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À s'en arracher le cœur: Réflexions sur les filles et l’amour dans la fiction

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Comment parle-t-on des filles ?

Le reflet qu’on leur renvoie peut-il influencer leur perception d’elles-mêmes ?

À travers une analyse des héroïnes de la fiction, des relations amoureuses, des jouets, des jeux vidéo et des couleurs stéréotypées, cet essai explore les représentations du féminin dans la culture populaire. À une époque où la violence conjugale augmente chez les jeunes et où la misogynie gagne du terrain jusque dans les cours d’école, il devient urgent de s’interroger : quel rôle jouent les stéréotypes dans tout ça ? Et que se passe-t-il quand ce qui est associé aux filles est sans cesse tourné en dérision, minimisé ou dévalorisé ? Appuyée par les réflexions de grandes penseuses, de Virginia Woolf à Taylor Swift en passant par bell hooks, India Desjardins nous invite, avec humour et sensibilité, à regarder le monde autrement et à y prendre part activement.

216 pages, Paperback

Published September 23, 2025

36 people are currently reading
695 people want to read

About the author

India Desjardins

49 books344 followers
India Desjardins raffole du chocolat, n’aime pas déménager, invente tout plein de raisons pour ne pas aller en camping, fait au moins trois gaffes par jour, a un cerveau totalement incontrôlable et peut-être aussi quelques neurones d’écureuil implantés par erreur à son insu. Là s’arrête la comparaison avec Aurélie Laflamme, un personnage sorti tout droit de son cerveau incontrôlable (il faut bien que ça comporte certains avantages!).

Petite, elle écrivait des romans pour le simple plaisir d’écrire, sans savoir qu’elle allait un jour en faire un métier. À l’école, elle n’a jamais été la plus douée en composition écrite, mais c’était pourtant ce qu’elle préférait en terme de devoir-obligatoire-qui-compte-pour-50%-de-la-note-finale. Son amour de l’écriture l’incite ensuite à choisir le journalisme.

À vingt ans, cette fille native de Québec déménage à Montréal pour étudier en communications. À la même époque, elle devient journaliste pour le magazine Cool, qui s’adresse aux adolescents. Elle travaille ensuite au Journal de Montréal, à la section Arts et Spectacles, et pour d’autres publications, comme Clin d’oeil.

En tant que journaliste, elle réalise plusieurs entrevues avec des artistes, mais découvre rapidement qu’elle a beaucoup d’affinités avec les jeunes et qu’elle a envie d’écrire pour eux. Elle crée alors la chronique Le journal intime de Marie-Cool, qui sera publiée de 2001 à 2008 dans le magazine Cool, ainsi que la chronique Miss Jiji, qui sera publiée dans le cahier Week-End du Journal de Montréal, de 2003 à 2005.

Ces expériences lui rappellent à quel point elle aime écrire de la fiction et elle se lance dans l’écriture de son premier roman Les aventures d’India Jones, sans savoir s’il sera publié. Ce roman humoristique, qui raconte la vie d’une jeune femme dans la vingtaine à la recherche de l’amour, ne trouve pas rapidement preneur. Essuyant plusieurs refus, la recherche d’un éditeur sera longue et périlleuse. Les Intouchables acceptent finalement de le publier en 2004 et le roman est très bien accueilli par la critique et le public. Par la suite, elle entame Le journal d’Aurélie Laflamme, un projet qui lui tient énormément à coeur puisqu’il s’adresse aux adolescents, un public qu’elle affectionne particulièrement.

Elle se consacre désormais exclusivement à l’écriture de ses romans.

Avec plus de 650 000 exemplaires vendus au Québec depuis sa sortie en 2006, Le journal d’Aurélie Laflamme s’est hissé au premier rang des séries les plus populaires auprès des jeunes. Le premier tome Extraterrestre… ou presque ! a par ailleurs été adapté pour le cinéma en 2010. La série est également publiée en France depuis octobre 2010, aux éditions Michel Lafon jeunesse, où elle reçoit un accueil des plus chaleureux.

[www.aurelielaflamme.com]

Ratings & Reviews

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Community Reviews

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86 (44%)
4 stars
86 (44%)
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17 (8%)
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3 (1%)
1 star
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Displaying 1 - 30 of 50 reviews
Profile Image for Catherine Duplessis.
122 reviews173 followers
January 4, 2026
Premièrement, les illustrations de LaCharbonne sont magnifiques. La raison pourquoi ce livre a capté mon attention à la librairie.

Même si je me suis rendue compte durant ma lecture que ce livre s’adresse aux adolescent.e.s, (j’ai 36 ans) il se lit très bien à tous les âges.

