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L'affaire de la rue Transnonain
La France de 1834 est une poudrière. Sourde à la colère du peuple, la monarchie réprime de plus en plus durement les émeutes qui gagnent le pays.
À Paris, au milieu de la nuit du 14 avril, l'armée abat les habitants d'un immeuble situé au 12 de la rue Transnonain. Un repaire d'insurgés ? Les victimes sont pourtant des vieillards, des femmes, des enfants… Une paire de bas gît au fond d'un des lits taché de sang ; ils appartiennent à une fille des rues portée disparue. Elle sait. Le préfet de police lance l'agent Joseph Lutz sur sa trace.
L'Affaire de la rue Transnonain raconte ce que le pouvoir, lorsqu'il est acculé et vacillant, est capable d'accomplir de pire.
Deux cents ans après les faits, Jérôme Chantreau rouvre ce dossier criminel. Il mène l'enquête, redonne vie aux protagonistes de l'un des faits divers les plus tragiques de la capitale et leur rend justice.
À Paris, au milieu de la nuit du 14 avril, l'armée abat les habitants d'un immeuble situé au 12 de la rue Transnonain. Un repaire d'insurgés ? Les victimes sont pourtant des vieillards, des femmes, des enfants… Une paire de bas gît au fond d'un des lits taché de sang ; ils appartiennent à une fille des rues portée disparue. Elle sait. Le préfet de police lance l'agent Joseph Lutz sur sa trace.
L'Affaire de la rue Transnonain raconte ce que le pouvoir, lorsqu'il est acculé et vacillant, est capable d'accomplir de pire.
Deux cents ans après les faits, Jérôme Chantreau rouvre ce dossier criminel. Il mène l'enquête, redonne vie aux protagonistes de l'un des faits divers les plus tragiques de la capitale et leur rend justice.
- GenresFiction
468 pages, Paperback
Published February 5, 2025
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Community Reviews
Displaying 1 - 28 of 28 reviews
July 10, 2025
L’Affaire de la rue Transnonain de Jérôme Chantreau est un ÉNORME coup de cœur dans lequel j’ai été happé du début à la fin. Ce livre est bien plus qu’une reconstitution historique : c’est un roman bouleversant et captivant qui redonne chair à un fait divers oublié tout en nous immergeant dans un Paris des années 1830 incroyablement vivant.
Partant du massacre perpétré dans la nuit du 14 avril 1834 au 12 rue Transnonain (une tuerie organisée par l’armée contre des civils, femmes, enfants et vieillards confondus) Jérôme Chantreau construit une intrigue palpitante, nourrie de documents d’époque et habitée par des personnages spectaculaires. Le texte et le souffle narratif sont si puissants qu’on tourne les pages sans s’en apercevoir, pris entre fresque romanesque et intrigue aux allures de polar tout en découvrant un pan crucial pourtant totalement mis de côté de notre Histoire.
On suit notamment l’enquête de Joseph Lutz, agent du pouvoir au passé trouble, lancé à la recherche d’Annette Vacher, une prostituée évadée du carnage et dernier témoin gênant que l’État souhaite faire taire. Autour de cette traque, l’auteur aborde plusieurs enjeux politiques, sociaux et humains dans un entrelacement qui nous captive. La grande force de ce roman réside justement dans ce tissage entre la fiction et l’Histoire, entre le romanesque et l’archive, sans jamais rien sacrifier à la profondeur ou à la rigueur.
Autre élément qui m’a particulièrement marqué : la richesse sensorielle du Paris que l’on traverse. On vagabonde avec un plaisir immense entre les rues bruyantes et négligées, les faubourgs grouillants de vie et de misère, les bordels, les barricades et les bruits de sabots ou les cris. Tout est incarné et palpable. On y est, dans ce Paris bouillonnant aux côtés des révoltés et des opprimés.
Enfin, c’est aussi un grand roman social, qui nous parle de la condition des femmes, de la prostitution, des prémices de l’émancipation, de la manipulation du pouvoir et de la répression de classe. À travers Annette Vacher, figure féminine forte et bouleversante, Jérôme Chantreau rend hommage à toutes celles qu’on n’entend jamais dans les récits officiels. Il donne la parole aux absents, aux anonymes, aux broyés de l’Histoire.
Comme Daumier en son temps avec sa lithographie glaçante, l’auteur immortalise les victimes de ce massacre, les arrache à l’oubli et au silence imposé par le pouvoir. Ce livre est à la fois une œuvre de mémoire, un thriller historique, un roman d’amour tragique et un pamphlet politique d’une actualité brûlante.
Jérôme Chantreau parvient à nous faire passer de simples lecteurs à témoins d’une tragédie oubliée, indice évident de son talent. Une expérience de lecture grandiose et que je vous recommande chaudement de ressentir également !
