Alain Peyrefitte a eu, entre 1959 et 1969, quelque 300 entretiens en tête à tête avec le général de Gaulle. Auxquels s'ajoutent les conseils des ministres, les conseils restreints, les rencontres avec des chefs d'État ou de gouvernement étrangers.Pendant toute cette période, il a pris des notes au jour le jour, avec l'accord du Général. Ces notes, ce sont essentiellement les propos tenus par le Général, scrupuleusement recueillis, dans l'intention de les soustraire à l'oubli, en respectant non seulement leur teneur, mais aussi le style et le ton des dialogues. La transcription fidèle de ces notes, classées thématiquement pour la publication, produit un effet saisissant : le lecteur voit surgir et retrouve dans toute l'intensité de sa présence le personnage exceptionnel que fut de Gaulle.Peyrefitte nous introduit dans l'intimité du Général que nous écoutons penser tout haut. C'est un de Gaulle en liberté, qui va beaucoup plus loin que dans ses textes officiels et s'exprime avec une familiarité et une franchise surprenantes.Par la richesse et la diversité des révélations qu'il apporte, et le portrait intellectuel et moral qui s'en dégage, ce volume constitue un témoignage capital sur celui qui compte parmi les derniers héros et les grands mythes de l'histoire nationale.
He was a confidant of Charles De Gaulle and had a long career in public service, serving as a diplomat in Germany and Poland.
He was Minister of Information from 1962 to 1966, establishing the rules of presidential debates between the two electoral rounds.
He served as Minister of Justice from 1977 to 1981, and was involved in the affair surrounding the mysterious death of Robert Boulin in 1979.
He became a member of the Académie française in 1977.
He wrote The Immobile Empire, and Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera.
Outside France he is probably best known for his book Le Mal Français (translated as The Trouble with France), which addresses the question of whether there is something unique to the French character that has caused some of the country's peculiar recurring problems. The book places his own observations and experiences as a journalist and government minister inside a panoramic view of French and European history from the medieval to the modern era.
Upon his death in 1999 he was honored by burial in Les Invalides which also houses the tomb of Napoleon and other revered national leaders.
Un livre absolument indispensable amha. Bien sûr le monde a radicalement changé mais la leçon politique reste. C’était un monde de géants. De Gaulle bien sûr, mais aussi Pompidou, Giscard, Couve de Murville, Edgar Faure, Peyrefitte même. Tous font montre d’une intelligence politique et d’un sens de l’Etat qui a disparu depuis. De Gaulle, on ne le dit pas assez, était un monstre d’intelligence. Après 15 jours à lire du droit constitutionnel, il sait exactement quelle Constitution il souhaite. Après quelques semaines à la lecture de traités d’économie, Jacques Rueff constate qu’il a trouvé son maître en la matière. Sa prescience en matière de politique internationale est à couper le souffle. Il ne croit pas à la pérennité de l’URSS. 30 ans avant, il la voit s’effondrer, l’Allemagne se réunifier, 60 ans avant il prévoit la guerre actuelle entre Russie et Ukraine, 100 ans avant, alors que la Chine est misérable, il voit en elle le pays dominant du 21ème siècle. 10 ans exactement avant le retrait piteux des Américains du Vietnam, il prévoit que dans 10 ans l’Amérique se retirera piteusement du Vietnam, alors qu’au même moment Raymond Aron pensait que l’Amérique ne pouvait que gagner cette guerre. Quant à l’OTAN, il sait que les Américains ne risqueraient pas une menace nucléaire stratégique de leur territoire. Des bombes atomiques tactiques, oui, mais ce sont les villes européennes qui en feraient les frais. Il faut donc une force de dissuasion française, bombe A puis bombe H, qu’il réclame urgemment au CEA, pensant que ses successeurs n’oseront pas braver « les criailleries des Anglo-Saxons, des communistes, des vieilles filles et des curés » (sic). Elle explosera finalement à la date souhaitée par le Général, en août 1968. En matière d’innovations technologiques, il n’a pas l’idée qu’elles puissent commencer dans un garage, comme les Américains. Elles naissent en réunissant des Polytechniciens autour d’un projet impulsé par l’Etat. Ce qui a fait de la France comme disait malicieusement un ministre allemand « le pays des prototypes ». Ce qui est amusant aussi dans ces dialogues privés, c’est de voir ce que de Gaulle pense de ses adversaires politiques. Pour lui, il ne reste que deux passions politiques à son époque, une passion d’extrême droite, alors plutôt discrète, et la passion marxiste. Il est bien sûr farouchement opposé aux communistes mais ce sont les seuls ennemis politiques sérieux à ses yeux. Les démocrates-chrétiens, les syndicalistes chrétiens : « des enfants de cœur qui ont bu le vin des burettes », les sociaux-démocrates : de sympathiques naïfs qui croient en des choses comme l’Homme et la Justice, Mitterrand : une arsouille. Il ne croit que dans les Nations comme leviers politiques mais il est plutôt, contrairement à ce qu’on pense, favorable à l’Europe. « Je suis le seul véritable Européen », dit-il souvent, tous les autres construisent l’Europe avec des arrière-pensées non-européennes. Mais il est favorable bien sûr à une Europe des nations, rien ne le révulse plus qu’une Europe technocratique faite dans le dos des peuples comme le souhaitait Monnet. Autre sujet d’étonnement pour moi, Il déteste « la bourgeoisie », qu’il voit comme prête à tous les compromis pour continuer de pouvoir « aller dîner en ville », la bourgeoisie des affaires, celle qui lit le Figaro, mais aussi la bourgeoisie intellectuelle, celle qui lit le Monde. « Les deux font la paire » dit-il. Il ne croit que dans « le populo ». Son divorce avec le monde intellectuel est consommé lors d’une visite à Normale Sup où des élèves refusent de lui serrer la main. On saura quarante ans plus tard que c’était un coup monté de la cellule communiste de l’Ecole, qui voyait en de Gaulle un général putschiste. Tout en voyant en Staline un bienfaiteur de l‘humanité (« il nous reste heureusement ses livres » dira un de ces normaliens communistes à la mort du Petit Père des Peuples). Quelques ombres au tableau à mes yeux. Il a des lubies, exemple : l’indépendance du Québec. Le « vive le Québec libre » rend Couve de Murville vert de rage et Pompidou goguenard. Autre exemple : la « participation », qui lui parait une solution à l’antagonisme capitalisme-communisme, en réalité une chimère… Il n’aime pas la République pour elle-même et est plutôt monarchiste. Il aurait bien vu le comte de Paris lui succéder, s’il avait eu un peu plus d’épaisseur personnelle. Cela dit, paradoxalement, il a été sans doute le plus républicain des présidents de la Vème. Sur le plan des mœurs, comme on disait alors, il est d’un autre siècle. Il ne veut pas entendre parler de contraception (la « pilule », le « birthcontrol »), s’inquiète du déclin démographique du pays, et défend la nécessité des grossesses non désirées. « Nous n’allons pas sacrifier la France à la bagatelle » disait-il. Il autorisera la vente de la pilule (loi Neuwirth) la mort dans l’âme. Au total, j’ai lu ces 2000 pages sans m’ennuyer un seul instant.
Peyrefitte présente ici de Gaulle à travers un ensemble de phrases et de formules. L'ouvrage couvre la période de son retour aux affaires de 1958 à 1969 et diverses thématiques. J'ai particulièrement apprécié les passages à propos du Québec et de la souveraineté.
I loved every little bit of it. Of course, again, I'm not objective because, you know. De Gaulle IS a funny man. And sometimes a dick. And it's funny to read, because of all the dickish debates. Loved. IT.