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Fragile/s
Dans un futur proche, la France est dirigée par l'extrême droite, tandis que la fertilité masculine s'est effondrée.
Désormais, huit enfants sur dix sont de sexe féminin, et trois garçons sur cinq naissent avec le syndrome de l'X fragile.
Sélectionnée pour avoir accès à un programme de génoembryologie, Typhaine est enceinte d'un garçon sain.
Sa grossesse est surveillée de près.
Désormais, huit enfants sur dix sont de sexe féminin, et trois garçons sur cinq naissent avec le syndrome de l'X fragile.
Sélectionnée pour avoir accès à un programme de génoembryologie, Typhaine est enceinte d'un garçon sain.
Sa grossesse est surveillée de près.
432 pages, Paperback
Published August 22, 2024
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Community Reviews
Displaying 1 - 30 of 54 reviews
October 7, 2025
Wow!!! Wow!!! Wow!!!
Je n'ai pas de mots...
Je vais juste le remettre dans mon sac de bibliothèque, pour le rendre à regrets, et écouter la pluie...
Je n'ai pas de mots...
Je vais juste le remettre dans mon sac de bibliothèque, pour le rendre à regrets, et écouter la pluie...
September 12, 2024
Dans un futur proche où la fertilité a baissé drastiquement et où la majorité des enfants naissent Fragiles, Typhaine et Gauthier ont la chance d’être sélectionnés pour rejoindre un Programme qui leur permet de donner naissance à un garçon sain. Et si ce miracle virait au cauchemar pour eu
J'ai beaucoup aimé ce roman mais attention, il faut être prêt à passer un moment inconfortable, pas toujours très agréable. En effet, il s’agit ici d’un roman assez dur, et même si on peut un peu s'en douter en lisant la quatrième de couverture, je trouve que le résumé est encore un peu gentillet par rapport à la réalité.
⠀
Dès les premières pages, nous sommes plongés dans une ambiance assez lourde et malaisante sans qu'on comprenne vraiment pourquoi. Le roman commence alors que Typhaine apprend qu'elle est enceinte et sa réaction à cette annonce nous fait tout de suite comprendre que quelque chose ne va pas.
⠀
L'auteur traite pas mal de thématiques fortes mais toujours d'une manière assez subtile. C'est par exemple le cas pour tout ce qui concerne la politique en vigueur dans la France du roman. Les détails sur ce qui se trame restent assez vagues pendant une bonne moitié du texte, et c'est seulement dans un deuxième temps que des éléments concrets commencent à émerger. Et ça devient assez vite glaçant, même si on était de toute façon déjà pas très à l'aise.
⠀
J'ai vraiment aimé les messages véhiculés par le roman, et surtout la façon dont il dénonce beaucoup de choses, comme par exemple la facilité avec laquelle le corps des femmes peut être considéré comme une ressource lorsqu'on laisse le pouvoir aux mauvaises personnes.
⠀
J'ai aussi trouvé que les personnages étaient particulièrement bien construits. Très nuancés et très réalistes. J'ai notamment beaucoup aimé ce que l'auteur a construit avec le personnage de Gauthier dont la personnalité évolue énormément (parfois en bon, parfois pas) et qui montre bien à quel point il est facile de se laisser dépasser par les évènements, que ce soit par lâcheté, par ambition ou même par simple immobilisme.
⠀
Ce que j'ai aussi beaucoup aimé dans ce livre, c'est que j'ai presque eu l'impression d'avoir plusieurs romans en un. Les révélations arrivent au compte-goutte, mais chacune d'elle nous donne l'impression que c'est un tout nouvel arc qui commence. Ca combiné au format un peu particulier du roman, sous forme de journal, rend le livre vraiment immersif.
⠀
Si j'avais un petit bémol, ce serait par rapport aux quarante dernières pages qui étaient un poil trop rapides à mon goût. J'aurais bien aimé que l'auteur prenne un peu plus le temps de développer la façon dont les évènements progressent puis culminent. Malgré tout, mon "plaisir" n'a pas été gâché et je sais que ce roman va me marquer pendant un petit moment.
J'ai beaucoup aimé ce roman mais attention, il faut être prêt à passer un moment inconfortable, pas toujours très agréable. En effet, il s’agit ici d’un roman assez dur, et même si on peut un peu s'en douter en lisant la quatrième de couverture, je trouve que le résumé est encore un peu gentillet par rapport à la réalité.
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Dès les premières pages, nous sommes plongés dans une ambiance assez lourde et malaisante sans qu'on comprenne vraiment pourquoi. Le roman commence alors que Typhaine apprend qu'elle est enceinte et sa réaction à cette annonce nous fait tout de suite comprendre que quelque chose ne va pas.
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L'auteur traite pas mal de thématiques fortes mais toujours d'une manière assez subtile. C'est par exemple le cas pour tout ce qui concerne la politique en vigueur dans la France du roman. Les détails sur ce qui se trame restent assez vagues pendant une bonne moitié du texte, et c'est seulement dans un deuxième temps que des éléments concrets commencent à émerger. Et ça devient assez vite glaçant, même si on était de toute façon déjà pas très à l'aise.
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J'ai vraiment aimé les messages véhiculés par le roman, et surtout la façon dont il dénonce beaucoup de choses, comme par exemple la facilité avec laquelle le corps des femmes peut être considéré comme une ressource lorsqu'on laisse le pouvoir aux mauvaises personnes.
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J'ai aussi trouvé que les personnages étaient particulièrement bien construits. Très nuancés et très réalistes. J'ai notamment beaucoup aimé ce que l'auteur a construit avec le personnage de Gauthier dont la personnalité évolue énormément (parfois en bon, parfois pas) et qui montre bien à quel point il est facile de se laisser dépasser par les évènements, que ce soit par lâcheté, par ambition ou même par simple immobilisme.
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Ce que j'ai aussi beaucoup aimé dans ce livre, c'est que j'ai presque eu l'impression d'avoir plusieurs romans en un. Les révélations arrivent au compte-goutte, mais chacune d'elle nous donne l'impression que c'est un tout nouvel arc qui commence. Ca combiné au format un peu particulier du roman, sous forme de journal, rend le livre vraiment immersif.
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Si j'avais un petit bémol, ce serait par rapport aux quarante dernières pages qui étaient un poil trop rapides à mon goût. J'aurais bien aimé que l'auteur prenne un peu plus le temps de développer la façon dont les évènements progressent puis culminent. Malgré tout, mon "plaisir" n'a pas été gâché et je sais que ce roman va me marquer pendant un petit moment.
August 27, 2024
« Fragile/s » est le premier roman de Nicolas Martin. Il nous plonge dans un univers dystopique fascinant qui explore des thèmes singuliers. Récit d’anticipation politique et social, le roman aborde des réflexions sur la parentalité, la manipulation génétique et les dérives autoritaires. Nicolas Martin a le rêve efficace, puisque c’est durant son sommeil que le sujet du roman lui est apparu : dans un futur proche, on implante dans le corps d’une femme un embryon génétiquement modifié.