Partant du massacre perpétré dans la nuit du 14 avril 1834 au 12 rue Transnonain (une tuerie organisée par l’armée contre des civils, femmes, enfants et vieillards confondus) Jérôme Chantreau construit une intrigue palpitante, nourrie de documents d’époque et habitée par des personnages spectaculaires. Le texte et le souffle narratif sont si puissants qu’on tourne les pages sans s’en apercevoir, pris entre fresque romanesque et intrigue aux allures de polar tout en découvrant un pan crucial pourtant totalement mis de côté de notre Histoire.
On suit notamment l’enquête de Joseph Lutz, agent du pouvoir au passé trouble, lancé à la recherche d’Annette Vacher, une prostituée évadée du carnage et dernier témoin gênant que l’État souhaite faire taire. Autour de cette traque, l’auteur aborde plusieurs enjeux politiques, sociaux et humains dans un entrelacement qui nous captive. La grande force de ce roman réside justement dans ce tissage entre la fiction et l’Histoire, entre le romanesque et l’archive, sans jamais rien sacrifier à la profondeur ou à la rigueur.
Autre élément qui m’a particulièrement marqué : la richesse sensorielle du Paris que l’on traverse. On vagabonde avec un plaisir immense entre les rues bruyantes et négligées, les faubourgs grouillants de vie et de misère, les bordels, les barricades et les bruits de sabots ou les cris. Tout est incarné et palpable. On y est, dans ce Paris bouillonnant aux côtés des révoltés et des opprimés.
Enfin, c’est aussi un grand roman social, qui nous parle de la condition des femmes, de la prostitution, des prémices de l’émancipation, de la manipulation du pouvoir et de la répression de classe. À travers Annette Vacher, figure féminine forte et bouleversante, Jérôme Chantreau rend hommage à toutes celles qu’on n’entend jamais dans les récits officiels. Il donne la parole aux absents, aux anonymes, aux broyés de l’Histoire.
Comme Daumier en son temps avec sa lithographie glaçante, l’auteur immortalise les victimes de ce massacre, les arrache à l’oubli et au silence imposé par le pouvoir. Ce livre est à la fois une œuvre de mémoire, un thriller historique, un roman d’amour tragique et un pamphlet politique d’une actualité brûlante.
Jérôme Chantreau parvient à nous faire passer de simples lecteurs à témoins d’une tragédie oubliée, indice évident de son talent. Une expérience de lecture grandiose et que je vous recommande chaudement de ressentir également !
April 13, 2026
Les romans historiques ont longtemps été mon dada, j'aime me plonger dans notre passé, qui souvent nous renseigne mieux que tout sur ce que nous sommes aujourd'hui, sur nous, les humains. Sur nos similitudes plus que sur nos différences.
L'affaire de la rue Transnonain éclaire une période de l'histoire de France méconnue pour moi, la monarchie de Juillet, et cette période trouble où se mêlent espoirs d'un régime constitutionnel qui promeut la prospérité économique et la réussite, et réalité d'un quotidien d'instabilité, de révoltes, d'inégalités et de maladies.
14 avril 1834, dans un Paris bouillonnant, les forces de l'ordre, qui veulent mater définitivement les insurgés, rentrent au 12 rue de la Transnonain et tuent, presque à bout portant, 12 civils. Aucun d'eux n'est armé. Parmi eux, des femmes et un enfant.
Parmi eux, un jeune, Louis Breffort, jeune artiste peintre qui passait la nuit au bras d'Annette Vacher, prostituée en plus d'être son amoureuse.
Par un miracle, Annette arrive à fuir la scène du massacre, laissant derrière elle ses bas de soie et son médaillon.
C'est à partir de là que Lutz Joseph, policier tourmenté et traînant derrière lui douleurs et souffrances, va enquêter. D'abord pour créditer la version officielle, qui désigne Louis Breffort comme le tueur d'un capitaine et donc principale cause du carnage. Puis pour découvrir la vérité.
Le roman peint une période difficile, dans ce Paris sombre où règnent insécurité, maladie et misère d'avant Haussmann.
Le style est fluide. On y est pleinement... seulement je me dis qu'il doit s'agir d'un pacte secret entre écrivains que de toujours avoir un détective sombre, tourmenté, alcoolique au bon cœur. Ce n'est plus un cliché, c'est un prérequis.
Oui, on a de la tendresse pour ce Lutz qui semble le dernier à chercher la vérité. Mais ce rôle est usé à la corde.
Il y a aussi Annette, flamboyante avec sa chevelure rousse, ses yeux verts et sa beauté qui ne lui porte que malheur.
À travers son malheureux parcours, on fait la connaissance de belles personnes qui ont marqué l'époque.