J’avais aussi lu Mister Big (l’autre livre un peu du même sujet d’India Desjardins) et ma critique était qu’on restait un peu trop en surface et c’est encore le cas ici, mais moins j’ai trouvé. Ou peut-être que mes attentes étaient à la bonne place cette fois-ci.

Par contre, c’est un sujet qui m’intéresse tellement que j’en lirais encore et encore, mais je comprends que c’est peut-être plus niche un livre de 500 pages sur le sujet.

Bref, j’ai beaucoup aimé, ça m’a amené à questionner, à observer et à analyser. Ça m’a donné envie de parler pour souligner quand je remarque une inégalité, un stéréotype.

👏🏻
Profile Image for Catherine Lafrance-Raymond.
40 reviews19 followers
September 11, 2025
6 ⭐️ si je pouvais en mettre une de plus ! India a su (à nouveau) dire tout haut ce que tellement de femmes et de filles pensent depuis longtemps. India s’exprime si bien et ce avec nuance, crédibilité et humour. J’ai eu des réalisations pendant ma lecture sur des histoires qui ont pourtant forgé mon enfance et adolescence. Un gros must pour votr biblothèque et vos jeunes filles à la maison.
Profile Image for Katia Landry.
58 reviews2 followers
October 6, 2025
Ce livre devrait être ajouté aux lectures obligatoires au secondaire!

Très semblables à « Mister Big ou la glorification des amours toxiques », mais avec une touche parfaite pour s’adresser aux adolescent•e•s
Profile Image for Marissa Kazadellis.
21 reviews2 followers
November 13, 2025
Une version nécessaire pour adolescente du livre Mr. Big que j’avais aussi adoré ! J’aimerais pouvoir donner ce livre à toutes adolescentes et jeunes femmes. Ce livre est aussi beau visuellement qu’intéressant même si pour un publique plus jeune !
Profile Image for Mélissa.
44 reviews1 follower
November 23, 2025
comme plusieurs autres reviews, je souhaiterais voir ce livre comme lecture obligatoire au secondaire 💖 superbe vulgarisation scientifique et le visuel du livre est vraiment beau!
Profile Image for Sakina.
679 reviews78 followers
December 16, 2025
je suis une éternelle fan du travail remarquable de india. ce documentaire est destiné aux ados, mais tout à fait accessible aux plus grands ados. de belles réflexions sur les doubles standards, sur les perceptions genrées et les formes de violences conjugales. tout ça, appuyé par la littérature et des sources bétons. se lit comme un ouvrage de référence, petits morceaux à découvrir un chapitre à la fois. bien heureuse de l'avoir achetée au salon du livre de montréal! 📚❤️
Profile Image for Alexia.
269 reviews47 followers
October 21, 2025
Je seconde un précédent commentaire : cette lecture devrait être dans les lectures obligatoires du secondaire. Les sujets sont bien vulgarisés. Les références à la culture populaire sont d’actualité (et donc peuvent être facilement comprises par des élèves du secondaire). Le livre est tout simplement beau!
Profile Image for Kaly-Ann Drapeau.
257 reviews19 followers
November 1, 2025
À travers ce livre de style documentaire, India Desjardins se penche sur la place des filles dans les œuvres de fictions et comment ça nous amène à nous percevoir nous-mêmes.

Je lis rarement des documentaires, mais celui-ci m’a tout de suite touchée car il s’adresse aux adolescentes, et que j’ai une petite fille qui commence déjà à bâtir sa personnalité et ses centres d’intérêts, et je veux qu’elle soit outillée pour son avenir en tant que jeune femme dans une société encore pleine de stéréotypes.

Le livre m’a fait me questionner sur beaucoup de chose. Je vois maintenant différemment les rôles féminins dans les livres, les films et même les jeux vidéos. Ça mérite une bonne réflexion! 💖

J’ai aussi eu une grande prise de conscience avec le chapitre sur les comportements toxiques en relation amoureuse. Je me suis rendu compte que dans mes relations d’adolescence, j’avais vécu des formes de violences très sournoise, sans même m’en rendre compte. Mais je ne suis pas parfaite, j’ai aussi reconnue que certains de mes propres comportements étaient aussi toxiques à l’époque. 😬

Ce livre, je suis convaincue que c’est une lecture qui devrait être obligatoire pour les adolescents, autant les filles que les garçons, pour sensibiliser et créer des prises de conscience. Le message est important, et continuera de l’être pour plusieurs années (et même peut-être pour toujours à voir la vitesse de tortue à laquelle la société évolue). 🙄

Et je dois souligner le merveilleux travaille de @lacharbonne qui a illustrée le livre! La couverture et tout l’intérieur du livre est dynamique, coloré, magnifique! 😍