Le monde souffre d’une baisse problématique de la natalité. « Crise de la fécondité. De plus en plus de couples stériles. De moins en moins de garçons. Délétion du gène Y. Infertilité masculine. Et pour les couples qui y arrivaient, huit enfants sur dix étaient des filles, et trois sur cinq naissaient avec le syndrome de l’X fragile. » Ce syndrome provoque de sérieux handicaps physiques et intellectuels. Pour pallier ces déficiences, le gouvernement en place, totalitaire et d’extrême droite décide de modifier le génome des enfants à naître. Ainsi, tous ceux qui viendront au monde constitueront une élite, sans fragilités et sans déséquilibres. L’heure est à la création de surhommes, des « übermensch ».
« Fragile/s » s’ouvre sur une échographie. Typhaine et Gauthier attendent un enfant et le gynécologue leur annonce que le bébé est un garçon. Un garçon sain. Une grossesse qui a bénéficié d’un programme médical pour éradiquer le « syndrome de l’X fragile ». Typhaine frémit. Il y a 12 ans, elle a mis au monde une petite fille à l’X fragile. « Dans quel cauchemar éveillé sa vie est-elle en train de basculer ? » Depuis son intégration dans le programme de génoembryologie, la grossesse de Typhaine est surveillée comme l’huile sur le feu. Leur première enfant Madeleine vit désormais dans une école spécialisée qui accueille les « Fragiles ». Le bébé attendu, « petit diamant de génétique » a été conçu « sur mesure », couleur des cheveux, des yeux, estimation de sa taille à l’âge adulte, une perfection scientifique. Peut-on aimer un tel enfant, fabriqué comme n’importe quel objet ? Très vite, Typhaine se pose des questions éthiques sur cette manipulation génétique. D’autant que la parentalité est représentée comme une responsabilité écrasante, amplifiée par la surveillance constante des autorités sur les mères et leurs enfants.
La France est désormais tombée sous le joug d’un régime fasciste. La société dépeinte dans « Fragile/s »est caractérisée par un régime autoritaire, où le contrôle de l’État sur les citoyens est absolu et omniprésent.L’individu est subordonné à l’État, qui exerce son pouvoir à travers des lois répressives et une surveillance constante. Les droits civiques sont pratiquement inexistants, et toute tentative de résistance ou de contestation est brutalement réprimée. Le cadre législatif et social est dominé par des lois martiales qui limitent sévèrement les libertés individuelles, comme le couvre-feu. Toute violation des règles entraîne des sanctions immédiates, notamment sur le système de crédit social de notation des individus. La répression est un élément central de cette société. Les « Néopatriotes », qui détiennent le pouvoir, ont rétabli la peine de mort, instauré le triple état d’urgence (migratoire, sanitaire et social), et suspendu temporairement les droits du Parlement. Ce gouvernement d’exception accumule les lois répressives, durcit les condamnations, multiplie les peines plancher, rétablit les travaux forcés et les camps de travail, et interdit l’avortement.
Pour les citoyens, la vie quotidienne est marquée par la peur et la surveillance. Les arrestations arbitraires sont monnaie courante, et les peines sont souvent exécutées sans jugement. Par exemple, des individus peuvent être emprisonnés pour une durée indéterminée simplement sur décision administrative. Les citoyens sont ainsi constamment sur le qui-vive, conscients que le moindre faux pas peut entraîner des conséquences graves, voire fatales. Le gouvernement a réussi à étouffer toute forme de pensée critique. Les générations précédentes, qui avaient tenté de résister, ont été écrasées par la répression, laissant place à une génération timorée et soumise. Dans ce contexte, il est devenu dangereux de contrevenir aux lois, honteux de penser différemment, et la soumission n’est plus un choix, mais une fatalité acceptée par la plupart. L’atmosphère générale de « Fragile/s » est donc celle d’un régime oppressif où l’individualité est effacée au profit de l’obéissance à l’État. Le système juridique n’est plus un outil de justice, mais un instrument de répression massive, utilisé pour maintenir le contrôle sur une population terrorisée et docile. « Ce techno-cocon autoritaire, individualiste, dans lequel plus personne ne bougeait de peur de perdre le confort acquis, où la solidarité n’était qu’un vieux souvenir, et où la vie avait cédé la place à la survie et à la peur de l’autre. »
Nicolas Martin a pris un soin particulier à travailler cet univers dystopique, où l’existence de chacun est marquée par l’ennui, la solitude, et la résignation, et où même les concepts de temps et d’espoir semblent avoir perdu toute signification. Je veux ici lui rendre hommage, car les descriptions détaillées et approfondies sont une grande force du roman et permettent une immersion totale.
« Fragile/s » invite à une réflexion profonde sur les limites de la science et de l’éthique, et met en lumière les dangers de l’eugénisme et des régimes autoritaires. Car dès la naissance, « le petit singe de laboratoire » va développer des comportements anormaux pour son âge qui amèneront sa mère à s’interroger : « Qu’est-ce qu’ils ont trafiqué dans leurs éprouvettes ? » L’intrigue imaginée par Nicolas Martin est diabolique et tient en haleine jusqu’aux dernières lignes.
« Fragile/s » est aussi un hommage à la résistance des femmes face à l’oppression. Les personnages féminins, bien que victimes d’un système inhumain, montrent une résilience remarquable et une capacité à penser, interdite. « Son putain de fils sain précoce, son putain de fils créé par un putain d’État fasciste, destiné à reproduire l’élite fasciste, son putain de mari fasciste, ce putain d’État qui s’amuse avec les gènes pour produire sa putain d’élite. »
Enfin, je voudrais terminer par dire quelques mots sur l’écriture. La plume de Nicolas Martin dans « Fragile/s » est une belle prouesse stylistique, qui transcende le simple récit pour offrir une expérience immersive et dynamique au lecteur. En jouant avec les formes et les formats, l’auteur transforme le texte en un espace vivant, où chaque mot, chaque phrase semble porter une charge émotionnelle et narrative unique. Les mots en majuscules, en gros caractères ou barrés, ne sont pas de simples effets typographiques ; ils servent à amplifier l’urgence, la colère ou le désespoir des personnages, immergeant le lecteur dans leur réalité oppressante. Ces choix stylistiques traduisent l’intensité des situations et des émotions, comme un cri visuel qui résonne au-delà des pages. Les répétitions, quant à elles, rythment le récit, mimant parfois le ressassement des pensées d’un personnage piégé dans une spirale infernale, ou encore soulignant l’absurdité d’un monde devenu délirant. Ces répétitions créent une sorte de musique intérieure, une cadence qui fait écho à l’insistance des idées et à la persistance de l’oppression. L’utilisation de phrases en italique, utilisées au théâtre, confère au texte une dimension performative, comme si les personnages se mettaient en scène, dévoilant leurs pensées les plus intimes dans un murmure ou un cri. Cela donne à « Fragile/s » une fluidité dramatique, comme dans un script. En intégrant des éléments comme des articles de presse et des documents classés secret-défense, l’auteur brouille les frontières entre fiction et réalité. Ces incursions dans des formats documentaires renforcent la crédibilité du monde dépeint et ancrent le récit dans un contexte quasi réaliste, offrant ainsi une profondeur supplémentaire à l’intrigue. Cette hybridation des genres rend l’écriture de Nicolas Martin non seulement vivante, mais essentielle pour comprendre l’ampleur du monde dystopique qu’il décrit, où chaque mot est une arme, chaque silence, une révolte.