C'est un roman qui éclaire une époque avec justesse et sensibilité
L'affaire de la rue Transnonain éclaire une période de l'histoire de France méconnue pour moi, la monarchie de Juillet, et cette période trouble où se mêlent espoirs d'un régime constitutionnel qui promeut la prospérité économique et la réussite, et réalité d'un quotidien d'instabilité, de révoltes, d'inégalités et de maladies.
14 avril 1834, dans un Paris bouillonnant, les forces de l'ordre, qui veulent mater définitivement les insurgés, rentrent au 12 rue de la Transnonain et tuent, presque à bout portant, 12 civils. Aucun d'eux n'est armé. Parmi eux, des femmes et un enfant.
Parmi eux, un jeune, Louis Breffort, jeune artiste peintre qui passait la nuit au bras d'Annette Vacher, prostituée en plus d'être son amoureuse.
Par un miracle, Annette arrive à fuir la scène du massacre, laissant derrière elle ses bas de soie et son médaillon.
C'est à partir de là que Lutz Joseph, policier tourmenté et traînant derrière lui douleurs et souffrances, va enquêter. D'abord pour créditer la version officielle, qui désigne Louis Breffort comme le tueur d'un capitaine et donc principale cause du carnage. Puis pour découvrir la vérité.
Le roman peint une période difficile, dans ce Paris sombre où règnent insécurité, maladie et misère d'avant Haussmann.
Le style est fluide. On y est pleinement... seulement je me dis qu'il doit s'agir d'un pacte secret entre écrivains que de toujours avoir un détective sombre, tourmenté, alcoolique au bon cœur. Ce n'est plus un cliché, c'est un prérequis.
Oui, on a de la tendresse pour ce Lutz qui semble le dernier à chercher la vérité. Mais ce rôle est usé à la corde.
Il y a aussi Annette, flamboyante avec sa chevelure rousse, ses yeux verts et sa beauté qui ne lui porte que malheur.
À travers son malheureux parcours, on fait la connaissance de belles personnes qui ont marqué l'époque.
C'est un roman qui éclaire une époque avec justesse et sensibilité
December 7, 2025
Plongée dans le paris de 1830 et l’histoire des petites gens. L’auteur donne vie à ce Paris-la d’une manière grandiose. Une grande aventure qui mélange les genres et ensorcelle le lecteur.
July 9, 2025
D’un fait divers historique, survenu pendant la Monarchie de Juillet, Jérôme Chantreau signe un roman enquête bien ficelé. Dans un Paris bouillonnant et poisseux, la révolte gronde et le 12 de la rue Transnonain devient un exutoire et le lieu d’un massacre. Une reconstitution historique grandiose et trépidante.
February 16, 2026
Des personnages emouvants dans un cadre historique sanglant. a la fois polar, roman historique et par moment poésie sombre.
Il y a même des "protoféministes" qui réclament le droit de vote des femmes un siècle avant qu'il n'advienne.
Il y a même des "protoféministes" qui réclament le droit de vote des femmes un siècle avant qu'il n'advienne.
July 21, 2025
Roman historique mêlant habilement les petites histoires dans la Grande Histoire où j'ai redécouvert les années 1800 à 1850 et le Paris de cette époque. J'ai aimé suivre les (més)aventures d'Annette la prostituée aux cheveux rouges mais également retrouver Thiers, Ledru Rollin, Daumier... C'est à la fois romanesque, politique, féministe. Un excellent moment de lecture.
August 17, 2025
J’ai bien aimé. Interessant cette enquête sur un événement historique. La fin est un peu longue et sort du contexte selon moi… mais on a le dénouement
March 14, 2026
J’ai trouvé ce roman assez fantastique ! 5, c’est peut-être surnoté mais 4 ce n’est pas assez !
Un vrai roman historique dans le Paris insurrectionnel de Louis-Philippe et de Thiers.
Des personnages flamboyants tant la rousse Annette Vacher que le flique Joseph Lutz.
Un moment de l’histoire où ce commet un crime d’Etat. Un crime calculé, froid, méthodique.
Le peuple est superbement campé. L’épisode sur les journalistes féministes et ouvrières est très intéressant et humain.
Je recommande chaleureusement
Un vrai roman historique dans le Paris insurrectionnel de Louis-Philippe et de Thiers.
Des personnages flamboyants tant la rousse Annette Vacher que le flique Joseph Lutz.
Un moment de l’histoire où ce commet un crime d’Etat. Un crime calculé, froid, méthodique.
Le peuple est superbement campé. L’épisode sur les journalistes féministes et ouvrières est très intéressant et humain.
Je recommande chaleureusement
April 21, 2025
Un scandale d’état. Voilà ce qu’aurait dû être l’affaire de la rue Transnonin. Seulement, voilà, 200 plus tard, c’est toujours la version officielle qui est en vigueur et le coupable « idéal », pourtant innocent, toujours pas réhabilité.