Je garde ce livre précieusement pour quand ma fille sera rendu à l’étape cruciale de l’adolescence, pour la conscientiser à prendre sa place en tant que femme, et à reconnaître les comportements toxiques autour d’elle. 🤍
Profile Image for Sabrina.
25 reviews1 follower
October 22, 2025
Coup de coeur ❤️

Le genre de livre qui devrait etre une lecture obligatoire pour les jeunes ados du secondaire afin qu'ils refletent sur les idées préconcues d'aujourd'hui et les relations toxique. J'adore l'écriture, les exemples et liens fait avec les oeuvres que l'on connait autant les anciennes que les récentes.

Ce livre m'aurait été bien utile pour mes réflexion intéreures et de confiance en soir d'il y a quelques années.
Profile Image for Sarah Doxtater.
98 reviews5 followers
October 28, 2025
4.5⭐️ Je seconde les personnes qui ont commenté que ce livre devrait être une lecture obligatoire pour les jeunes au secondaire. Une version jeunesse de Mister Big ou la glorification des amours toxiques. Super bien vulgarisé! 🙌🏻
Profile Image for Bryan.
47 reviews
November 16, 2025
Je m'attendais à un petit peu plus de références récentes, mais c'est un essai à mettre dans les mains de toustes les adolescent.e.s absolument 🫶🏼
Profile Image for Roxy.
180 reviews1 follower
November 25, 2025
6 ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ si je pouvais!!
Profile Image for Mariane Arseneau.
43 reviews4 followers
Want to read
September 26, 2025
je vais pas vous mentir je lirais sa liste d'épicerie
j'ai full aimé Mister Big ou la glorification des amours toxiques vraiment très hâte de lire celui-ci!!
Profile Image for Léonie Boudreault.
530 reviews28 followers
October 12, 2025
Excellent essai pour ados, bien documenté et bien vulgarisé! À faire lire à tous.tes!
22 reviews1 follower
October 6, 2025
Dans la lignée de son essai Glorifications des amours toxiques (que j’ai aimé aussi), celui là est plus ciblé vers les adolescent.e.s par le look coloré et illustré. Elle décortique les représentations des filles dans la fiction et l’image renvoyée qui stéréotype et influence notre perception de nous même et notre façon de vivre nos relations. Ça va des types de personnages féminins dans la fictions à pourquoi les “affaires de filles” sont vues comme moins intéressantes que celles de “gars”, aux comportements dans les relations et comment reconnaître des relations toxiques.

La recherche est approfondie, c’est très bien documenté, les exemples sont pertinents, le propos est super important et intéressant. J’espère pouvoir le faire lire à ma fille (et mon fils) éventuellement mais je le recommande à tous (aux hommes aussi !)

Ça pousse à la réflexion et à la réalisation de pleins de situations/biais dans les médias (cinéma, tv, littérature), que même si je suis féministe, je n’avais pas remarqués ou décortiqués complètement.

Je recommande.
Profile Image for Béatrice Langevin.
92 reviews1 follower
December 29, 2025
J’aurais rêvé de lire ce livre lorsque j’étais adolescente, c’est tellement un sujet important! Mais j’ai grandi avec Aurélie Laflamme, qui au fond est un peu la même chose 🥹

J’adore tout ce qu’India Desjardins écrit. Elle a un don pour vulgariser sans banaliser. Elle décrit au cheveux près tellement de mes expériences vécues de fille qui passe d’enfant à ado à adulte, et je sais que je ne suis pas la seule.

Je suis hyper contente de cette nouvelle ressource pour les ados. C’est un sujet tellement important à aborder et ici ça a été fait avec délicatesse et légerté. J’adore!!
Profile Image for Marie Page.
9 reviews
November 30, 2025
Un ouvrage précieux pour les adolescents et adolescentes!
Je l'ai lu pour en parler avec mes élèves. India sait aborder plusieurs sujets avec douceur et authenticité. J'ai beaucoup aimé ma lecture, malgré les petites répétitions (nécessaires pour des lecteurs et lectrices moins renseigné.e.s sur le sujet). Bravo!!
5 reviews
January 5, 2026
Toujours contente de lire des œuvres qui nourrissent ma rage, à mon plus grand plaisir et aussi, je l'espère, à celui des gens qui trouvent que je suis "un peu trop intense" ou que "j'exagère".
J'adore aussi la façon dont s'est écrit. Ça se détache de l'oeuvre intellectuelle universitaire tout en étant autant pertinente. L'accessibilité de ce livre est séduisante (hihi).
Profile Image for Kathleen Dubé.
61 reviews1 follower
October 9, 2025
J'adore les essais d'India. Celui-ci est la version jeunes adultes/ados de "Mister Big et la glorification des amours toxiques" que j'avais adoré ! Elle pousse son analyse au delà des amours toxiques mais la place de la femme dans notre société ! J'aurais pris encore plus d'exemples. Je recommande fortement !
Profile Image for m.ta.lecture.
344 reviews26 followers
November 4, 2025
4,5 - Premièrement, les couleurs et illustrations sont à tomber! Dans la même vibe que Mister Big, que j’avais adoré, l’auteure apporte de nombreux éléments intéressants qu’en à la perception des filles/femmes à travers notre société.
Profile Image for Jas.
1 review
November 21, 2025
Un livre nécessaire à lire et à partager!
Profile Image for Véro.
148 reviews18 followers
December 11, 2025
Mais c'est génial! À mettre dans les mains de tous les adolescents sans attendre!
Profile Image for Shaynning - Libraire Jeunesse.
1,456 reviews33 followers
October 27, 2025
Incontournable Essai Septembre 2025