« Fragile/s » propose une traversée aussi sombre qu’hypnotique, dans un monde qui vacille. Dans ce paysage dystopique, où la lumière semble s’être éteinte, il subsiste pourtant une étincelle, infime, mais tenace, qui incite le lecteur à croire que l’humanité peut malgré tout s’ausculter, et pourquoi pas, cicatriser. Ce récit qui, bien que profondément ancré dans la fiction, résonne étrangement avec le vacarme de notre monde contemporain. Le réel pousse encore et toujours les portes de l’imaginaire. Enivrant !
Le monde souffre d’une baisse problématique de la natalité. « Crise de la fécondité. De plus en plus de couples stériles. De moins en moins de garçons. Délétion du gène Y. Infertilité masculine. Et pour les couples qui y arrivaient, huit enfants sur dix étaient des filles, et trois sur cinq naissaient avec le syndrome de l’X fragile. » Ce syndrome provoque de sérieux handicaps physiques et intellectuels. Pour pallier ces déficiences, le gouvernement en place, totalitaire et d’extrême droite décide de modifier le génome des enfants à naître. Ainsi, tous ceux qui viendront au monde constitueront une élite, sans fragilités et sans déséquilibres. L’heure est à la création de surhommes, des « übermensch ».
« Fragile/s » s’ouvre sur une échographie. Typhaine et Gauthier attendent un enfant et le gynécologue leur annonce que le bébé est un garçon. Un garçon sain. Une grossesse qui a bénéficié d’un programme médical pour éradiquer le « syndrome de l’X fragile ». Typhaine frémit. Il y a 12 ans, elle a mis au monde une petite fille à l’X fragile. « Dans quel cauchemar éveillé sa vie est-elle en train de basculer ? » Depuis son intégration dans le programme de génoembryologie, la grossesse de Typhaine est surveillée comme l’huile sur le feu. Leur première enfant Madeleine vit désormais dans une école spécialisée qui accueille les « Fragiles ». Le bébé attendu, « petit diamant de génétique » a été conçu « sur mesure », couleur des cheveux, des yeux, estimation de sa taille à l’âge adulte, une perfection scientifique. Peut-on aimer un tel enfant, fabriqué comme n’importe quel objet ? Très vite, Typhaine se pose des questions éthiques sur cette manipulation génétique. D’autant que la parentalité est représentée comme une responsabilité écrasante, amplifiée par la surveillance constante des autorités sur les mères et leurs enfants.
La France est désormais tombée sous le joug d’un régime fasciste. La société dépeinte dans « Fragile/s »est caractérisée par un régime autoritaire, où le contrôle de l’État sur les citoyens est absolu et omniprésent.L’individu est subordonné à l’État, qui exerce son pouvoir à travers des lois répressives et une surveillance constante. Les droits civiques sont pratiquement inexistants, et toute tentative de résistance ou de contestation est brutalement réprimée. Le cadre législatif et social est dominé par des lois martiales qui limitent sévèrement les libertés individuelles, comme le couvre-feu. Toute violation des règles entraîne des sanctions immédiates, notamment sur le système de crédit social de notation des individus. La répression est un élément central de cette société. Les « Néopatriotes », qui détiennent le pouvoir, ont rétabli la peine de mort, instauré le triple état d’urgence (migratoire, sanitaire et social), et suspendu temporairement les droits du Parlement. Ce gouvernement d’exception accumule les lois répressives, durcit les condamnations, multiplie les peines plancher, rétablit les travaux forcés et les camps de travail, et interdit l’avortement.
Pour les citoyens, la vie quotidienne est marquée par la peur et la surveillance. Les arrestations arbitraires sont monnaie courante, et les peines sont souvent exécutées sans jugement. Par exemple, des individus peuvent être emprisonnés pour une durée indéterminée simplement sur décision administrative. Les citoyens sont ainsi constamment sur le qui-vive, conscients que le moindre faux pas peut entraîner des conséquences graves, voire fatales. Le gouvernement a réussi à étouffer toute forme de pensée critique. Les générations précédentes, qui avaient tenté de résister, ont été écrasées par la répression, laissant place à une génération timorée et soumise. Dans ce contexte, il est devenu dangereux de contrevenir aux lois, honteux de penser différemment, et la soumission n’est plus un choix, mais une fatalité acceptée par la plupart. L’atmosphère générale de « Fragile/s » est donc celle d’un régime oppressif où l’individualité est effacée au profit de l’obéissance à l’État. Le système juridique n’est plus un outil de justice, mais un instrument de répression massive, utilisé pour maintenir le contrôle sur une population terrorisée et docile. « Ce techno-cocon autoritaire, individualiste, dans lequel plus personne ne bougeait de peur de perdre le confort acquis, où la solidarité n’était qu’un vieux souvenir, et où la vie avait cédé la place à la survie et à la peur de l’autre. »
Nicolas Martin a pris un soin particulier à travailler cet univers dystopique, où l’existence de chacun est marquée par l’ennui, la solitude, et la résignation, et où même les concepts de temps et d’espoir semblent avoir perdu toute signification. Je veux ici lui rendre hommage, car les descriptions détaillées et approfondies sont une grande force du roman et permettent une immersion totale.
« Fragile/s » invite à une réflexion profonde sur les limites de la science et de l’éthique, et met en lumière les dangers de l’eugénisme et des régimes autoritaires. Car dès la naissance, « le petit singe de laboratoire » va développer des comportements anormaux pour son âge qui amèneront sa mère à s’interroger : « Qu’est-ce qu’ils ont trafiqué dans leurs éprouvettes ? » L’intrigue imaginée par Nicolas Martin est diabolique et tient en haleine jusqu’aux dernières lignes.
« Fragile/s » est aussi un hommage à la résistance des femmes face à l’oppression. Les personnages féminins, bien que victimes d’un système inhumain, montrent une résilience remarquable et une capacité à penser, interdite. « Son putain de fils sain précoce, son putain de fils créé par un putain d’État fasciste, destiné à reproduire l’élite fasciste, son putain de mari fasciste, ce putain d’État qui s’amuse avec les gènes pour produire sa putain d’élite. »
Enfin, je voudrais terminer par dire quelques mots sur l’écriture. La plume de Nicolas Martin dans « Fragile/s » est une belle prouesse stylistique, qui transcende le simple récit pour offrir une expérience immersive et dynamique au lecteur. En jouant avec les formes et les formats, l’auteur transforme le texte en un espace vivant, où chaque mot, chaque phrase semble porter une charge émotionnelle et narrative unique. Les mots en majuscules, en gros caractères ou barrés, ne sont pas de simples effets typographiques ; ils servent à amplifier l’urgence, la colère ou le désespoir des personnages, immergeant le lecteur dans leur réalité oppressante. Ces choix stylistiques traduisent l’intensité des situations et des émotions, comme un cri visuel qui résonne au-delà des pages. Les répétitions, quant à elles, rythment le récit, mimant parfois le ressassement des pensées d’un personnage piégé dans une spirale infernale, ou encore soulignant l’absurdité d’un monde devenu délirant. Ces répétitions créent une sorte de musique intérieure, une cadence qui fait écho à l’insistance des idées et à la persistance de l’oppression. L’utilisation de phrases en italique, utilisées au théâtre, confère au texte une dimension performative, comme si les personnages se mettaient en scène, dévoilant leurs pensées les plus intimes dans un murmure ou un cri. Cela donne à « Fragile/s » une fluidité dramatique, comme dans un script. En intégrant des éléments comme des articles de presse et des documents classés secret-défense, l’auteur brouille les frontières entre fiction et réalité. Ces incursions dans des formats documentaires renforcent la crédibilité du monde dépeint et ancrent le récit dans un contexte quasi réaliste, offrant ainsi une profondeur supplémentaire à l’intrigue. Cette hybridation des genres rend l’écriture de Nicolas Martin non seulement vivante, mais essentielle pour comprendre l’ampleur du monde dystopique qu’il décrit, où chaque mot est une arme, chaque silence, une révolte.
