À Novi Zora, tout s’achète, même les souvenirs. Voilà quatorze ans que la nation, vaincue par Mirska lors d’une guerre sans merci, vit dans la honte et la misère. Anastasia connaît bien la valeur de la poussière mémorielle : elle a vendu son passé pour devenir voleuse de souvenirs. Ses missions, de plus en plus dangereuses, la mènent jusqu’au Parlement des Trente. C’est là que Lev compte trouver sa place en gravissant les échelons politiques, aidé d’un mentor anonyme. Contrairement à ses traîtres de parents, effacés de toutes les mémoires par le châtiment de la damnatio memoriae, il entend marquer l’Histoire en restaurant la gloire de sa patrie. Mais dans les coulisses du Parlement, les souvenirs les plus précieux attisent les convoitises. Quand les échos du passé se heurtent aux ambitions de l’avenir, il faut parfois se méfier de sa propre mémoire...
Bleuenn Guillou est une éditrice indépendante, avec pour spécialisation la littérature de l'imaginaire jeunesse.
Elle est titulaire d'une licence d’histoire, d'un master de recherche en histoire romaine, ainsi que d'un master édition papier et numérique.
Actuellement, elle est la directrice de collection Naos chez Mnémos, la directrice du pôle jeunesse des éditions Léha, et elle travaille aussi ponctuellement pour Larousse.
Elle est autrice de la nouvelle "La valse de la Sirène", publié dans l'anthologie "Animaux fabuleux" (2017). "Le Tribut des dieux: Octavia" (2022) est son premier roman en tant qu’autrice.
gros coup de cœur et je vais expliquer pourquoi en quelques points mais LISEZ le !!! autrice française en plus donc gogogo
- ambiance dystopique d'après guerre - univers où la mémoire est une monnaie d'échange un peu comme une drogue (on peut les acheter/ les vendre...) donc évidemment ça amène à pleinnnns de trucs intéressants - personnages pas forcément "bons" qui peuvent faire des choix un peu douteux - biggg complots politiques qui complotent bien - pas de romance (ou presque) et c'est pour moi un point positif pcq defois on a envie de ne pas avoir de romance - beaucoup d'action/ de tension - des mystères on est en mode "🧐🧐" la majorité du livre - un "page turner" vraiment je l'ai dévoré++++ j'ai pas vu passer les 550 pages et je trouve que c'est limite le plus important quand tu tournes les pages sans pouvoir t'arrêter - c'est bien écrit, c'est intelligent et vraiment addictif avec des chapitres courts MAIS ce n'est jamais compliqué à comprendre. Pas de tournures de phrases difficiles.
Nous plongeons ici dans une dystopie, où la mémoire est une marchandise. À Novi Zora, quatorze ans après une guerre, les souvenirs s’achètent, se vendent et se volent, capturés dans des fioles comme de simples objets de consommation. Dans une ville encore exsangue, l’après-guerre n’est pas seulement un décor : il est la matière même du récit. Il imprègne chaque page, chaque décision, chaque silence.
L’auteur explore les cicatrices laissées par le conflit. Ici, il y a reconstruction, mais surtout mémoire collective. Or, cette mémoire est manipulable et monnayable. Le système mis en place autour des souvenirs, censé offrir une échappatoire ou une seconde chance, révèle rapidement ses failles : il est profondément injuste, gangrené par les inégalités et les trahisons politiques. Les souvenirs deviennent une ressource stratégique, un levier de pouvoir, une arme idéologique. À mesure que l’intrigue avance, une question s’impose : que reste-t-il d’un peuple, ou d’un individu, quand son passé peut être effacé ou falsifié ?
À travers Anastasia et Lev, on voit deux manières de survivre à l’après-guerre. Anastasia a choisi l’oubli. En vendant une partie de sa mémoire, elle a tenté de laisser son passé derrière elle. Reconversion radicale : elle est devenue voleuse. Lev, au contraire, lutte contre l’effacement. Il rêve de gloire et de réhabilitation. Son ambition de rejoindre les parlementaires à la tête du pays, traduit une foi presque naïve dans la possibilité de restaurer l’honneur et la grandeur nationale. Leur duo fonctionne par contraste : elle cherche à être oubliée, lui veut inscrire son nom dans l’Histoire. Pourtant, tous deux se heurtent à la même réalité : un système politique bâti sur les silences, les manipulations et les trahisons. Les jeunes protagonistes portent une énergie vibrante, une volonté sincère de faire bouger les choses, de réparer les erreurs du passé. Mais leur idéalisme va se fracasser contre la dureté du monde adulte. que, qui rappelle que contrôler la mémoire, c’est déjà contrôler le monde.