Ce petit livre rose a une signification toute particulière pour moi. Avant son arrivé en librairie jeunesse, il existait une sorte d'équivalent avec le petit essai "Mister Big ou la glorification des relations toxiques", qui s'intéressait aux modèles amoureux toxiques vendus au femmes et plus généralement, aux modèles féminins dévalorisées dans la fiction. Ce livre a mit enfin des mots sur un sujet que je portais seule de mon côté. "À s'en arracher le cœur", de la même autrice, poursuit et affine ces dimensions, cette fois pour le lectorat adolescent. Dans ce livre coloré, India Desjardins, autrice du meilleur vendeur "Le journal d'Aurélie Laflamme", écoulé à plus de 2.5 millions d'exemplaires, poursuit ses réflexions dont on devine les prémisses dans son tout premier roman. En effet, on pouvait déjà apprécier avec Aurélie des romances plus nuancées, des modèles féminins plus affirmés et réalistes, tout en orientant et interrogeant les perceptives des filles dans un monde encore teinté de sexisme. On a donc l'impression que 20 ans après Aurélie, India Desjardins a considérablement avancé dans ses réflexions et se place désormais parmi les pionnière dans petite révolution tranquille sur les modèles amoureux vendus aux filles, qui sont par trop souvent désuets, inégaux et banalisant les violences de toute forme. J'ai donc beaucoup attendu que vienne un jour un livre de ce genre et le voilà!


J'aurai voulu citer le livre au complet tant tout me semble pertinent, alors il a fallut que je fasse des choix.


Le phénomène des relations toxiques glorifiées ou banalisées en fiction n'est pas nouveau et ne semble pas connaitre de recul, au contraire. Des protagonistes qui tombent amoureuse de leur harceleur, d'un criminel aux tendances sociopathes, d'un délinquant violent, d'un prince cruel et despotique, du ténébreux petit nouveau dans la classe qui déteste ses semblables et j'en passe, il y en a de plus en plus. Et on traite ces relations toxiques comme les plus sublimes des romances, tel une inlassable course à savoir quel héroïne va dompter et sauver la pire des calamités en matière d'homme. Femmes vendues, violées, battues, manipulées, kidnappées, dévirginées pour un pari, coincée au centre d'une guerre entre deux coqs à la virilité fragile, il semble que plus la violence à l'endroit de la femme soit forte, plus le fantasme est grand. C'est à croire que les filles ne méritent rien de moins que la pire des racailles masculines. Quand avons-nous accepter que la fiction romantise à ce point ce qui relève du pire en matière de relation ( si on peut encore appeler ça des relations)? Comment expliquer que ces romans sont des "romances" et non des romans d'horreur? Comment, enfin, expliquer que nos adolescentes s'en abreuvent, âgées entre 10 et 16 ans seulement?


Dans un podcast populaire, "Les pires moments de l'histoire" de Charles Beauchesne, un passage de la capsule sur Olga de Kiev m'a semblé bien résumer la ligne de pensées derrière la construction amoureuse de la femme qui s'entiche d'un salaud: " [ Prince Mal, d'abord, félicitation pour votre nom, très "bad boy". Ce que nous, les femmes, recherchons - Du moins selon la version des hommes que nous ne voulons pas baiser". Car, derrière cet engouement disproportionné pour les romances toxiques camouflées en dramatiques sauvetages d'hommes violents et abusifs se cachent fort probablement de veilles constructions sociales de genre, des impératifs sociaux inégaux et moult aliénations envers les femmes. Parce que je le réitère, quand on vend aux jeune hommes qu'il leur faut une femme parfaite, mais que dans le même temps, on vend l'homme salopard aux femmes, on a un parfait exemple de sexisme systémique, que véhicule encore et encore la fiction sous toute ses formes ( films, publicité, romans, Bd et mangas, séries et jeux vidéos). Et la littérature jeunesse n'y échappe pas.