« Fragile/s » propose une traversée aussi sombre qu’hypnotique, dans un monde qui vacille. Dans ce paysage dystopique, où la lumière semble s’être éteinte, il subsiste pourtant une étincelle, infime, mais tenace, qui incite le lecteur à croire que l’humanité peut malgré tout s’ausculter, et pourquoi pas, cicatriser. Ce récit qui, bien que profondément ancré dans la fiction, résonne étrangement avec le vacarme de notre monde contemporain. Le réel pousse encore et toujours les portes de l’imaginaire. Enivrant !
May 31, 2024
Pouah, quelle surprise !
Ça débute avec une dystopie basique puis les twists s’enchaînent frénétiquement et le roman en devient tellement imprévisible que c’est juste jouissif.
Je suis frustré de ne pas en savoir plus tant tout m’a impressionné.
J’ai adoré, c’est tout simplement prodigieux ! ♥️
Ça débute avec une dystopie basique puis les twists s’enchaînent frénétiquement et le roman en devient tellement imprévisible que c’est juste jouissif.
Je suis frustré de ne pas en savoir plus tant tout m’a impressionné.
J’ai adoré, c’est tout simplement prodigieux ! ♥️
October 3, 2024
Trop bien mais hyper badant sur le futur. Dans la veine de La servante écarlate. Le corps est politique, le corps féminin est POLITIQUE.
Read
November 2, 2024Un peu crazy à la fin mais c'est la seule dystopie pas réac que j'aie lu depuis 5 ans donc je pardonne tout
March 14, 2025
On se retrouve aujourd'hui pour parler de Fragile/s, une dystopie sur fond de manipulations génétiques, et si l'histoire a eu du mal à m'atteindre au début, je dois avouer qu'au final, c'était un chouette moment de lecture. Enfin, façon de parler, quand on sait le sujet.
En France, bien des années après notre ère (ou pas tant que ça, peut-être). La fertilité est en baisse drastique, et les rares naissances qui arrivent à terme sont touchées par le symptôme de l'X fragile, une maladie qui nous rappelle un peu la Trisomie 21. Pour pallier à ça, le gouvernement a décidé de mettre en place un Programme (vous noterez le P majuscule) scientifique, un test sur 1500 femmes, pour mettre au monde des enfants sains. Voilà pour le cadre. Sympa, non ?
Dans cette ambiance, nous suivons Typhaine, mère d'une enfant Fragile, et Gauthier son mari, membre du gouvernement présidentiel en passe de prendre de l'importance. Tous deux ont été choisis pour participer au Programme, grâce aux contacts de Gauthier. Elle met au monde un garçon sain, mais très vite se rend compte que quelque chose cloche. En même temps, parler à quatre mois, ce n'est plus de la précocité... Seulement, personne ne la croit, et Gauthier la fait interner : camisole chimique, étroite surveillance... Bref, chouette ambiance.
Vous l'aurez compris, l'enfant n'est effectivement pas normal, mais c'est pire que ça. Dans un contexte politique strict, un régime autoritaire voire même une dictature, où le patriarcat est bien évidemment de mise, les manipulations génétiques et scientifiques vont menacer l'humanité au lieu de la sauver. Nicolas Martin met en scène son histoire de manière assez particulière, avec une alternance de points de vue surtout lorsque Tiphaine est sous médicaments, des phrases courtes et percutantes, une mise en page qui exclue presque totalement les paragraphes. Certains passages étaient assez durs à lire, surtout pour une jeune maman comme moi, ce qui a certainement contribué à la difficulté de rentrer dedans. Mais passé un certains cap, on finit par se laisser entraîner par toute cette folie humaine, par ressentir de l'empathie pour Tiphaine, chose que j'ai mis un certain temps à ressentir aussi.
Bref, un livre à découvrir, un final que j'ai énormément apprécié et somme toute un très bon moment de lecture, une fois accoutumée à l'ambiance et au style de l'auteur.
En France, bien des années après notre ère (ou pas tant que ça, peut-être). La fertilité est en baisse drastique, et les rares naissances qui arrivent à terme sont touchées par le symptôme de l'X fragile, une maladie qui nous rappelle un peu la Trisomie 21. Pour pallier à ça, le gouvernement a décidé de mettre en place un Programme (vous noterez le P majuscule) scientifique, un test sur 1500 femmes, pour mettre au monde des enfants sains. Voilà pour le cadre. Sympa, non ?
Dans cette ambiance, nous suivons Typhaine, mère d'une enfant Fragile, et Gauthier son mari, membre du gouvernement présidentiel en passe de prendre de l'importance. Tous deux ont été choisis pour participer au Programme, grâce aux contacts de Gauthier. Elle met au monde un garçon sain, mais très vite se rend compte que quelque chose cloche. En même temps, parler à quatre mois, ce n'est plus de la précocité... Seulement, personne ne la croit, et Gauthier la fait interner : camisole chimique, étroite surveillance... Bref, chouette ambiance.
Vous l'aurez compris, l'enfant n'est effectivement pas normal, mais c'est pire que ça. Dans un contexte politique strict, un régime autoritaire voire même une dictature, où le patriarcat est bien évidemment de mise, les manipulations génétiques et scientifiques vont menacer l'humanité au lieu de la sauver. Nicolas Martin met en scène son histoire de manière assez particulière, avec une alternance de points de vue surtout lorsque Tiphaine est sous médicaments, des phrases courtes et percutantes, une mise en page qui exclue presque totalement les paragraphes. Certains passages étaient assez durs à lire, surtout pour une jeune maman comme moi, ce qui a certainement contribué à la difficulté de rentrer dedans. Mais passé un certains cap, on finit par se laisser entraîner par toute cette folie humaine, par ressentir de l'empathie pour Tiphaine, chose que j'ai mis un certain temps à ressentir aussi.
Bref, un livre à découvrir, un final que j'ai énormément apprécié et somme toute un très bon moment de lecture, une fois accoutumée à l'ambiance et au style de l'auteur.
November 16, 2025
J’ai eu du mal à reprendre la lecture de ce roman, freinée par le style, ces phrases de quatre syllabes qui s’enchaînent, ces mots barrés, ces retours à la ligne permanents, tous censés refléter la pensée cahotée de Typhaine.