Dans ce roman, Jérôme Chantreau exhume un épisode méconnu sombre et méconnu de notre histoire. 1834. Alors que le pays est parcouru de révoltes et combats, que la répression se fait brutale, des insurgés sont repérés au 12 de la rue Transnonin. Parmi eux, un meurtrier, responsable de la mort du lieutenant Rey. Il n’en faut pas plus pour que l’armée attaque et massacre tous ceux qui se trouvent sur son chemin … Vieillards, femme, enfants, ouvriers paisibles. Pas une arme, pas un rebelle. C’est une bavure, mais il n’est pas question que cela se sache, alors on va cacher la vérité, tenter de trouver l’unique témoin embarrassant (une prostituée) et charger un policier de la brigade des mœurs au passé trouble d’apporter les preuves de la version officielle : un tireur embusqué dans cet immeuble est responsable de l’embrasement … et la prostituée qui l’accompagnait, maintenant en fuite, pourrait être sa complice.
Si « L’affaire de la rue Transnonin » dresse un tableau sombre et sans doute réaliste du Paris des bas-fonds et des arcanes du pouvoir de cette première moitié du 19e siècle, il est difficile de s’attacher réellement aux personnages et de se sentir emporter par cette histoire que l’on survole en passant sans cesse d’un point de vue à un autre, dans une désespérance et un misérabilisme qui finissent par lasser. Tout est noir, trop noir. Sale. Nauséabond. Pas une ombre d’espoir. Pas un seul personnage lumineux (ou à la rigueur dans les toutes dernières pages). Pas de héro au sens romanesque. J’aurais sans douté préféré un livre d’histoire politique, une analyse fine et minutieuse des faits, une mise en contexte plus aboutie.
Dans ce roman, Jérôme Chantreau exhume un épisode méconnu sombre et méconnu de notre histoire. 1834. Alors que le pays est parcouru de révoltes et combats, que la répression se fait brutale, des insurgés sont repérés au 12 de la rue Transnonin. Parmi eux, un meurtrier, responsable de la mort du lieutenant Rey. Il n’en faut pas plus pour que l’armée attaque et massacre tous ceux qui se trouvent sur son chemin … Vieillards, femme, enfants, ouvriers paisibles. Pas une arme, pas un rebelle. C’est une bavure, mais il n’est pas question que cela se sache, alors on va cacher la vérité, tenter de trouver l’unique témoin embarrassant (une prostituée) et charger un policier de la brigade des mœurs au passé trouble d’apporter les preuves de la version officielle : un tireur embusqué dans cet immeuble est responsable de l’embrasement … et la prostituée qui l’accompagnait, maintenant en fuite, pourrait être sa complice.
Si « L’affaire de la rue Transnonin » dresse un tableau sombre et sans doute réaliste du Paris des bas-fonds et des arcanes du pouvoir de cette première moitié du 19e siècle, il est difficile de s’attacher réellement aux personnages et de se sentir emporter par cette histoire que l’on survole en passant sans cesse d’un point de vue à un autre, dans une désespérance et un misérabilisme qui finissent par lasser. Tout est noir, trop noir. Sale. Nauséabond. Pas une ombre d’espoir. Pas un seul personnage lumineux (ou à la rigueur dans les toutes dernières pages). Pas de héro au sens romanesque. J’aurais sans douté préféré un livre d’histoire politique, une analyse fine et minutieuse des faits, une mise en contexte plus aboutie.
October 23, 2025
je pensais pas autant accrocher à un livre historique mais c’était trop trop cool
April 14, 2026
+ c’est une très bonne histoire, bien menée et bien construite dont j’ai dévoré les 300 premières pages.
J’ai découvert un évènement historique et des personnages sur qui j’ai envie d’en apprendre plus.
- il y a 100 pages de trop, j’ai fini par me désintéresser
Certains travers de personnages féminins écrits par des hommes auraient pu être évités (description du corps d’Anette et sexualisation de sa relation avec la femme qui la prends sous son aile). C’est dommage surtout avec un texte qui semble vouloir mettre en exergue la naissance de la pensée féministe.
J’ai découvert un évènement historique et des personnages sur qui j’ai envie d’en apprendre plus.
- il y a 100 pages de trop, j’ai fini par me désintéresser
Certains travers de personnages féminins écrits par des hommes auraient pu être évités (description du corps d’Anette et sexualisation de sa relation avec la femme qui la prends sous son aile). C’est dommage surtout avec un texte qui semble vouloir mettre en exergue la naissance de la pensée féministe.