Madame Desjardins constate, en outre, une augmentation statistique de la violence conjugale dans les couples adolescents au Québec. Soyons clairs, l'exposition aux relations toxiques glorifiées ne cause pas celles dans la réalité. Néanmoins, la banalisation de ce type de relation peut amenuiser leur importance dans la vraie vie. On se désensibilise à ce qui est répété, c'est même une forme de conditionnement. Madame Desjardins s'attèle donc à couvrir, avec son essai, divers éléments entourant les modèles féminins dans la fiction, qui ne sont pas étrangères aux relations malsaines banalisées.


On couvrira notamment ce qu'on peut appeler la "dépréciation systémique du genre féminin", à savoir que tout ce qu'on attribue aux filles a été et continue d'être déprécié. On peut penser aux jouets, à certaines couleurs ( surtout le rose), les personnages féminins et même les personnages historiques. Un élément que j'ai moi même beaucoup remarqué est cette façon de vouloir encourager les filles en arguant que "elle s'en sort bien...pour une fille", assumant que tous les garçons font forcément mieux et qu'il faut donc un peu plus de volonté aux filles d'atteindre leur niveau. On peut penser à la façon dont on construit nos cours d'Histoire au Québec, alors que les personnages féminins d'importance ont longtemps été occultées. Des exemples, il en pleut, et c'est à travers ce genre de lentille, celle d'un domaine comme l'Histoire, qu'on comprend à quel point tout le narratif autour des femmes est encore misogyne. Ça s’améliore, heureusement, mais ce qui est pertinent de relever ici est l'importance des représentations. Comment espérer que nos filles gagnent en confiance si tout ce qu'on raconte de leur genre se cantonne à deux ou trois rôles lié à la servitude pour un homme ( genre être épouse, prostituée, religieuse ou maitresse), à très peu de diversité de choix de vie, à de vieux clichés d'apparence et encore plus de clichés de tempérament? Je constate depuis longtemps que les personnages féminins sont encore souvent li à ces vieilles constructions, qui ne sont plus en phase avec le Québec moderne. Comment expliquer alors que ces modèles plaisent encore?



Dans les romances servies au filles, on a pléthore de vieux clichés de genre. Parmi se glisse cet impératif amoureux qui continue de sévir partout, comme si un personnage féminin ne pouvait pas échapper au fait qu'elle doit tomber amoureuse,peut importe le genre du roman. Par ailleurs, en terme de représentations de genre, les personnages masculins dans les romances sont à pleurer eux aussi, certes sexy selon les standards élaborés par le concept de "virilité", mais ils sont aussi souvent stupides, immatures, mal éduqués, taciturnes, arrogants, impulsifs, jaloux à l'excès, possessifs, contrôlant et globalement à côté de la plaque sur la gestion de leur émotions. On reste dans les bases des romans à l'eau de rose superficiels, ce qui explique le vide relationnel que je croise trop souvent quand il s'agit des relations amoureuses.


Parce que là est un des problèmes avec les modèles féminins, c'est cette obsession de la romance, trop souvent vide ou malsaine, le peu d'archétypes de personnages et leur nombre inférieur. Si la quantité a littéralement explosée ces dernières années, il y a longtemps et un écart notable en terme de nombre. On comptait 3 personnages masculins pour un féminin, et souvent, teste de Beschdel à l’appuie, cet unique personnage féminin est, au pire, un trophée un gagner par le héro, ,au mieux, un personnage de soutient amoureuse du héro ( pour plus de détails sur les Élues" , voir pages 67 à 74). Même présentes, les filles ont une place qui sert le personnage masculin: On en revient à l'impératif amoureux féminin. Rares étaient les véritables héroïnes, parce qu'on pensait ( beaucoup le pense encore) que si les jeunes filles s'intéressent forcément aux personnages masculins, considérés comme "universels", l'inverse est peu probable. Je le vis en librairie jeunesse chaque semaine, cette idée selon laquelle un garçon ne va pas "s'identifier" à un personnage féminin. Pourquoi pas? Les personnages ne sont pas que leur genre, ils ont des valeurs, des qualités, des aventures extraordinaires à vivre, le fait d'être une fille ne change en théorie rien. Parce qu'en pratique, hélas, on pense encore qu'un garçon qui s'identifie à une fille est probablement gay. Misère que les mentalités sont étriquées. Par ailleurs, "s'identifier au héro" n'est pas incontournable en lecture. Parfois, c'est la perspective de voir autre chose, de voir d'autres type de personnages qui importe. Et arguer que les garçon n'aiment pas les héroïnes est beaucoup plus le résultat du sexisme que d'une réalité. Si on conditionne les garçons à n'aimer que ce qui concerne leur genre ( selon la version de la société), forcément, ils n'apprendront pas à considérer le genre féminin égal à celui du masculin. Et ils continueront de penser que la seule chose que les filles aiment, c'est tomber amoureuse d'eux, comme si c'était la seule occupation possible pour elles. "Cette focalisation sur l'amour conditionne leur bonheur à la réussite d'une relation de couple, créant une norme où l'accomplissement personnel des femmes est indissociable de leur rôle das une relation amoureuse et familiale. " disait madame Boivert, dans l'essai. Autrement dit: Pour être considérée comme une femme accomplie, elle a le fardeau de réussir sa relation de couple et ce, même si son conjoint est un homme toxique qu'il vaudrait mieux laisser tomber. Cela constate avec la richesse de objectifs des personnages masculins, rarement embarrassés de réussir leur vie conjugale, plus centrés sur leur réussite personnelle et professionnelle.