(4) Dans un monde marqué par la guerre et la chute de Krajlara, désormais remplacée par Novi Zora, la politique gouverne tout. Lev et Alina, deux orphelins brillants, intègrent la prestigieuse université et les cercles du pouvoir grâce à un mentor aux intentions troubles. En parallèle, Anastasia, voleuse de souvenirs, survit en revendant la mémoire des autres, tout en rêvant d’offrir un refuge aux « morcelés », ceux qui ont tout oublié.
Ce roman se distingue par un univers steampunk original, à l’ambiance sombre et inspirée des années 30, où corruption, complots et tensions politiques s’entremêlent. L’autrice propose une réflexion forte sur la mémoire, individuelle et collective, et sur ce qu’il reste quand on la perd.
Porté par des personnages complexes, jamais totalement bons ni mauvais, et une alternance de points de vue efficace, le récit intrigue autant qu’il questionne. Mention spéciale pour Aliocha, personnage un peu plus secondaire qui m'a tout de suite tapé dans l'oeil !
La Mémoire des Vaincus est une fantasy politique dense, maîtrisée, qui ne ressemble à aucune autre !
La mémoire des vaincus est un roman ambitieux, intelligent et profondément politique, qui ne cherche jamais la facilité. L’univers imaginé par Bleuenn Guillou repose sur un concept fort et original : une société où la mémoire peut être vendue, volée ou effacée, et où le passé devient un véritable enjeu de pouvoir.
L’entrée dans l’histoire demande un certain investissement. Les premiers chapitres sont denses, chargés en informations et en enjeux politiques, ce qui peut rendre la prise en main un peu difficile. Mais cette complexité n’est jamais gratuite. Elle pose des bases solides et cohérentes, indispensables pour comprendre la portée des choix faits par les personnages.
À mesure que le récit avance, on commence à saisir pleinement les mécanismes du monde, les tensions entre les différentes factions et surtout les conséquences de chaque décision. Le roman gagne alors en intensité et devient de plus en plus prenant, jusqu’à offrir une réflexion très juste sur la mémoire, l’identité et le prix à payer pour survivre ou pour défendre ses idéaux.
Les personnages, et notamment Lev et Anastasia, sont construits avec beaucoup de nuance. Aucun n’est entièrement héroïque ou condamnable : chacun agit selon ses blessures, ses ambitions et sa vision du monde. Cette ambiguïté morale renforce la crédibilité du récit et donne envie de suivre leur évolution.
La mémoire des vaincus est une lecture exigeante mais stimulante, qui s’adresse aux lecteurs appréciant les dystopies réfléchies, les univers politiques complexes et les histoires qui prennent le temps de s’installer pour mieux marquer les esprits. Un roman qui ne se consomme pas passivement, mais qui invite à penser et qui, une fois refermé, continue de résonner.
Ce roman est passé à ça, de devenir un coup de coeur.
L'univers est bien travaillé, riche mais accessible. On comprend rapidement les enjeux politiques et personnels de chacun, c'est parfaitement clair. La période 1930 avec une bonne touche de steampunk m'a beaucoup plu et j'ai adoré le principe de la poussière mémorielle. On sent qu'il y a un vrai travail de recherche derrière pour exploiter tout le potentiel des souvenirs/mémoires. Et je réinsiste sur ce point: ce roman est profondément politique, avec les conséquences dramatiques sur la vie quotidienne des vaincus, leur exploitation et le pays d'en face qui en jouit. La misère des perdants face à l'opulence des vainqueurs. On a droit à un double point de vue: celui de Lev, un orphelin qui souhaite intégrer la sphère politique et redonner de la puissance à son pays; et celui d'Anastasia, qui a vendu ses 15 premières années de souvenirs mais qui a réussi à se reconstruire une nouvelle identité (et qui est au passage une voleuse de souvenirs). On a droit à une belle évolution de chacun et surtout une complexité de leur part. On interroge beaucoup la morale et la nécessité de certains choix. Aucun des deux n'est vraiment héroïque. Ils sont vrais, nuancés, humains, avec leur ambition, leur égoïsme et leurs traumatismes. Les personnages secondaires sont tout aussi travaillés que les principaux et vont impacter la vie de Lev et d'Anastasia (loyauté, mensonges, amour, etc). Je suis cependant bien déçue du peu d'information que l'on a obtenu sur Marek, qui a tout de même un fort impact sur le roman. On en sait très peu sur lui. On ne connaît pas le fond de sa pensée ou ses véritables intentions. J'espère le retrouver plus présent dans le tome 2, même si c'est un personnage qui m'inssuporte.
Concernant la fin, je l'ai trouvée trop brutale. Le rythme est parfait tout le long, mais cette fin vient coupée notre élan de curiosité. J'aurais aimé finir sur une révélation, quelque chose qui nous intrigue, qui nous met l'eau à la bouche. Là j'ai juste l'impression d'avoir couru et d'avoir loupé le train en marche.
