Il n’existe aucun mot dans la langue française pour désigner la fratrie au féminin. Un oubli dont on peut aisément déterminer les causes : une fratrie uniquement composée de filles a longtemps été considérée comme un échec dans nos sociétés où la descendance passe par les fils. Pourtant, des Petites filles modèles à Kate et Pippa Middleton, de Simone et Hélène de Beauvoir à Venus et Serena Williams, des sept Pléiades antiques aux sœurs Halliwell de Charmed, les exemples héroïques et ordinaires sont nombreux. Sœurs rivales, complices ou sorcières : ce livre nous plonge dans un univers familier et mystérieux, plus politique qu’on ne le pense, où l’on entrevoit les prémices de la solidarité féminine. Par cette traversée à la fois intime et universelle, Blanche Leridon, elle-même cadette d’une fratrie de filles, explore un impensé du féminisme et se livre à une passionnante archéologie de la sororité. Essayiste, directrice éditoriale d’un think tank et enseignante à Sciences Po, Blanche Leridon s’intéresse aux liens entre quotidien, intimité et politique.
J’ai eu beaucoup de mal à finir ce livre, le style est très lourd (elle raconte sa vie et fait des digressions à n’en plus finir), j’y ai lu beaucoup (beaucoup) de paraphrase et trop de citations pas sourcées. Je salue tout de même l’intérêt porté au sujet des soeurs, mais je pense que cette lecture n’était pas pour moi dans la mesure où j’attendais quelque chose de plus académique
"Grandir contenait pour moi une formidable promesse: celle de sortir du cercle de l'autorité et de la contrainte pour embrasser celui de l'initiative et du choix. Cette promesse m'a permis, en «vieillissant, d'acquérir une certaine maîtrise de ma vie sociale, de réussir à ne plus me forcer à faire quoi que ce soit dans ce domaine."
"Il y a quelque part [•••]cette pression sociale qui bannit subrepticement toutes les femmes qui osent emprunter d'autres voies que celles de la famille et du mariage. Profonde hypocrisie d'une société qui se prévaut de modernité et de progressisme, mais est si réticente à évoluer dès qu'il s'agit des schémas familiaux."
Intéressant comme thème, mais j'ai trouvé que c'était pas très profond (et en même temps je suis pas sûre qu'il y ait matière à aller plus loin). Il y a des passages chouettes et relatable pour moi (relation entre soeurs à l'âge adulte) et j'en tire quand même quelques idées de lectures pour creuser des sujets connexes. Par contre l'autrice recycle les 3 mêmes références pdt tout le livre on a l'impression de tourner en rond c'est relou (et j'ai jamais vu Charmed donc je captais pas trop la ref grrrr). Bref c'est pas naze mais pas non plus un livre que je recommanderais
Contente de lire enfin un livre essai contemporain et innovant en français. Et encore plus contente que son thème principal soit un sujet féminin qui me concerne, sur un des liens les plus forts qui existent mais dont on ne parle pas encore beaucoup (même si je sens que le sujet devient de plus en plus traité). Très intéressant, les références sont diverses et choisi avec originalité mais pertinence.
Les fratries féminines ont toujours été l'un de mes grands rêves d'enfance : une maison remplie de femmes vivant en harmonie, à l'image des sœurs March. C'est pourquoi ce livre m'a immédiatement attirée.
À travers différentes figures de la culture populaire, allant de Jane Austen, des sœurs Brontë, de Simone de Beauvoir, de Virginia Woolf, des sœurs de la série Charmed jusqu’à La Reine des neiges, l'autrice nous montre comment l'image des sœurs s'est formée dans notre imaginaire collectif. Elle mêle ce parcours à sa propre expérience, étant elle-même membre d'une sororité de trois, et à sa passion pour la série Charmed.
La manière dont le texte est construit me rappelle les livres de Mona Chollet, et c'est précisément cette approche qui me convient moins. Je suis très cartésienne et théorique, ma formation scientifique m'y pousse, et cette méthode plus légère, fondée sur les souvenirs et références culturelles, me déstabilise un peu.
Toutefois, l'autrice m'a transmis un message important : l'amour entre femmes, qu'elles soient sœurs de sang ou non, est un pilier fondamental de la lutte contre un monde principalement masculin.