J'aime beaucoup la partie de l'essai qui traite de la critique fait aux produits féminins, comme l’exemple de la poupée Barbie. On peut aussi parler de la taxe rose sur les produits féminin, du manque de femmes représentées dans les métiers, des écarts salariaux, des attributions de genre persistants, etc. Et ces dimensions, qu'on le veille ou non, se reflètent dans la fiction. Je ne calcule plus le nombre de personnages féminin qui évoluent dans des univers quasi-strictement masculins, présentées comme des exceptions dans un cadre "viril". Au contraire, quand vois-t-on des romances articulées par des hommes en faisant parler des garçons et des ados? Il faut pouvoir questionner ces inéquitables réalité marketing et ses constructions sexistes, qui ne servent guère le bien-être collectif. La BD "Le guide de l'anti-manipulation" est une Bd jeunesse excellente pour avoir un complément d'infos à ce sujet.


India Desjardins s'attaque donc à ces étranges mythes construits autour du genre, des arguments boiteux qu'on sert pour justifier de garder le statu quo, de déprécier les personnages féminins ou minimiser les impacts du sexisme dans la fiction. Elle le fait avec une efficacité soutenue par divers angles scientifiques, en particulier celui de la psychologie et de la sociologie. Elle fait intervenir dans son essai divers actrices sociales ayant divers compétences pour expliquer certaines théories et certaines persistances dans le concept même de féminité. Nos modèles de filles sont moins le reflet de la réalité que cette image sociale qu'on essai de leur vendre à tout prix: celui d'une femme dépendante des hommes, docile, silencieuse, douce, qui prend les rôles qu'on veut bien lui laisser. Bien entendu, le monde est riche et complexe, il ne saurait faire entrer un si vaste groupe dans une définition aussi restreinte. C'est là qu’intervient l'importance de la diversité féminin, qui s'exprime dans la fiction de façon encore boiteuse. Oui, il y a eu des pas de géants en la matière, mais il y a encore tant à faire. La carence en modèles divers est toujours manifeste et les relations malsaines banalisées toujours d’actualité. Plusieurs maisons d'édition rivalisent d'ingéniosité pour donner la tribune aux relations toxiques survalorisées. Et ça ne semble choquer qu'un nombre restreint d'actrices du monde du livre et certains parents. Et quand on prétend que ça reflète la réalité, laissait moi rappeler à ces gens que la plupart de ces romances, si elles étaient réelles, finiraient en féminicide, en trafic humain et en violence conjugale continue. On repassera pour le réalisme.


La partie "Qu'en dit la science" est préoccupante. "Plusieurs études ont permis d'observer que les garçons présentent une attitude dominante et méprisante sont plus attirants pour les filles que ceux avec des attributs égalitaires.Parmi les causes, la recherche a identifié une construction sociale apprise par le biais de la socialisation , puisque ces modèles étaient présents durant l'enfance et l’adolescence: médias, réseaux sociaux, magazines, littérature, séries télé, cinéma et interactions avec les pairs. " C'est à glacer le sang. Les filles apprennent à désirer des salauds. Et ce message est partout. " En répétant aux filles qu'elles devraient aimer les garçons ayant des attitudes et des comportements dominants, plusieurs filles en viennent à aimer - ou croire qu'elles aiment - ce type de garçon. Cette pression conduit à la normalisation à l'acceptation des comportements violents, et même à ce que les filles les confondent avec de l'amour, ce qui les poussent ainsi dans des relations toxiques. Quand à eux, les garçons subissent la pression de suivre des modèles dominants et méprisants s'ils veulent être attirants et avoir du succès auprès des filles". ( Pages 146-147). Ça résume toute la problématique autour de la surreprésentations des romances toxiques dans les romans populaires. On a passé en mode stéroïde sur les relations violentes glorifiées et ça ne semble interpeller personne, puisque des millions de dollars sont en jeu.