Pour finir, la plume était bien fluide comme j'aime, l'immersion était totale, j'avais vraiment l'impression d'être à côté des protagonistes, même si cela m'a pris du temps pour vraiment me plonger dedans à 100%. Un peu plus d'intensité dans les moments de douleurs (et certaines scènes assez violentes) auraient été appréciables. Ça manquait de puissance à certains moments et donc l'émotion était atténuée.
Dans l'ensemble, même si cela n'est pas devenu un coup de coeur, c'est un très bon roman.
Politiques, trahisons, technologie mémorielle, personnages réalistes et nuancés,... un bon mélange pour celles et ceux qui n'ont pas peur de découvrir cet univers sombre !
Avec La Mémoire des Vaincus, Bleuenn Guillou signe un roman de fantasy politique d’une remarquable densité, où l’intime et le collectif s’entrelacent autour d’une question vertigineuse : que reste-t-il d’un peuple lorsqu’on lui a volé sa mémoire ?
À Novi Zora, cité meurtrie par une guerre perdue, les souvenirs sont devenus une monnaie d’échange. Dans cette société brisée, la poussière mémorielle permet d’effacer les douleurs… ou de les exploiter. Anastasia, voleuse de souvenirs, survit en pillant le passé des autres, quitte à y laisser peu à peu le sien. À l’opposé de cette existence clandestine, Lev tente de se construire une place au sein du Parlement des Trente, cœur politique d’un régime fondé sur l’oubli organisé. Fils de traîtres condamnés à la damnatio memoriae, il rêve de restaurer la grandeur d’une nation humiliée.
En croisant ces deux trajectoires que tout semble opposer, Bleuenn Guillou compose un récit d’une grande intelligence narrative, où chaque souvenir devient enjeu de pouvoir. Le roman explore avec finesse la manipulation de l’Histoire, la fabrication des mythes nationaux et la violence symbolique de l’effacement. Ici, oublier n’est jamais neutre : c’est un acte politique.
L’univers, solidement construit, se distingue par sa cohérence et sa profondeur. Le système mémoriel n’est jamais un simple artifice de fantasy, mais un véritable moteur dramatique, utilisé pour interroger la responsabilité individuelle face au passé. Les scènes de vol de souvenirs, souvent saisissantes, donnent lieu à des passages sensoriels puissants, où les émotions, les traumatismes et les mensonges se confondent.
La force du roman tient également à ses personnages. Anastasia, marquée par la perte de son identité, incarne une génération sacrifiée, contrainte de survivre dans les ruines morales de la défaite. Lev, quant à lui, est animé par une ambition sincère mais dangereuse, révélant toute l’ambiguïté du patriotisme lorsque celui-ci s’appuie sur un passé reconstruit. Aucun n’est totalement innocent, aucun entièrement coupable : tous sont prisonniers d’une mémoire fragmentée.
Portée par une écriture élégante et tendue, La Mémoire des Vaincus évite le manichéisme pour proposer une réflexion profondément actuelle sur la réécriture de l’Histoire, la tentation du révisionnisme et la valeur du souvenir dans les sociétés traumatisées. Le suspense politique s’y mêle à une émotion constante, jusqu’à un final qui interroge autant qu’il bouleverse.
<< Il est essentiel d'accepter son passé, quel qu'il soit. Et ça vaut pour tout le monde >>
14 ans après une guerre qui a remodelé le monde on retrouve Anastasia et Lev qui vivent dans le territoire des vaincus. L'une est une voleuse de souvenirs qui a vendu sa propre mémoire, l'autre est un orphelin qui vise une carrière politique en entrant dans la sphère très exclusive des Trente.
J'ai adoré la dualité des points de vue. On alterne entre Lev et Anastasia d'un chapitre à l'autre, ce qui en plus de rythmer énormément le récit, nous fait trépigner d'impatience de page en page en attendant qu'ils se rencontrent. Ils sont issus tout deux des bas-fonds, très différemment et en même temps avec de nombreux points communs, dont celui de l'oubli de leurs parents.
J'ai largement préféré Anastasia qui se bat continuellement pour sa survie et celle des siens à Lev qui est parfois beaucoup trop auto-centré pour être supportable. Pour autant les deux fils d'histoires se suivent, se chevauchent jusqu'à se confondre pour notre plus grand plaisir.
J'ai adoré l'atmosphère, on a d'un côté la guerre qui est toujours très présente dans les lieux, avec les échos des souvenirs qui passent et repassent en boucle par la poussière mémorielle. De l'autre une vraie tentative de reconstruction et de reconnaissance à Novi Zora. La différence si nette entre la cité déchue et celle de Mirska était très intense et intéressante. Là où il y a survie d'un côté et progrès indécent de l'autre.