Mais la portée politique du message m’a incitée à reprendre ma lecture, et tant mieux ! L’auteur met en récit, dans un univers cohérent, des signaux plus ou moins faibles de l’époque : baisse de la natalité, montée de l’extrême droite et de ses projets de politique nataliste aux camaïeux de blanc, autoritarisme et violence de la répression, manipulations génétiques pour faire des enfants « augmentés » (il n’y a qu’à voir la startup Heliospect Genomics, entre autres), remise en cause ici et là du droit à l’avortement, baisse de la fertilité masculine,… Sans parler évidemment de la mainmise sur le corps des femmes ou encore de la dépendance au numérique et des dérives associées, que l’on ne peut évidemment qualifier de signaux faibles.
Tout ça mis dans un shaker, ça nous donne un aperçu dystopique et bien flippant d’un monde dans lequel nous pourrions vivre, de façon assez plausible et je l’espère peu probable.
Il y a tout de même de l’espoir, à la fois dans le récit lui-même (la résistance existe toujours, et, finalement, c’est l’Univers, ce qu’il a de plus grand que nous, qui remet l’humain -ou plutôt l’homme- aux fantasmes démiurges à sa place), et dans ce que le récit d’anticipation nous apporte : attirer notre regard sur ce qui germe aujourd’hui, nous prévenir des conséquences que cela pourrait avoir à grande échelle, et maintenir en nous l’envie d’agir en cohérence avec le monde dans lequel nous souhaitons vivre demain.
Mais la portée politique du message m’a incitée à reprendre ma lecture, et tant mieux ! L’auteur met en récit, dans un univers cohérent, des signaux plus ou moins faibles de l’époque : baisse de la natalité, montée de l’extrême droite et de ses projets de politique nataliste aux camaïeux de blanc, autoritarisme et violence de la répression, manipulations génétiques pour faire des enfants « augmentés » (il n’y a qu’à voir la startup Heliospect Genomics, entre autres), remise en cause ici et là du droit à l’avortement, baisse de la fertilité masculine,… Sans parler évidemment de la mainmise sur le corps des femmes ou encore de la dépendance au numérique et des dérives associées, que l’on ne peut évidemment qualifier de signaux faibles.
Tout ça mis dans un shaker, ça nous donne un aperçu dystopique et bien flippant d’un monde dans lequel nous pourrions vivre, de façon assez plausible et je l’espère peu probable.
Il y a tout de même de l’espoir, à la fois dans le récit lui-même (la résistance existe toujours, et, finalement, c’est l’Univers, ce qu’il a de plus grand que nous, qui remet l’humain -ou plutôt l’homme- aux fantasmes démiurges à sa place), et dans ce que le récit d’anticipation nous apporte : attirer notre regard sur ce qui germe aujourd’hui, nous prévenir des conséquences que cela pourrait avoir à grande échelle, et maintenir en nous l’envie d’agir en cohérence avec le monde dans lequel nous souhaitons vivre demain.
March 23, 2026
c'était trop bieng mais ça fait trop peur.
En vrai lisez-le c'est pas souvent qu'on voit des romans d'anticipation français aussi bons.
le rythme est un peu inégal par moment mais c'est bien mené. le message passe tout seul = on en est à un point où la société se doit d'être féministe, et être de droite ce n'est pas être féministe, period.
En vrai lisez-le c'est pas souvent qu'on voit des romans d'anticipation français aussi bons.
le rythme est un peu inégal par moment mais c'est bien mené. le message passe tout seul = on en est à un point où la société se doit d'être féministe, et être de droite ce n'est pas être féministe, period.
July 20, 2024
Une claque de la rentrée littéraire à venir : dans un futur terriblement proche, les naissances se font de plus en plus rares, et les enfant.e.s qui naissent sont victimes d'un handicap, le "X Fragile". Dans une société française gouvernée par l'extrême-droite, Typhaine rejoint un programme médical pour l'aider à accoucher d'un deuxième enfant sain.
C'est pour elle le début d'une descente aux enfers : alors que son nouveau fils développe des facultés mentales exceptionnelles, le gouvernement surveille le moindre de ses faits et gestes...
En plus d'être un roman bouleversant sur la maternité, la vie de famille, les dérives totalitaires possibles, qui se répercutent avant tout sur les corps des minorisés, dont les femmes (un peu dans la veine de Margaret Atwood, "La Servante Ecarlate", même si les deux histoires sont très différentes), ce livre est également un très bon roman de SF, genre malheureusement trop souvent laissé de côté en France.
C'est pour elle le début d'une descente aux enfers : alors que son nouveau fils développe des facultés mentales exceptionnelles, le gouvernement surveille le moindre de ses faits et gestes...
En plus d'être un roman bouleversant sur la maternité, la vie de famille, les dérives totalitaires possibles, qui se répercutent avant tout sur les corps des minorisés, dont les femmes (un peu dans la veine de Margaret Atwood, "La Servante Ecarlate", même si les deux histoires sont très différentes), ce livre est également un très bon roman de SF, genre malheureusement trop souvent laissé de côté en France.
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January 21, 2025Ce roman aurait dû me plaire énormément et pourtant, ça n’a pas fonctionné comme je l’aurais cru.
Je pense que c’est à cause l’écriture. Je crois qu’elle n’est pas tout à fait maîtrisée. Je n’ai pas ressenti un grand attachement envers les personnages. Je n’ai donc pas vraiment réagi lorsqu’il y avait des événements dramatiques. Je n’ai pas n’ont plus dévoré le livre comme j’aurais pensé le faire. Il y avait des moments moins efficaces où je tournais les pages moins vite.
La terminologie et les acronymes n’étaient pas si évident. Il y en avait beaucoup et ça faisait un peu lourd.
Je pense que c’est à cause l’écriture. Je crois qu’elle n’est pas tout à fait maîtrisée. Je n’ai pas ressenti un grand attachement envers les personnages. Je n’ai donc pas vraiment réagi lorsqu’il y avait des événements dramatiques. Je n’ai pas n’ont plus dévoré le livre comme j’aurais pensé le faire. Il y avait des moments moins efficaces où je tournais les pages moins vite.
La terminologie et les acronymes n’étaient pas si évident. Il y en avait beaucoup et ça faisait un peu lourd.
December 4, 2025
2.5
Ça se lit vite, oui. Ça se lit même plutôt facilement. Mais pour moi, ça ne tiendra pas la route avec le temps. Une fois refermé, il s’évapore.
La dystopie qu’il propose mélange clairement La Servante écarlate, Le Meilleur des mondes et un soupçon de 1984, mais sans jamais atteindre leur puissance réflexive. On sent l’ambition, on reconnaît les thèmes (contrôle des corps, politique nataliste, eugénisme, dérive sécuritaire), mais rien n’est vraiment creusé. Tout passe en surface.
Le roman veut tout traiter à la fois : la politique anti-avortement, les manipulations génétiques, les tensions sociétales, la surveillance… et du coup, rien ne trouve un vrai ancrage. C’est un roman d’idées où les personnages servent de vecteurs, mais l’idée centrale ne se dessine jamais. Résultat : pas d’effet de sidération, pas ce moment “attends, quoi ?” que la dystopie exige pour marquer durablement.
Le style “fragmenté” censé dynamiser l’ensemble (journaux, enregistrements, ratures) tombe pour moi complètement à plat. Les ratures n’apportent rien, les ruptures de rythme semblent artificielles. Ça donne une impression de patchwork qui n’ajoute ni tension, ni émotion, ni profondeur.