Il existe un réel danger social que nos fictions ne reflètent pas la réalité, car sans être des documentaires, le fictions interviennent directement dans nos conceptions sociales, notre perception des relations, notre compréhension de nos émotions et plus globalement, de notre façon de voir le monde. "Lorsque les récits que nous consommons ne reflètent pas nos propres expériences, donc notre propre 'réalité", ça peut nous faire sentir isolés ou anormaux." ( Anouk Bélanger, page. 164.)


Notre fiction devrait servir la pluralité des diversités, pas seulement ce qui arrange les élites. Elle devrait minimalement proposer autre chose que des indigestes stéréotypes maintes fois servis ou offrir des espaces pour en élaborer des nouveaux. Je trouve que nous manquons encore tant de cette richesse réelle qu'est celle des humains, avec ses innombrables groupes ethniques, ces différentes façon de décrire le féminin et le masculin ( ou l'espace entre les deux qui fait actuellement polémique) ou ses multiples orientation sexuelle, politique ou religieuses. Et en matière relationnelle, il devrait y avoir une prise de conscience qu'elle est encore très limité. On continue de prétendre que les relations saine sont ennuyeuses, que la domination est requise dans un couple, que la jalousie est signe d'amour, que le viol peut devenir un orgasme, qu'un homme sexy et violent vaut mieux qu'un homme gentil et sensible, je ne compte plus les idées toxiques qui circulent encore et encore dans les fictions, sans que ça n'interpelle personne. Le fait que ces idées circulent dans la fiction est révélateur du degré de banalisation sociale qui s'est développée autours de ces concepts mensongers. "La fiction joue un rôle dans notre quête de sens", disait madame Bélanger, professeur en communication. Encore une fois, prétendre que la fiction est une zone indépendante de notre réalité, c'est oublier le rôle qu'elle tient dans nos vie et les impacts qu'elle a sur notre perception du monde.


Bien que ce livre parle beaucoup du lectorat féminin, je le trouve pertinent au lectorat masculin. Pourquoi? Entre autre parce que les jeune hommes et garçons sont trop souvent découragés de s'intéresser au filles, sauf quand il s'agit de se trouver une copine, mais surtout parce que ça les concerne. Nos jeunes hommes n'ont pas la tribune qu'ils devraient avoir dans les romances, dont les archétypes se déclinent en 50 nuances de bad boys toxiques ces dernières décennies. Leur représentations sont restreintes et bornées à de vieux clichés macho du gars dominant, obscur, immature et globalement trou-de-cul d'enfant maltraités qui se donnent le droit d'être de vrais ordures avec leur copine. Je n'en peux plus de ces personnages! Et quand il est question des jeunes hommes doux, respectueux, patients et sensibles, alors on les place dans la friendzone et dans le rôle du copain ennuyeux qui doit être remplacé par le beau et sexy fouteur de trouble. Oui, je généralise, mais il est préoccupant de penser que ce cadre est une norme, alors qu'il devrait être exceptionnel, voir inexistant. Aucune fille, personnage ou réelle,ne mérite de subir une relation avec un mâle alpha ou sigma toxique, et aucuns hommes sensible ne devrait être déprécier pour avoir cette qualité. Et donner l'illusion dans la fiction que c'est ce que cherche les filles pour se faire rêver ou pire, comprendre les relations amoureuses, c'est ouvrir la voie dans la vraie vie à ce que ces personnages malsains servent d'exemple. Un exemple qui survient alors que les masculinistes occupent d'importantes tribunes sur les réseaux sociaux, ce qui est très préoccupant. Leur vision du couple n,est pas si éloignée de celles des bad boys dans la fiction, pour qui une conjointe doit subir, parce que c'est l'homme qui est au centre de leurs besoins. Et ça, c'est un relent assez fétide de l'ère patriarcale. Cette conjoncture entre la fiction romantique toxique et le recul vers des idées sexistes dans la réalité est préoccupante elle aussi, surtout si l'une influence l'autre. Bref, les garçon et les adolescents devraient se sentir concernés par ces enjeux autour des représentations dans la fiction, mais plus que tout, j'espère que les adultes auront envie d'ouvrir la discutions à ce sujet.