November 30, 2025
Roman inspiré d'un scandale politique du XIX eme siècle, où quand un gouvernement perpètre un massacre pour faire cesser un mouvement de protestation. Le fond est ultra intéressant, la forme m'a moins enthousiasmé.
February 8, 2026
Visite immersive du Paris des années 1830, une ville dont les rues, propices aux barricades ouvrières et aux miasmes putrides, n'ont pas encore été transformées par le baron Haussmann. Dans ce décor à la Jérôme Bosch, Jérôme Chantreau enquête sur le massacre des innocents de la rue Transnonain.
Avec L'affaire de la rue Transnonain, Jérôme Chantreau s'empare d'un fait divers de 1834, une "bavure" sanglante des autorités de l'époque, pour nous plonger dans une période trouble et mal connue de notre histoire.
À l'heure où polices et milices osent s'affranchir de tout contrôle, il n'est peut-être pas inutile de réviser notre histoire, même un peu ancienne.
Le 14 avril 1834, pendant les barricades, un massacre est perpétré par la troupe au « numéro 12 de la rue Transnonain, à l’emplacement de l’actuel 62, rue Beaubourg, à Paris ». Douze habitants sont tués, des commerçants, des artisans, des femmes, des enfants.
« - Vous ne pouviez pas faire ça proprement ? Pourquoi des femmes, des enfants, des vieillards ? [...]
- Il y a des morts, inévitablement. Il faut être un journaliste républicain pour ne pas le comprendre ! »
La période est troublée mais l'événement ne pourra pas être passé sous silence : le célèbre caricaturiste Daumier en tire un dessin, l'avocat Alexandre Ledru-Rollin s'empare de l'affaire, ...
« Ledru-Rollin affirme que Transnonain est un crime d’État. »
« Les républicains vitupèrent. Ils inventent un mot, transnonade, pour dire boucherie, tuerie, massacre. »
« Ces imbéciles du 35e de ligne sont allés jusqu’à tuer une femme et blesser plusieurs enfants. Cela choque l’opinion publique, qui a oublié le prix de la paix. Et voilà qu’avec cette fichue liberté de la presse, nous sommes obligés de nous justifier de nos actes. C’est le monde à l’envers. »
D'autant que cette sanglante "bavure" fait suite à un autre épisode qui s'était déroulé à Lyon très peu de temps auparavant, pendant la révolte des Canuts : le 12 avril 1834, un immeuble de la rue Projetée du quartier de Vaise est investi par la troupe qui fera 16 victimes dont femmes et enfants.
L'époque est agitée : la classe ouvrière revendique des droits et des salaires décents. Les syndicats sont interdits mais les employés se regroupent dans les sections mutualistes de la Société des droits de l’homme, une organisation qui est vite devenue la bête noire des autorités.
Le pouvoir est aux mains des Philippards, l'opposition est républicaine et le roman est traversé de personnalités de l'époque : le sinistre Adolphe Thiers qui n'était encore que ministre et son non moins sinistre homme de main le Général Bugeaud.
« — N’ayez pas d’inquiétude, monsieur. Nous passerons pour des massacreurs, le premier jour, pour des sauveurs, le lendemain. Et c’est à ce prix que vous aurez la paix. »
On croisera également le Père Enfantin et les Saint-Simoniens, ou encore la journaliste féministe Claire Démar, féministe avant l'heure, qui menait « combat à la société, à la propriété bourgeoise, à l’asservissement des femmes » et bien d'autres encore comme cet étonnant Père Louis-Edouard Cestac.
On apercevra même l'ombre d'Eugène-François Vidocq, le célèbre flique aux méthodes quelque peu contestables. Une belle galerie de portraits d'époque !
Pour les besoins de son récit, l'auteur va nous inviter à suivre Annette, une jeune femme, une orpheline, qui vivait tant que bien que mal de prostitution dans les mauvais quartiers de Paris.
« On m’a expliqué que ma mère avait été emportée par la syphilis. Je pensais que c’était le nom d’un bateau. »
Annette fréquentait l'un des habitants de l'immeuble, celui qui, du moins selon la version officielle, est supposé avoir mis leu feu aux poudres en tirant sur les soldats.
Après elle, un flique, « méthode Vidocq », qui est chargé d'enquêter sur cette affaire qui fait beaucoup de bruit et gêne les autorités : l'affaire est plutôt délicate, mais bientôt c'est le flique lui-même qui commence à déranger.
Les bavures policières ou militaires ne datent pas d'aujourd'hui et Jérôme Chantreau nous décrit la situation politique et surtout sociale de l'époque de manière précise, détaillée, très documentée.
Autant dire que le récit est âpre, l'époque est rude et la lecture inconfortable.
D'autant que le bouquin est un peu long et que l'auteur nous raconte tout le parcours des deux personnages principaux, la trop jolie rousse et le flique douteux.