2.75 autant j'ai bien aimé la première partie mais par la suite je trouve qu'il se perd un peu. Avec des exemples redondants et de digressions qui n'apportent pas grand chose. malgré tout, la première partie est très intéressante
J'ai beaucoup aimé cette réflexion sur la "sororité" étayée de références très variées. Je remercie ma propre sœur de m'avoir prêté ce livre. Ce n'est peut-être pas un hasard...
Malgré quelques arguments solides et intéressants, quelques fulgurances dans l'articulation des références, c'est un peu une déception. Déjà, c'est un essai qui aurait pu être bien plus court, tant il est truffé de répétitions à foison dans son propos. Il aurait fallu changer le plan, faire des choix de regroupements plus cohérents entre les idées, et couper toutes les répétitions inutiles entre les introductions de chapitre et l'intérieur de ceux-ci ainsi qu'entre les chapitres eux-mêmes. On dirait presque une volonté de gratter des pages ...Ensuite, les références ne sont pas toujours très bien exploitées. L'autrice parle énormément d'elle et de sa vie, ça n'est pas dérangeant en soi mais ça devient juste long et pas nécessairement utile. En fait, on dirait une tentative un peu ratée de faire du Mona Chollet. Après quelques petites recherches sur l'autrice, je suis un peu agacée de voir qu'elle travaille pour la fondation Montaigne, donc bon le vernis féministe qu'elle essaie de donner à son bouquin est bien pauvre face aux idées qu'elle défend par ailleurs dans son taff quoi. Il y a néanmoins quelques idées intéressantes encore une fois, ce n'est pas un livre complètement raté ou vraiment mauvais, d'autant que le sujet est intéressant. Mais ça ne vaut ni le prix, ni 225 pages. Bref, ça a aurait pu être bien mieux exécuté.
Grande déception. Le sujet promettait beaucoup, mais la réalisation est décousue. L’ensemble manque de méthode tant dans le traitement des sources que dans la structure argumentative. La dimension subjective est un peu trop présente à mon goût. L’autrice digresse dans ses souvenirs et ses ressentis, les utilisant même pour conclure certains chapitres. Tout est effleuré ou tiré en longueur sans arguments de fond. C’est dommage, car le projet de l’ouvrage semblait passionnant.
Le livre à acheter quand on a des soeurs. Intéressant, original, facile à lire et parfois vraiment surprenant. Par exemple, j'ai aimé le beau parallèle entre la toile tissée dans la mythologie grecque par Procné pour faire comprendre à sa soeur le viol infligé par son mari - et le web, sur lequel le #metoo avait été lancé, par deux femmes qui avaient été soeurs dans une série des années 90 (Rose Mc Gowan et Alyssa Milano). Brillant.
Il y a une profonde joie aussi, de reconnaître les références culturelles qui unissent toutes les soeurs: les filles modèles (mon premier livre!), les soeurs March etc. Je trouvé l'autrice un peu injuste avec les Petites Filles Modèles justement. Parce que certes elles sont nianian à nos yeux d'adultes, mais le profond lien d'amitié qui les lie (elles ne cessent de se répéter mutuellement à quel point elles s'aiment, à quel point elles se trouvent gentilles etc) est une source de grand réconfort pour les enfants. Le livre nous montre des soeurs qui s'aiment et c'est très fort comme exemple. La méchante soeur n'est pas Sophie, selon moi, mais le personnage d'un autre livre moins connu de la Comtesse, à savoir dans "Quel amour d'enfant", la petite Gisèle, hyper gâtée, qui martyrise les petites filles modèles et se montre vraiment méchante. Sophie n'est pas méchante, elle est juste très malheureuse (battue par sa belle-mère, orpheline) ce que les petites filles modèles comprennent bien. C'est très moderne de montrer qu'une éducation aimante donne des enfants aimants et l'inverse aussi.
J'avais deux remarques: Virgin Suicides est d'abord un roman de Eugenides (le film de Coppola en est l'adaptation). Le roman est raconté par un groupe de voisins masculins (le narrateur au "nous" est très intéressant, parfaitement original) tous amoureux des soeurs et qui tentent d'élucider leur mystère, avec leur regard de garçons. Par ailleurs, Eugenides raconte dans sa préface (où il cite aussi Virginia Woolf) que l'histoire lui a été inspirée par la babysitteuse du bébé de sa soeur. Elle lui avait confié qu'elle et ses soeurs avaient toutes fait des tentatives de suicide, "parce qu'elles subissaient tellement de pression".