Comme je le dis souvent: Nos jeunes méritent d'avoir une littérature à la hauteur de leur intelligence, de leur besoins et de leur développement, et ils méritent qu'on s'intéresse de très près à cette espèce de dérive relationnelle qu'on observe en littérature sentimentale, qui me semble symptomatique d'un mal social plus profond.


Un énorme merci à cette autrice courageuse et articulée qui met enfin des mots sur un enjeu réel. Elle nous offre un livre bien vulgarisé et solidement soutenu par de nombreuses sources, sur lequel poser les bases de conversations, qui promettent d'être stimulantes et enrichissantes.


Pour un lectorat adolescent, à partir du 1er cycle secondaire, 12-15 ans+
26 reviews
November 23, 2025
Wow mais quel essaie pertinent pour toutes les filles/femmes de ce monde. Je le trouve tellement bien écrit et nous pousse a la réflexion de nos consommations sur la fiction. J’adore tout de ce livre. La féministe en moi est tres heureuse d’avoir lu ce livre. Merci India. Je le recommande a tous de ce pas!
Profile Image for Marie-Helene.
21 reviews1 follower
October 13, 2025
L’essai s’éloigne, à plusieurs moments, un peu trop de l’analyse de la fiction et les références sont parfois très datées pour un public adolescent.
Profile Image for Mélanie Lemire.
32 reviews
October 2, 2025
3,5 ⭐️

Le sujet est pertinent et même essentiel, dans le contexte actuel de la société. Les arguments sont appuyés par beaucoup de données et d’exemples concrets. J’adore les illustrations funky et rétros qui rendent l’ouvrage plus dynamique.

Par contre, le propos gagnerait à être plus concis, plus efficace. Il y a beaucoup de redondances et parfois, on se demande où l’autrice veut en venir avec ses réflexions et questionnements. Aussi, pour un livre destiné surtout aux ados et jeunes adultes, j’ai trouvé le style d’écriture très lourd. Les phrases sont souvent très longues, complexes et la syntaxe parfois boiteuse. Ça rend la lecture plus ardue, moins fluide.
Profile Image for luniverslittérairedemily.
26 reviews1 follower
October 16, 2025
J’ai beaucoup aimé ce livre. J’avais l’impression que ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de livres d’India, donc j’étais très contente de lire son nouveau. Même si je connaissais déjà la plupart des termes à cause de cours féministes à l’université, j’ai quand même appris des choses pendant ma lecture. Et qu’on les connaissent déjà ou non, je crois que ce livre reste très pertinent et important à lire à cause du sujet. Gars comme filles, ados comme adultes, universitaires ou non, on devrait tous le lire. Ce livre est également très beau visuellement à cause des nombreuses couleurs et illustrations présentes tout au long de la lecture. Les ados auront peut-être moins l’impression de lire un essai grâce aux images et auront peut-être plus de facilité à le lire.
Bref, je le recommande fortement!!
Profile Image for petite_opinion.
279 reviews7 followers
Read
October 31, 2025
𝙰 𝚜'𝚎𝚗 𝚊𝚛𝚛𝚊𝚌𝚑𝚎𝚛 𝚕𝚎 𝚌𝚘𝚎𝚞𝚛

Dès que j’ai vu que c'était le nouveau livre d’India Desjardins c'était une certitude que j’allais le lire! C’est un essai féministe, qui ressemble à son autre auvre Mister Big, qui dénonce les personnages féminins et les relations amoureuses dans les oeuvres de fictions. L’auteure apporte une tonne d'éléments très intéressants qui font voir les œuvres d’une nouvelle façon. Un énorme mention spéciale pour le travail éditoriale qui à été fait sur ce livre ! La mise en page et les illustrations sont magnifiques.
Profile Image for Audrey Martel.
381 reviews191 followers
October 19, 2025
3,5 ⭐️

Super essai destiné aux jeunes (secondaire 2 jusqu’à jeunes adultes, je dirais). L’autrice injecte beaucoup de sa personnalité dans le texte ce qui rend la lecture agréable et dynamique, sans négliger le côté fouillé et bien documenté. Si vous avez lu Mister Big et quelques essais féministes vous n’apprendrez peut-être pas grand chose mais pour aborder les enjeux c’est un excellent début !
Profile Image for Mélanie Perron.
32 reviews3 followers
November 4, 2025
Cette lecture m’a permis de raviver ma flamme de féministe. J’ai apprécié les réflexions qu’elle a suscité en moi! Cependant, ce livre est apporté comme un livre pour les ados, mais j’ai trouvé la lecture quand même longue et surtout il y avait des références que je doute que les ados comprendront.
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