiment loin, comme si vous y étiez et pour un premier roman, je suis super impressionnée. Je suis une fan de Jessé sur scène, et généralement avec un spectacle bien écrit, on trouve aussi un bon écrivain, mais ce n’est pas toujours le cas. Le sujet me touche particulièrement, et on voit une maturité, une sensibilité dans l’idée de pardon, de comprendre que nos parents ne sont pas parfaits. Les seules choses que j’ai noté et qui m’ont sautées aux yeux, ce sont peut-être l’ajout de lignes humoristiques parfois qui font un peu trop contrastes. Pas besoin d’en rajouter! La prose suffit à des endroits, même si ça m’a fait sourire aussi et peut-être que c’est la beauté de la vie, pleurer et rire. J’ai pleuré durant la lecture de ce livre, et j’ai été agréablement surprise par la structure et notamment la scène de juxtaposition entre début et fin, mais aussi l’histoire racontée à travers le dialogue imaginaire des autres. En conclusion, j’ai hâte d’en lire plus et de voir un prochain roman et spectacle!!
Piouf... Que dire. Premièrement Jessé est un garçon que j'aime beaucoup. Je le suis sur les réseaux, je regarde ses chroniques de temps en temps. Il me fait souvent sourire ... Soit par ses mots, soit car je le trouve juste mignon. Quand j'ai su qu'il avait écrit un roman j'étais curieux. Dès les premières pages, j'ai eu peur... Je me suis dit que ça allait être un truc ultra ego-centré et que ça allait être compliqué... Puis finalement il en ressort un livre extrêmement poétique, j'ai relevé plusieurs citations tellement certains passages étaient si jolis. Je pense que comme beaucoup d'homosexuels, je me suis retrouvé à travers les pages de ce livre. D'autant plus que ma propre mère a, elle aussi, les mêmes mots lors de la "révélation" de mon homosexualité. Mon père lui a parfaitement bien réagi à ce moment-là... À mes 18 ans. Ce livre est pour moi extrêmement réussi, joliment construit, possède peut-être quelques longueurs, mais sincèrement il en ressort une telle beauté qu'on ne peut juste dire Bravo et merci Jessé.
Bel effort pour un premier roman. L’histoire est très intéressante et le développement tient admirablement jusqu’à la fin. On sent une vraie ambition narrative et une plume maîtrisée.
Là où le roman de Jessé Remond Lacroix pêche, c’est dans ses descriptions interminables, parfois appliquées à des éléments qui n’en ont pas besoin. Oui, c’est bien écrit, souvent passionnant même, mais cela manque de substance. Les longues descriptions donnent parfois l’impression de faire office de remplissage plutôt que d’enrichir réellement le propos.
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A commendable effort for a debut novel. The story is genuinely engaging, and the narrative development remains strong all the way to the end. There is clear ambition here, and the writing itself is often compelling.
Where the novel falls short is in its endless descriptions, applied to almost everything, even when unnecessary. Yes, it is well written and often gripping, but it lacks real substance. The overextended descriptions sometimes feel more like filler than meaningful depth.
Je connaissais Jessé, l’humoriste. J’ai découvert Jessé, l’écrivain. J’ai adoré ce livre sensible et émouvant, où l’humour n’est jamais loin. J’ai souri à chaque petite référence aux années 90. Toute mon enfance. L’écriture est poétique et nous immerge totalement dans les souvenirs de Jessé. J’avais parfois l’impression de sentir la tarte à la tomate dans mon salon. Même si j’ai été embarquée par ces jolies descriptions, j’ai trouvé qu’il y avait malgré tout quelques longueurs. Mais la fin m’a fait oublier ce petit détail. J’ai pleuré… comme une Madeleine. Merci à Jessé et Taylor Swift.
Il est vrai, les autofictions ont le vent en poupe. Et pour autant est-ce une raison pour juger ?
J’ai été très touchée par ce récit, ces secrets et silences de famille, les souvenirs parfois anecdotiques d’enfance, des odeurs aux lieux, comme aux sensations.
Ces douleurs et blessures personnelles dont on apprend à vivre et à grandir malgré soi, à se construire plutôt qu’à se détruire.
J’ai adoré ce premier roman, j’espère qu’il y en aura d’autres 🤍
Un livre qui page après page dévoile son intimité et complexité. On est là avec lui sur la terrasse, on sait ce qu’il a vécu, on le ressent. Oui, il y a beaucoup d’adjectifs et descriptions longues. Bien! C’est ce qui fait la beauté du livre. Émotionnel plus que factuel, transparent plus que édifiant. On connaît Jessé, mais là on le connaît vraiment. Ça a touché droit au cœur et c’est la première fois en 27 ans que une larme a coulé sur ma joue pour une lecture. Incroyable.
Ce livre est une vraie claque en ce qui me concerne : touchant en abordant des sujets complexes, et notamment la relation à l'autre dans le cercle intime de la famille. Il est beau et émouvant de lire en livre mettant en avant et valorisant la valeur et la puissance du pardon pluytot que la rancœur ou la colère.
Des romans contemporain tel qu’on en fait peu ! Ce livre vous fais revivre un temps désormais disparu, un chapitre de vie clos, une époque lointaine et actuelle qui nous tire par les sentiments ! J’ai adoré
Un premier livre bouleversant, bien que parfois redondant dans certaines descriptions et errances. Il touchera les personnes concernées. Il m'a touché.
Un récit autobiographique sur le harcèlement scolaire, les œillères des parents et le pardon que l’ont peu donner. Une belle fable sur la famille et la transmission, aussi.
Il y a 15 pages magnifiques au milieu du livre. Le reste se compose de très (trop) longues descriptions, des instants suspendus, dans une écriture un peu systématique, ponctuée ici et là de punchlines parfois too much...
Au vu du titre, je pensais à tort - et je ne saurais vraiment dire pourquoi - qu’il s’agissait d’une critique des Parisiens portant des Sebago l’été en terrasse des bars dans le Midi, and ngl I was all for it lol. Que nenni! La terrasse est le point de rencontre où l'auteur nous invite à contempler les flots de sa vie, sans tomber dans la gravité ou dans l'accusation. Et c'est là sa grande force. J'ai beaucoup pleuré, sûrement par projection de ma propre vie dans ses histoires de harcèlement et de coming out. Le chapitre 40 est divinement bien écrit! Il me tarde de lire son prochain roman!