L'évolution des relations est parfaitement maîtrisée. Même s'il y a un peu de frustration de finir ce tome avec autant de questions restées en suspens ! Je suis impatiente de découvrir d'avantage nos personnages principaux et secondaires dans la suite.
En bref, c'était vraiment dingue. Encore une nouveauté de sfff qui nous fait voyager dans de l'inédit !
Un superbe moment de lecture avec une histoire accessible tout en étant riche et originale, des personnages modernes et très finement travaillés, une plume dangereusement addictive !
Je m’attendais à apprécier ce roman et cela a dépassé mes attentes. J’ai trouvé que le world building était très agréable à découvrir : l’histoire de cette nation est assez classique mais très intéressante et, surtout, elle se dessine au fil des pages, ce qui fait qu’on l’aborde très facilement. La toile tissée autour de la mémoire est passionnante, que ce soit dans l’aspect scientifique et recherche qui est au cœur de l’intrigue, ou dans le symbole, voire la philosophie, que cela revêt. N’est-il pas plus simple d’oublier ? En quoi nos souvenirs, même les plus difficiles, constituent notre identité ? Je trouve que ce sujet est très original et vraiment captivant.
Ici, l’histoire est contée par deux points de vue : celui de Lev, un jeune orphelin qui intègre une académie pour devenir un grand parlementaire, et Anastasia, une voleuse de souvenirs. Ces deux personnages sont empreints d’une grande modernité : tous deux ont une certaine fragilité contenue et subtile, les choix et voies empruntés ne sont pas forcément les meilleurs, mais le tout les rend extrêmement authentiques et assez originaux en fantasy.
Tout cela orchestré par une plume d’une fluidité terrible qui nous oblige à tourner les pages et à dévorer le livre. J’ai été “gênée” par quelques répétitions mais il s’agit là d’un roman Young Adult donc c’est tout à fait normal et cela permettra aux plus jeunes ou aux débutants en fantasy de s’approprier l’univers aisément !
Merci @gleephapp et @didierjeunesse pour cette découverte !
Un roman absolument envoûtant. Il mêle ce côté steampunk hyper original, des conflits politiques, des complots, des secrets de famille, tout est hyper mystérieux et toutes les histoires sont entremêlées c’est vraiment génial. Le rythme est parfait. L’alternance de POV nous donne envie de toujours retrouver l’autre protagoniste. J’ai tout aimé dans ce livre et surtout les messages passés et l’utilisation de la mémoire. J’ai terriblement hâte de lire la suite 😍
Je conseille ce roman à toutes les personnes aimant: La politique, les secrets, les complots, les dilemmes, les amitiés, et le côté steampunk
J’avais tellement hâte et j’ai TELLEMENT adoré ! J’avais de l’appréhension avec le fait que ça parle de politique et que ce soit du YA, j’avais peur que ce côté la soit effleuré mais au final PAS DU TOUT C’ÉTAIT GÉNIAL ! Je veux la suite maintenant pitié pitié pitié 🤭🤭 Lisez Bleuenn Guillou #cestunpoulet🍗
5/5 !!! Partenariat avec Gleeph et la maison d’éditions Didier Jeunesse
Steampunk, Fantasy, Poussière mémorielle, Personnages morally grey. Deux protagonistes aux points de vue alternatifs : une voleuse de souvenirs sans souvenirs de son enfance et un jeune homme orphelin de parents rayés de la mémoire collective. Ils sont profonds, livrés à eux-mêmes depuis longtemps et si jeunes : survivre tout en faisant ses preuves. Un contexte politique conflictuel, post guerre, dans un pays soumis qui n’a pas absolument pas dit son dernier mot. Les personnages vont se retrouver au milieu de complots dont ils ne soupçonnaient pas l’ampleur, au cœur des gouvernements non pacifistes et pleins d’ambitions. Ils vont s’avérer être plus que de simples pions sur l’échiquier politique. Avec une petite touche de romantisme bienvenue. Des enjeux, de l’action, des rebondissements : un livre tout à fait haletant dont on ne peut qu’attendre le deuxième tome. Car tout ne fait que commencer... « Vois-tu, quand tu voles des souvenirs directement dans la tête des gens tu ne peux voler que les souvenirs les plus récents. Si tu veux en prendre des plus anciens, tu dois tout prendre. Tu ne peux pas choisir. […] L’aspirographe deviendra bien plus précis et plus maniable, donc on pourra selectionner le souvenir voulu. Les possibilités deviennent infinies. Aucun gouvernement ne passerait à côté de ça. - Serait-ce si grave ? - Je l’ignore. Serait-ce si grave qu’un gouvernement corrompu mette la main sur une arme au potentiel quasiment illimité ? »