Le pacing accentue encore le problème : lent et très descriptif au début, puis soudain “go go go” dans les derniers chapitres. L’accélération finale est trop brusque pour être satisfaisante, et le dénouement manque de clarté comme d’impact.
Et il y a un point qui m’a vraiment dérangée : on suit un personnage féminin confronté à un traumatisme éminemment lié au corps des femmes, mais le traitement reste étonnamment extérieur. Pour moi, ça montre les limites du roman : beaucoup d’enjeux, peu d’incarnation.
En bref : ambitieux, ultra-readable, mais trop dérivé, trop chargé, trop survolé. Un roman qui aurait mérité de choisir son axe au lieu de s’éparpiller.
Un moment de lecture correct, mais rien qui invite à la réflexion durable. Ça s’oublie aussi vite que ça se tourne.
Ça se lit vite, oui. Ça se lit même plutôt facilement. Mais pour moi, ça ne tiendra pas la route avec le temps. Une fois refermé, il s’évapore.
La dystopie qu’il propose mélange clairement La Servante écarlate, Le Meilleur des mondes et un soupçon de 1984, mais sans jamais atteindre leur puissance réflexive. On sent l’ambition, on reconnaît les thèmes (contrôle des corps, politique nataliste, eugénisme, dérive sécuritaire), mais rien n’est vraiment creusé. Tout passe en surface.
Le roman veut tout traiter à la fois : la politique anti-avortement, les manipulations génétiques, les tensions sociétales, la surveillance… et du coup, rien ne trouve un vrai ancrage. C’est un roman d’idées où les personnages servent de vecteurs, mais l’idée centrale ne se dessine jamais. Résultat : pas d’effet de sidération, pas ce moment “attends, quoi ?” que la dystopie exige pour marquer durablement.
Le style “fragmenté” censé dynamiser l’ensemble (journaux, enregistrements, ratures) tombe pour moi complètement à plat. Les ratures n’apportent rien, les ruptures de rythme semblent artificielles. Ça donne une impression de patchwork qui n’ajoute ni tension, ni émotion, ni profondeur.
Le pacing accentue encore le problème : lent et très descriptif au début, puis soudain “go go go” dans les derniers chapitres. L’accélération finale est trop brusque pour être satisfaisante, et le dénouement manque de clarté comme d’impact.
Et il y a un point qui m’a vraiment dérangée : on suit un personnage féminin confronté à un traumatisme éminemment lié au corps des femmes, mais le traitement reste étonnamment extérieur. Pour moi, ça montre les limites du roman : beaucoup d’enjeux, peu d’incarnation.
En bref : ambitieux, ultra-readable, mais trop dérivé, trop chargé, trop survolé. Un roman qui aurait mérité de choisir son axe au lieu de s’éparpiller.
Un moment de lecture correct, mais rien qui invite à la réflexion durable. Ça s’oublie aussi vite que ça se tourne.
November 17, 2025
On reprend le Goodread avec un livre ma foi assez fort dans ce qu’il raconte de notre société, sa froideur chirurgicale et un style se voulant coller au maximum à une réalité future très proche (avec des dialogues sans guillemets ainsi que de fausses coupures de presse).
Cependant, l’écriture parfois aussi subtile qu’un rugbyman en fin de soirée bandas, ainsi que son point de vue parfois très « bourgeois » sur les choses (qui aurait mérité plus de contre points, en s’attardant plus sur certains personnages par exemple) a pu un poil m’agacer. Néanmoins, de l’aveu même de l’auteur, c’était voulu (que je remercie par ailleurs pour sa gentillesse et sa dédicace) et j’en recommande donc la lecture.
Assez hâte de voir ce que cela donnera pour son adaptation en série et de lire la nouvelle qu’il a écrite par la suite.
Cependant, l’écriture parfois aussi subtile qu’un rugbyman en fin de soirée bandas, ainsi que son point de vue parfois très « bourgeois » sur les choses (qui aurait mérité plus de contre points, en s’attardant plus sur certains personnages par exemple) a pu un poil m’agacer. Néanmoins, de l’aveu même de l’auteur, c’était voulu (que je remercie par ailleurs pour sa gentillesse et sa dédicace) et j’en recommande donc la lecture.
Assez hâte de voir ce que cela donnera pour son adaptation en série et de lire la nouvelle qu’il a écrite par la suite.
September 11, 2026
Ça va sonner débile mais c'est important pour moi. Ça fais litteralement depuis 2 ans que je n'ai pas lu un si gros roman en entier, j'ai lu des pièces de théâtre, des recueils de poésie et puis des romans légers ( certains devenu mes livres préférés de tout les temps par ailleurs ) mais des qu'il fallait lire des gros bouquins comme ça de plus de 400 pages bah je voulais tout arrêter. Alors j'entends que 2 ans ce n'est pas tant que ça, on va me dire que certaines personnes ne lisent même pas, mais avant ces deux ans de rien je lisais beaucoup, et j'ai arrêté du jour au lendemain à cause du stress, aujourd'hui je reprend enfin. Après ce livre commence un marathon de 30 livres ( peut être 34 J'hésite encore sur certains titres ) des classiques et d'autres moins. Ça represente un énorme challenge pour moi et j'aime l'idée que finir Fragile/s est comme la ligne de départ pour cette nouvelle version de moi qui reprend goût à la lecture.
Fragile/s justement, eh bah c'était un excellent livre, pas parfait ( d'ailleurs si on pouvait j'aurai peut être plutôt mis 4,5 que 5 ) mais très fort, très émotionnel, très rythmé ( parfait pour ma reprise donc ) et c'est un premier roman ? Ça me donne envie de me lancer dans l'écriture tiens.
Fragile/s justement, eh bah c'était un excellent livre, pas parfait ( d'ailleurs si on pouvait j'aurai peut être plutôt mis 4,5 que 5 ) mais très fort, très émotionnel, très rythmé ( parfait pour ma reprise donc ) et c'est un premier roman ? Ça me donne envie de me lancer dans l'écriture tiens.
November 3, 2024
Très sympa
July 27, 2026
Super premier roman de Nicolas Martin. La fin vaut la peine. Votez de gauche les amis.
September 27, 2026
Terrible, j'ai bien aimé l'écriture, mais ça fait vraiment peur
September 19, 2024
Exceptionnel, je l’ai lu d’une traite sans pouvoir m’arrêter !
August 27, 2024
Un roman français d'anticipation, ça ne court pas tant les rues. Ca fait plaisir d'en croiser un, d'autant plus quand c'est un plaisir de le lire !
Pour ma tranquillité d'esprit personnel j'aurai aimé que ça n'aie pas autant un goût du jour si prononcé, sur certains points 😅
Pour ma tranquillité d'esprit personnel j'aurai aimé que ça n'aie pas autant un goût du jour si prononcé, sur certains points 😅
December 2, 2025
L’ANGOISSE
December 31, 2025
Cette dystopie me marquera longtemps !
Gros coup de cœur pour l'intrigue et l'univers, qui semble si crédible au vu du contexte actuel. Les personnages sont attachants, même si je les ai parfois trouvés un peu durs à suivre, pas toujours logiques.