Mais ce livre est également une véritable immersion dans un Paris populaire, miséreux, indigent, où le lecteur devra se boucher le nez pour ne pas respirer « une âcreté toute particulière à Paris où se mêlent le crottin, l’odeur du pain cuit, la viande avariée ». Les rues sont étroites, ce qui est propice aux barricades et aux miasmes pestilentiels, et on commence seulement à découvrir les « trottoirs à l’anglaise » : c'est un Paris qui n'a pas encore été transformé par le baron Haussmann.
C'est une prose très riche au vocabulaire recherché, l'ambiance est parfois sordide, digne d'un tableau de Jheronimus Bosch, et tout cela rappelle un peu le roman 1793 du suédois Niklas Natt och Dag, mais en plus accessible, rassurez-vous.
Avec L'affaire de la rue Transnonain, Jérôme Chantreau s'empare d'un fait divers de 1834, une "bavure" sanglante des autorités de l'époque, pour nous plonger dans une période trouble et mal connue de notre histoire.
À l'heure où polices et milices osent s'affranchir de tout contrôle, il n'est peut-être pas inutile de réviser notre histoire, même un peu ancienne.
Le 14 avril 1834, pendant les barricades, un massacre est perpétré par la troupe au « numéro 12 de la rue Transnonain, à l’emplacement de l’actuel 62, rue Beaubourg, à Paris ». Douze habitants sont tués, des commerçants, des artisans, des femmes, des enfants.
« - Vous ne pouviez pas faire ça proprement ? Pourquoi des femmes, des enfants, des vieillards ? [...]
- Il y a des morts, inévitablement. Il faut être un journaliste républicain pour ne pas le comprendre ! »
La période est troublée mais l'événement ne pourra pas être passé sous silence : le célèbre caricaturiste Daumier en tire un dessin, l'avocat Alexandre Ledru-Rollin s'empare de l'affaire, ...
« Ledru-Rollin affirme que Transnonain est un crime d’État. »
« Les républicains vitupèrent. Ils inventent un mot, transnonade, pour dire boucherie, tuerie, massacre. »
« Ces imbéciles du 35e de ligne sont allés jusqu’à tuer une femme et blesser plusieurs enfants. Cela choque l’opinion publique, qui a oublié le prix de la paix. Et voilà qu’avec cette fichue liberté de la presse, nous sommes obligés de nous justifier de nos actes. C’est le monde à l’envers. »
D'autant que cette sanglante "bavure" fait suite à un autre épisode qui s'était déroulé à Lyon très peu de temps auparavant, pendant la révolte des Canuts : le 12 avril 1834, un immeuble de la rue Projetée du quartier de Vaise est investi par la troupe qui fera 16 victimes dont femmes et enfants.
L'époque est agitée : la classe ouvrière revendique des droits et des salaires décents. Les syndicats sont interdits mais les employés se regroupent dans les sections mutualistes de la Société des droits de l’homme, une organisation qui est vite devenue la bête noire des autorités.
Le pouvoir est aux mains des Philippards, l'opposition est républicaine et le roman est traversé de personnalités de l'époque : le sinistre Adolphe Thiers qui n'était encore que ministre et son non moins sinistre homme de main le Général Bugeaud.
« — N’ayez pas d’inquiétude, monsieur. Nous passerons pour des massacreurs, le premier jour, pour des sauveurs, le lendemain. Et c’est à ce prix que vous aurez la paix. »
On croisera également le Père Enfantin et les Saint-Simoniens, ou encore la journaliste féministe Claire Démar, féministe avant l'heure, qui menait « combat à la société, à la propriété bourgeoise, à l’asservissement des femmes » et bien d'autres encore comme cet étonnant Père Louis-Edouard Cestac.
On apercevra même l'ombre d'Eugène-François Vidocq, le célèbre flique aux méthodes quelque peu contestables. Une belle galerie de portraits d'époque !
Pour les besoins de son récit, l'auteur va nous inviter à suivre Annette, une jeune femme, une orpheline, qui vivait tant que bien que mal de prostitution dans les mauvais quartiers de Paris.
« On m’a expliqué que ma mère avait été emportée par la syphilis. Je pensais que c’était le nom d’un bateau. »
Annette fréquentait l'un des habitants de l'immeuble, celui qui, du moins selon la version officielle, est supposé avoir mis leu feu aux poudres en tirant sur les soldats.
Après elle, un flique, « méthode Vidocq », qui est chargé d'enquêter sur cette affaire qui fait beaucoup de bruit et gêne les autorités : l'affaire est plutôt délicate, mais bientôt c'est le flique lui-même qui commence à déranger.
Les bavures policières ou militaires ne datent pas d'aujourd'hui et Jérôme Chantreau nous décrit la situation politique et surtout sociale de l'époque de manière précise, détaillée, très documentée.
