À vingt et un ans, épuisée après des années de lutte contre la maladie, Déborah doit interrompre ses études. Elle retourne vivre chez son père où elle fait face à une extrême précarité. Elle décide alors de devenir camgirl.
Mais très vite, cette activité ne suffit pas pour survivre financièrement. Elle sort de l'écran et devient escort puis dominatrice.
Alors que la parole des travailleuses du sexe reste un angle mort de la pensée post-MeToo, Déborah Costes dit ce qui ne se raconte pas: le travail du sexe dans toute sa complexité, la honte et le tabou imposés par les regards extérieurs, les clients que cette culture du silence protège, la famille négligente, le père qui sait et profite de ses revenus.
En exorcisant les clichés et les fantasmes qui entourent la figure de la prostituée, Déborah Costes nous tend un puissant miroir où se reflètent les rapports de domination à l'œuvre dans une société patriarcale.
Texte très fort sur la reprise de soi, de son corps, sur la réappropriation de son statut de tds, mais je n'ai pas accroché à l'écriture et j'ai du mal avec le trop brut (alors que j'aurai dû m'y attendre). J'aurais aimé aussi que cette notion de se réapproprier son corps, face à la dissociation liée à la précarité, à la maladie telle que décrit au début du texte, soit davantage conclue et présente à la fin du roman. Ça reste un bon premier texte pour autant et riche dans la réflexion qu'il apporte sur le TDS, sur la levée du stigmate et du passage de "prostitution" au début de texte au "TDS"...
Texte très fort et très violent sur la précarité, les maladies non reconnues (mentales, endométriose) et le travail du sexe. L'autrice se livre sans embages sur sa vie et son travail. Impudique certes, mais est-ce que les hommes qui contactent des prostituées le sont, pudiques ? Est-ce que les curieux qui veulent toujours en savoir plus sur sa vie le sont, pudiques ? Est ce que sa propre famille qui sait mais n'aide pas l'est, pudique?
Évidemment ça dérange, c'est comme un kist sur le coin du nez que tout le monde voit mais tente d'éviter, on détourne le regarde, on ne le mentionne pas et pourtant on est en boucle dessus. La négation de soi à son paroxysme pour y arriver, à Reprendre corps.
"Je peux aimer baiser et être une pute aui n'aime pas baiser avec ses clients, ces deux réalités peuvent exister en même temps, et l'une n'empêche ni n'explique l'autre"
La experiencia de lectura de este libro no fue tan satisfactoria, más por el estilo de escritura que por el contenido. Toca temas super relevantes y polémicos, pero tal vez la forma de abordarlos me pareció densa y monótona.
J’ai eu l’impression de revivre les émotions qui m’avaient traversé en découvrant Despentes il y a plusieurs années.
L’autrice raconte le travail du sexe, la précarité et la maladie à travers une plume percutante et tellement humaine.
Les mots claquent, frappent, sortent du cœur et insufflent tellement de force et de profondeur à l’histoire de celle qui les écrits.
C’est plein de complexité, de contradictions, d’interrogations, de reflets. Ça dénonce, ça fourre le doigt là où ça fait mal, ça soulève et ça interroge. Quel livre, bordel !
Absolument et irrémédiablement un immanquable de la rentrée littéraire 2024.
Quelle claque. Quelle prouesse. C’est juste magistral. Merci mille fois pour ce texte, Déborah Costes.
Dsl j'ai vraiment pas aimé de ouf ?? Le sujet est important, mais la magie n'a pas opéré. Peut-être que c'est le style. En tout cas je n'ai pas vraiment compris tout le foin autour, mis à part la thématique féministe. Aussi, j'ai l'impression que la plupart de ceux qui ont aimé ce texte et le chantent sur tous les toits sont des hommes, ce qui personnellement me met un peu mal à l'aise. Dommage.
Je l’ai tout simplement dévoré !!!! l’écriture est très très dur et forte j’ai beaucoup aimé. Je pense que c’est un bouquin qui peut être éducatif pour beaucoup de personnes et qui méritent de la visibilité
Un livre poignant et nécessaire, sans faux-semblants. Le style d’écriture me rappelle Virginie Despentes Hâte de lire de futurs livre de Déborah Costes !
un livre percutant, un texte parcouru par la rage qui m'a fait penser à King Kong Theorie de Virginie Despentes. Un livre essentiel sur le travail du sexe du point de vue d'une femme directement concernée, qui se définit comme malade, pauvre, folle et bisexuelle. Déborah Costes y aborde frontalement l'hypocrisie de la société, qui fait des lois (comme celle de 2016) qui précarisent encore plus les TDS tout en pensant "bien faire" en punissant les clients, cette même société qui lui interdit de se déclarer pute auprès de l'URSAF mais qui accepte qu'elle soit une entrepreneuse "meneuse de revue"... L'autrice se demande "comment est il possible d'oublier toute une partie de la population", comment est il possible de faire comme si les putes (et donc leurs clients) n'existaient pas... Elle y parle aussi de l'ambivalence de ses petites amies, qui prétendent accepter sa puterie pour se montrer possessives par la suite. J'ai pensé à Nelly Arcan en la lisant, sans doute par le côté trash et très direct de l'écriture (j'ai trouvé certains passages crus à la limite du supportable, j'ai ressenti un malaise et une tension en les découvrant, mais je pense que c'est aussi le rôle de la littérature, de venir titiller les endroits de nous qui refusent de voir certains mots, d'appréhender une réalité qu'on préférerait mettre à distance, ignorer). Comme Edouard Louis qu'elle cite vers la fin de son livre, Déborah Costes pratique dans cet ouvrage mi-témoignage autobiographique mi-essai "une écriture de la confrontation qui rend impossible de détourner le regard" (pour reprendre les mots d'Edouard Louis). Un livre essentiel et vénère, d'une voix qu'on entend encore que trop peu.