L'univers est très complet et détaillé, sans pour autant nous perdre.
Un très beau livre, que je recommanderai facilement à tout type de lecteur !
Gros coup de cœur pour l'intrigue et l'univers, qui semble si crédible au vu du contexte actuel. Les personnages sont attachants, même si je les ai parfois trouvés un peu durs à suivre, pas toujours logiques.
L'univers est très complet et détaillé, sans pour autant nous perdre.
Un très beau livre, que je recommanderai facilement à tout type de lecteur !
April 23, 2026
Nicolas Martin m’a accompagnée pendant des années à la radio avec son émission La Méthode scientifique qui m’a permis de me cultiver entre accessibilité et exigence et où j’ai pris un vif plaisir à le voir faire découvrir la SF également à ses écouteurs. Je ne pouvais pas passer à côté de son premier roman.
Cependant, je l’ai tellement vu passer à l’époque, que j’ai eu besoin que la hype retombe un peu avant de me lancer à mon tour, car je ne voulais pas être influencée. Influencé cependant l’auteur le fut, ou plutôt inspiré. On sent en effet dans son texte nombre d’auteurs passés avant lui et s’étant intéressés également aux questions d’eugénisme et de dérive nataliste totalitaire. Il n’y a rien de neuf, juste une anticipation implacable qui s’inscrit terriblement bien dans notre présent, alors que les droits des femmes reculent. J’ai donc été saisie par cette lecture.
Avec un vrai don pour voir l’avenir pour le rendre crédible, mais qui ne peut pas faire de telles prédictions en regardant et analysant un tant soi peu les tendances politiques de ces dernières années, l’auteur nous emmène dans un futur où la natalité a drastiquement chuté, notamment chez les garçons, et où il est de plus en plus dur, en plus, d’avoir des enfants »normaux », sans trouble. Dans ce monde là, comme dans Handmaid’s Tales, les gouvernements poussent à la rationalisation de l’acte d’avoir un enfant au sein des familles, avec notamment une restrictions des droits à l’IVG, un carcan mis autour des femmes enceintes, ou encore avec un regard très négatif voir criminalisé sur certains comportements à risques, un avancement professionnel également en lien avec les enfants qu’on a, sans oublier des agences pour s’occuper des enfants »fragiles » qu’on ne veut pas voir, et bien d’autres joyeusetés… Dans ce contexte glaçant, Typhaine et son mari, Gauthier, vont avoir un garçon »sain », après avoir eu une fille »fragile ». Comment vont-ils vivre ce nouveau changement dans leur vie ?
Pourquoi une maternité ne serait-elle pas malvenue ? Pourquoi la naissance d’une mère par la venue de l’enfant ne serait-elle pas ratée elle aussi ? – Marguerite Duras
N’étant pas désireuse d’avoir des enfants et posant un regard critique sur cet instinct maternel qu’on a créé de toute pièce et qu’on impose aux femmes, encore plus avec la résurgence des Tradwives et consoeurs, avoir un auteur qui vient parler autrement de la relation des parents, et en particulier des mères, avec leur enfant, citant des mots très forts de Marguerite Duras sur le sujet, m’a beaucoup plu. En effet, dans ce texte, Nicolas Martin parle de la difficulté d’être parent, qu’on ait désiré ou non l’enfant qu’on a eu, que celui-ci soit sain ou fragile, qu’importe son sexe / son genre, et ses portraits sont saisissants. Il se sert en cela avec astuce du décor de science-fiction spéculative très noir qu’il a imaginé, et c’est d’une grande force, peut-être même trop parfois. Je me suis sentie extrêmement mal lors de plusieurs scènes où la fille aînée de Typhaine, une »fragile », se retrouve en proie à la violence, qu’elle donne ou subit, à cause de son entourage. Ayant une jeune soeur avec un handicap mental, cela n’a pu que me parler et j’avais vraiment le coeur au bord des lèvres lors de ces scènes.
Ce texte se lit ainsi comme un thriller sociétal spéculatif car le second enfant de Typhaine et Gauthier, Nolan, est un bébé des plus précoces, tellement qu’il y a de quoi se poser des questions. Entre dépression post-partum, difficulté à faire le lien entre le parent et l’enfant, difficulté à avoir sous le même toit un enfant »sain » et un »fragile » et donc à faire face aussi bien à la précocité qu’au handicap, l’auteur propose plutôt la voix du thriller. Il traite certes avec beaucoup beaucoup d’émotion, la jeune Marguerite et son handicap, qui m’a touchée en plein coeur. En revanche, il est beaucoup plus froid et inquiétant avec Nolan, le petit frère précoce. Un peu comme dans Le village des Damnés, il imagine un bambin qui a l’air des plus normal, juste un peu plus dégourdi, sous le regard des adultes, mais qui cache en fait une précocité terrifiante, qui va l’amener à tout faire pour avoir ce qu’il veut. A moins, que ce ne soit sa mère qui va psychologiquement mal qui se l’imagine ? Voici la question que l’auteur pose et qui va nous tenir en haleine pendant toute la lecture, à l’aide notamment de jolies trouvailles narratives : extraits de journal, conversations avec l’IA de la maison, échanges épistolaires avec son mari et une amie, etc.
J’ai beaucoup aimé l’ambivalence entre la tension, l’amour et la peur qui se crée au fil de l’oeuvre, entre l’intimité de cette famille et le projet bien plus vaste de la société. L’auteur joue bien sur l’ensemble des tableaux pour maintenir l’attention du lecteur. Il pêche peut-être juste par quelques longueurs au milieu, où il finit par se répéter, par certaines références un peu trop évidentes, ou par un final bien rapide dans la précipitation des événements et la présence assez évanescente du dangereux Nolan, alors qu’on aurait pu être en droit d’attendre une présence plus incarnée de sa part, au lieu de ce portrait par ceux qui le côtoient. Le texte est très bon mais également perfectible comme souvent dans les premières oeuvres où les auteurs aiment montrer leurs influences et les thèmes qui les passionnent : sciences, eugénisme, politique et famille, ici, puis racisme et totalitarisme encore si on élargit.
J’ai passé un très bon moment au coeur de cette lecture prédictive addictive. L’auteur a parfaitement su saisir l’air délétère du temps malheureusement pour nous pondre un texte plus vrai que nature et immersif sur des dérives de politiques natalistes en situation de crise. J’ai aimé l’ambition. J’ai souri devant les références. J’ai été glacée par l’expérience. J’ai aimé qu’on aborde le champ du handicap, de la santé mentale ou encore de la maternité. J’ai trouvé l’auteur très doué pour la sphère de l’intime. Il s’est en revanche attaqué à quelque chose de trop grand pour ce qui est des dérives politiques, qu’elles soient totalitaristes, natalistes ou eugénistes. L’auteur ne va pas au bout de son projet et précipite la fin.
Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Cependant, je l’ai tellement vu passer à l’époque, que j’ai eu besoin que la hype retombe un peu avant de me lancer à mon tour, car je ne voulais pas être influencée. Influencé cependant l’auteur le fut, ou plutôt inspiré. On sent en effet dans son texte nombre d’auteurs passés avant lui et s’étant intéressés également aux questions d’eugénisme et de dérive nataliste totalitaire. Il n’y a rien de neuf, juste une anticipation implacable qui s’inscrit terriblement bien dans notre présent, alors que les droits des femmes reculent. J’ai donc été saisie par cette lecture.
