Après la conquête romaine, Auguste associe des peuples gaulois établis de part et d’autre de la Seine. Il rassemble ainsi, pour la première fois, les populations qui constituèrent la future Normandie. Très tôt, les routes construites par Rome assurent le lien avec le pouvoir central ainsi que la défense des côtes. Mais la voie romaine permet aussi le développement rural en rattachant les terroirs isolés à la ville. La construction des villes marque d’une manière définitive l’empreinte de Rome : son modèle culturel associant la politique, la religion, les loisirs et les autres aspects de la vie s’est diffusé par leur intermédiaire.
Aux IIIe et IVe siècles, les troubles nés des invasions germaniques mettent à mal l’autorité romaine en dépit de ses mesures de réorganisation et de ses efforts pour utiliser les nouveaux venus. Pièce importante de la Neustrie mérovingienne, la future Normandie est marquée par la christianisation dont le rôle structurant est essentiel tant au niveau des diocèses qu’à celui des paroisses. Au IXe siècle, la région est confrontée à l’expansion bretonne, puis, de plus en plus, à celle des Vikings dont l’installation est officialisée en 911 au profit d’un chef scandinave intégré au monde franc : Rollon.