Autre remarque: les soeurs Erynies dans la mythologie sont d'abord la personnification des remords qui nous poursuivent après un crime. Mais leur pendant positif, les Euménides, existent aussi (les bienveillantes) - notre professeur de latin nous expliquait qu'il s'agissait d'apaiser les Erynies (nos remords) en le apprivoisant, de manière à les transformer en Euménides (bienveillantes). Il faudrait que je vérifie ce mythe. Mais il me parlait quand j'étais ado: l'idée qu'il faut se réconcilier avec sa culpabilité, en quelque sorte.
Enfin, le dernier point qui m'a plu est le premier qu'elle expose, à savoir qu'il ne pourrait y avoir de sororité, sans rétablir la première étape dont le mot manque: la "sororie" (tiens mon auto-correct n'accepte pas ce néologisme), qui est le pendant de "fratrie". Les groupes de soeurs ont longtemps été considérés comme un vrai problème pour les parents, pour des raisons économiques surtout. Or, dit Blanche Leridon: comment pourrait-on favoriser un sentiment d'unité entre les soeurs, alors qu'on leur demande de sortir du groupe en se mariant au plus vite, pour alléger le poids qu'elles représentent?
J'aime ce genre d'essais, pas tout à fait académiques, bourrés de bonnes idées et de pistes de réflexion qui emmènent les lectrices sur d'autres chemins.
Il est intéressant de se pencher sur le thème des sœurs et de l’aborder sous un angle historique, ce qui apporte une profondeur certaine à l’analyse. Cependant, j’ai parfois trouvé que l’ouvrage accordait une place excessive au point de vue personnel de l’autrice, ce qui m’a empêchée de pleinement adhérer à certains des modèles qu’elle propose. Ces derniers m’ont semblé parfois un peu caricaturaux. Même si l’apport historique est essentiel, une partie de l’analyse m’a semblé déjà datée pour 2024, ce qui limite l’impact de l’ouvrage sur le sujet aujourd’hui. Cela dit, j’ai apprécié que le dernier chapitre et que l’utilisation de certains exemples de la pop culture offre une vision plus actuelle et nuancée de la représentation des sœurs aujourd’hui.
Un essai très documenté et bourré de références passées et actuelles.
Au travers de la notion de sœurs, l'autrice analyse ce que cette dernière signifie dans nos sociétés actuelles et ce qu'elle a pu signifier par la passé.
Via des exemples réels ou fictifs, l'autrice montre comment l'image des sœurs à été sources d'idées reçues tout au long des époques, mais aussi la force qui s'en dégage.
Les sœurs, plus elles sont nombreuses, plus elles sont dangereuses. Quand elles sont deux, elles sont mises en compétition, toujours comparées. La sororité et l’absence du terme pour décrire une fratrie au féminin, tout cela est décliné dans cet essai, expliqué aussi avec énormément de références culturelles
« Les jeunes spectatrices âgées de quatre à seize ans en 2013 ont entre huit et vingt ans en 2017. Elles ont entre quinze et vingt-sept ans aujourd'hui. [...] J'aime à penser que leur génération est celle d'une sororité spontanée. [...] La sororité, pour cette génération, n'est plus un obscur barbarisme mais un nom commun familier. »
Très intéressant. Discours féministe pas nécessairement nouveau, mais sous un angle que j'ai trouvé original, soit les "fratries" de soeurs dans l'histoire. Bien nuancé aussi, j'apprécie toujours! Mon seul bémol, c'est que mon intérêt diminuait à chaque fois que l'autrice parlait de sœurs que je ne connais pas, comme si le manque de référence m'empêchait de suivre les propos...
Entre un cadre conceptuel qui alterne entre absent, flou et mal maîtrisé, une ignorance délibérée des paramètres de classe et de race ou encore de la notion qui aurait pourtant pu être fort utile de male gaze, une fascination malvenue pour l'abuseuse Beauvoir, un manque de rigueur au point que même le Bechdel Test n'est pas expliqué correctement... aucun intérêt.
L'essaie est franchement intéressant, mais j'ai était plus transporter par les précédant que j'ai lu. C'est une superbe analyse pour tout les éléments de la pop culture et linguistique. Le message feministe de fond est solide mais je souhaiter quelque choses de plus pousser.