Autant dire que le récit est âpre, l'époque est rude et la lecture inconfortable.
D'autant que le bouquin est un peu long et que l'auteur nous raconte tout le parcours des deux personnages principaux, la trop jolie rousse et le flique douteux.
Mais ce livre est également une véritable immersion dans un Paris populaire, miséreux, indigent, où le lecteur devra se boucher le nez pour ne pas respirer « une âcreté toute particulière à Paris où se mêlent le crottin, l’odeur du pain cuit, la viande avariée ». Les rues sont étroites, ce qui est propice aux barricades et aux miasmes pestilentiels, et on commence seulement à découvrir les « trottoirs à l’anglaise » : c'est un Paris qui n'a pas encore été transformé par le baron Haussmann.
C'est une prose très riche au vocabulaire recherché, l'ambiance est parfois sordide, digne d'un tableau de Jheronimus Bosch, et tout cela rappelle un peu le roman 1793 du suédois Niklas Natt och Dag, mais en plus accessible, rassurez-vous.
October 1, 2025
Le samedi 12 avril 1834, une émeute est réprimée dans le sang par le gouvernement Thiers. Mais déjà, à Paris, les sociétés secrètes, Robespierre, Babeuf, Aide-toi-le-ciel-t’aidera, Mort-au-tyran … s’organisent. Elles sont toutes plus ou moins liées à la Société des Droits de l’Homme. Dans le secret de leur cabinet, Adolphe Thiers et le général Bugeaud s’interrogent sur la meilleure façon d’endiguer la furia populaire. Le 14 avril, des barricades se dressent. Dans le quartier de Beaubourg, les incidents se multiplient. Au pied d’un immeuble de la rue Transnonain, un officier, le capitaine Rey, est tué d’un coup de fusil qui serait parti du cinquième étage du numéro 12. C’est le signal de la curée. Le 35ème de ligne part à l’assaut. Il ne fera pas de quartier, tirant à vue sur tous les locataires. On relèvera douze morts. Seuls les locataires du troisième étage où est installé un théâtre sont mystérieusement épargnés. L’ampleur de la tuerie secoue l’opinion publique. La sidération est totale.
Nous suivons cette enquête aux travers des yeux de Lutz, un policier qui doit faire de nouveau ses preuves, mais qui doutent de la véracité des dires des soldats. Nous avons le point de vue du détective et de Anette, nous comprenons petit à petit le "cover-up" de cette enquête et l'important, au travers des yeux de Thiers, de la faire disparaître.
Nous suivons cette enquête aux travers des yeux de Lutz, un policier qui doit faire de nouveau ses preuves, mais qui doutent de la véracité des dires des soldats. Nous avons le point de vue du détective et de Anette, nous comprenons petit à petit le "cover-up" de cette enquête et l'important, au travers des yeux de Thiers, de la faire disparaître.
May 15, 2025
Fiction - Sélection de Mars - Grand Prix des Lectrices Elle 2025 🏆
« L’affaire de la rue Transnonain » est un récit historique parfaitement documenté mêlé à la fiction.
L’auteur nous offre ici un regard sur ce dossier criminel datant de 1834 où un massacre a eu lieu au 12 rue Transnonain à Paris. Un massacre de civils perpétré par les soldats de Louis-Philippe lors du mouvement populaire du 14 avril.
Par ce roman, Jérôme Chantreau ne se contente pas d’une simple reconstitution historique, il fait revivre les victimes, met en avant les complots politiques, le tout dans une ambiance de roman policier. Parce que ce livre est également une enquête sur la destinée tragique des victimes de la rue Transnonain, mettant en avant des personnages marquants dont nous suivons la fuite pour tenter de survivre et d’échapper aux manipulations et aux enjeux politiques dont ils ignorent tout.
Un roman dense et instructif qui m’a permis d’en apprendre davantage sur cette partie de l’histoire. Mais aussi un roman émouvant et haletant qui redonne un vécu et une voix aux victimes oubliées.
💬 « Je remonte mes quatre étages. Les murs se taisent et les esprits s’estompent. Moi, je m’entête à refuser le triomphe du présent. »
« L’affaire de la rue Transnonain » est un récit historique parfaitement documenté mêlé à la fiction.
L’auteur nous offre ici un regard sur ce dossier criminel datant de 1834 où un massacre a eu lieu au 12 rue Transnonain à Paris. Un massacre de civils perpétré par les soldats de Louis-Philippe lors du mouvement populaire du 14 avril.
