En fait, j'ai été un peu déçue, car je m'attendais plus à une étude sur la façon dont notre langue est manipulée (au présent) pour tordre le sens des mots et comment cette façon de discourir se répand depuis quelques temps déjà.
Or, Olivier Mannoni dresse un rapide historique sur une vingtaine d'années montrant comment le langage a changé, pas en mieux, au fil des différentes crises. Le discours actuel est trop brièvement parcouru à mon goût. Il faut dire qu'à l'époque où ce livre a été écrit, Trump n'avait pas encore été réélu.
Je m'attendais à ce que ces glissements de langage accompagnent les glissements vers l'extrême-droite de différents pays. Et comment nos propres politiques sont de plus en plus "décomplexés".
Ceci dit, cela reste un livre intéressant voire nécessaire mais plus sous un angle sociologique. Il traite non seulement du langage des politiques, mais également des réseaux sociaux et de l'invasion de soi-disant informations non vérifiées, sans compter une réflexion sur la qualité des émissions populaires. (Et non, je n'écrirai pas le nom de cette personne qui avait promis d'émigrer si Le Pen ne passait pas au pouvoir ! En plus, il ne l'a pas fait, dommage).
Par contre, je suis un peu sceptique vis-à-vis de la croyance de l'auteur que si on se réunissait tous autour d'une table pour discuter avec pondération et arguments, on serait sur la voie d'une solution. Ca me rappelle trop une certaine concertation écologique. Sans compter que pour se réunir autour d'une table et discuter, il faut savoir manier le langage et savoir décoder la novlangue actuelle, ce qui reste à la portée de certains mais pas de tous.