Par ce roman, Jérôme Chantreau ne se contente pas d’une simple reconstitution historique, il fait revivre les victimes, met en avant les complots politiques, le tout dans une ambiance de roman policier. Parce que ce livre est également une enquête sur la destinée tragique des victimes de la rue Transnonain, mettant en avant des personnages marquants dont nous suivons la fuite pour tenter de survivre et d’échapper aux manipulations et aux enjeux politiques dont ils ignorent tout.
Un roman dense et instructif qui m’a permis d’en apprendre davantage sur cette partie de l’histoire. Mais aussi un roman émouvant et haletant qui redonne un vécu et une voix aux victimes oubliées.
💬 « Je remonte mes quatre étages. Les murs se taisent et les esprits s’estompent. Moi, je m’entête à refuser le triomphe du présent. »
August 21, 2025
J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman historique !
moi qui ne suit pourtant pas une grande habituée ... Jérôme chantreau nous plonge dans le paris du 19e siècle,en 1834 lors de la monarchie de juillet.
il réhabilite une ancienne affaire,la tuerie de la rue transnonain orchestre par l armée, une bévue qu ils ont souhaité cache pour ne pas tenir le gouvernement en place...
tous les moyens sont bons..et pourquoi pas faire porter le chapeau à un habitant de l immeuble, jeune, artiste ..ça peut sentir la rébellion...
chantreau nous décline avec détails, les rues de Paris,le mouvement hygiéniste en pleine essor, la prostitution qui gangrène dans ces bas fonds... on a le sentiment d y être...
happe de A à Z dans cette lecture, on a du mal à décrocher...
Merci a ce monsieur d avoir remis en lumière ce fait divers...
moi qui ne suit pourtant pas une grande habituée ... Jérôme chantreau nous plonge dans le paris du 19e siècle,en 1834 lors de la monarchie de juillet.
il réhabilite une ancienne affaire,la tuerie de la rue transnonain orchestre par l armée, une bévue qu ils ont souhaité cache pour ne pas tenir le gouvernement en place...
tous les moyens sont bons..et pourquoi pas faire porter le chapeau à un habitant de l immeuble, jeune, artiste ..ça peut sentir la rébellion...
chantreau nous décline avec détails, les rues de Paris,le mouvement hygiéniste en pleine essor, la prostitution qui gangrène dans ces bas fonds... on a le sentiment d y être...
happe de A à Z dans cette lecture, on a du mal à décrocher...
Merci a ce monsieur d avoir remis en lumière ce fait divers...
February 26, 2026
Style précis, presque froid et très documenté qui plonge le lecteur dans cette période troublée de la France pendant laquelle les insurrections sont brutalement "matées" par le gouvernement de Thiers.
On va suivre Joseph Lutz, un "flique" en quête de la vérité sur le massacre de la rue Transnonain et Annette Vacher, prostituée, rescapée du massacre...
On va suivre Joseph Lutz, un "flique" en quête de la vérité sur le massacre de la rue Transnonain et Annette Vacher, prostituée, rescapée du massacre...
November 13, 2025
Un roman immersif qui vous fait revivre la France de la monarchie de Juillet, ses révoltés misereux et courageux, des femmes exploitées et courageuses, ses politiques commettant des crimes d'état pour que rien ne change. Superbe !Lisez
May 28, 2026
Une bonne lecture mêlant historique et fiction, j'ai bien aimé toute l'enquête sur ce massacre dans un immeuble et les deux points de vues. Mais, il y a manqué des explications historiques vers la fin et les sauts dans le temps.
May 30, 2026
On souligne un bon travail de recherche bibliographique et historique.
On note de très grosses ficelles narratives pour faire tenir une trame branlante.
On regrette cet épilogue absolument longuissime.
N'est pas Zola qui veut.
On note de très grosses ficelles narratives pour faire tenir une trame branlante.
On regrette cet épilogue absolument longuissime.
N'est pas Zola qui veut.
July 29, 2025
Trop fort
August 23, 2025
J’en attendais sûrement trop (merci l’influence littéraire). J’ai été déçue. Mais j’en sors moins ignorante de cette partie de l’histoire de France 😇
December 27, 2025
Amazing book, loved the way it was written. We are really brought into the story and it is nice to envision Paris in the 1800s.
January 16, 2026
Une vision de la politique du 19eme et du Paris de la même époque.
March 10, 2026
Cela commence très bien, et c'est un sujet prometteur, mais j'ai trouvé la suite un peu longue et un peu décousue. Dommage.
September 3, 2026
j'ai pris du temps à le finir mais un banger qui bang !!!!!!!!!!
September 28, 2026
Tom et Jerry au 18eme siècle
October 4, 2025
Ce livre m'a permis de découvrir un fait historique que j'ignorais totalement, et de prendre conscience ce qu 'un pouvoir vacillant est capable de faire pour ce maintenir en place. Sujet toujours d'actualité. C'est tout de même parfois un peu sanguinolant......
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