Avec un vrai don pour voir l’avenir pour le rendre crédible, mais qui ne peut pas faire de telles prédictions en regardant et analysant un tant soi peu les tendances politiques de ces dernières années, l’auteur nous emmène dans un futur où la natalité a drastiquement chuté, notamment chez les garçons, et où il est de plus en plus dur, en plus, d’avoir des enfants »normaux », sans trouble. Dans ce monde là, comme dans Handmaid’s Tales, les gouvernements poussent à la rationalisation de l’acte d’avoir un enfant au sein des familles, avec notamment une restrictions des droits à l’IVG, un carcan mis autour des femmes enceintes, ou encore avec un regard très négatif voir criminalisé sur certains comportements à risques, un avancement professionnel également en lien avec les enfants qu’on a, sans oublier des agences pour s’occuper des enfants »fragiles » qu’on ne veut pas voir, et bien d’autres joyeusetés… Dans ce contexte glaçant, Typhaine et son mari, Gauthier, vont avoir un garçon »sain », après avoir eu une fille »fragile ». Comment vont-ils vivre ce nouveau changement dans leur vie ?
Pourquoi une maternité ne serait-elle pas malvenue ? Pourquoi la naissance d’une mère par la venue de l’enfant ne serait-elle pas ratée elle aussi ? – Marguerite Duras
N’étant pas désireuse d’avoir des enfants et posant un regard critique sur cet instinct maternel qu’on a créé de toute pièce et qu’on impose aux femmes, encore plus avec la résurgence des Tradwives et consoeurs, avoir un auteur qui vient parler autrement de la relation des parents, et en particulier des mères, avec leur enfant, citant des mots très forts de Marguerite Duras sur le sujet, m’a beaucoup plu. En effet, dans ce texte, Nicolas Martin parle de la difficulté d’être parent, qu’on ait désiré ou non l’enfant qu’on a eu, que celui-ci soit sain ou fragile, qu’importe son sexe / son genre, et ses portraits sont saisissants. Il se sert en cela avec astuce du décor de science-fiction spéculative très noir qu’il a imaginé, et c’est d’une grande force, peut-être même trop parfois. Je me suis sentie extrêmement mal lors de plusieurs scènes où la fille aînée de Typhaine, une »fragile », se retrouve en proie à la violence, qu’elle donne ou subit, à cause de son entourage. Ayant une jeune soeur avec un handicap mental, cela n’a pu que me parler et j’avais vraiment le coeur au bord des lèvres lors de ces scènes.
Ce texte se lit ainsi comme un thriller sociétal spéculatif car le second enfant de Typhaine et Gauthier, Nolan, est un bébé des plus précoces, tellement qu’il y a de quoi se poser des questions. Entre dépression post-partum, difficulté à faire le lien entre le parent et l’enfant, difficulté à avoir sous le même toit un enfant »sain » et un »fragile » et donc à faire face aussi bien à la précocité qu’au handicap, l’auteur propose plutôt la voix du thriller. Il traite certes avec beaucoup beaucoup d’émotion, la jeune Marguerite et son handicap, qui m’a touchée en plein coeur. En revanche, il est beaucoup plus froid et inquiétant avec Nolan, le petit frère précoce. Un peu comme dans Le village des Damnés, il imagine un bambin qui a l’air des plus normal, juste un peu plus dégourdi, sous le regard des adultes, mais qui cache en fait une précocité terrifiante, qui va l’amener à tout faire pour avoir ce qu’il veut. A moins, que ce ne soit sa mère qui va psychologiquement mal qui se l’imagine ? Voici la question que l’auteur pose et qui va nous tenir en haleine pendant toute la lecture, à l’aide notamment de jolies trouvailles narratives : extraits de journal, conversations avec l’IA de la maison, échanges épistolaires avec son mari et une amie, etc.
J’ai beaucoup aimé l’ambivalence entre la tension, l’amour et la peur qui se crée au fil de l’oeuvre, entre l’intimité de cette famille et le projet bien plus vaste de la société. L’auteur joue bien sur l’ensemble des tableaux pour maintenir l’attention du lecteur. Il pêche peut-être juste par quelques longueurs au milieu, où il finit par se répéter, par certaines références un peu trop évidentes, ou par un final bien rapide dans la précipitation des événements et la présence assez évanescente du dangereux Nolan, alors qu’on aurait pu être en droit d’attendre une présence plus incarnée de sa part, au lieu de ce portrait par ceux qui le côtoient. Le texte est très bon mais également perfectible comme souvent dans les premières oeuvres où les auteurs aiment montrer leurs influences et les thèmes qui les passionnent : sciences, eugénisme, politique et famille, ici, puis racisme et totalitarisme encore si on élargit.
J’ai passé un très bon moment au coeur de cette lecture prédictive addictive. L’auteur a parfaitement su saisir l’air délétère du temps malheureusement pour nous pondre un texte plus vrai que nature et immersif sur des dérives de politiques natalistes en situation de crise. J’ai aimé l’ambition. J’ai souri devant les références. J’ai été glacée par l’expérience. J’ai aimé qu’on aborde le champ du handicap, de la santé mentale ou encore de la maternité. J’ai trouvé l’auteur très doué pour la sphère de l’intime. Il s’est en revanche attaqué à quelque chose de trop grand pour ce qui est des dérives politiques, qu’elles soient totalitaristes, natalistes ou eugénistes. L’auteur ne va pas au bout de son projet et précipite la fin.
Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Review of advance copy
En quelques mots :
Un futur où avoir un enfant devient presque un miracle, une première partie fascinante et bouleversante.
Puis le récit change de direction et m'a beaucoup moins embarquée.Une écriture originale, des personnages touchants… mais une fin qui m'a laissée perplexe.
Bref, j'ai adoré le début, beaucoup moins la suite.
En beaucoup plus de mots :
Ce roman me fait, depuis sa sortie, un petit quelque chose dans le cerveau. Vous savez, ces livres que l'on croise, dont le titre reste quelque part dans un coin de notre tête et qui nous disent : « Un jour, il faudra tout de même que tu me lises. » C'était aussi le cas à l'époque de Silo de Hugh Howey et j'étais donc très impatiente de découvrir ce titre de cet auteur français. Eh bien voilà, c'est fait ! Et j'ai même la chance de pouvoir rencontrer Nicolas Martin dans les semaines à venir puisque Babelio m'a sélectionnée pour découvrir ce roman à l'occasion de sa sortie en poche, ainsi que son dernier roman. Mais de celui-ci, je vous en parlerai un peu plus tard... bien plus tard... car j'ai une petite panne de lecture concernant ce tome et c'est surement dû justement à la lecture de celui-ci, je vous laisserez deviner pourquoi si vous lisez la suite.
Fragile/s nous plonge dans un monde qui est à l'agonie, et plus exactement dans un monde où nos spermatozoïdes et nos ovules ont de plus en plus de mal à se retrouver. Et lorsqu'ils y parviennent enfin, la division cellulaire elle-même devient hésitante, donnant naissance à des êtres que l'on nommera les Fragiles, parce qu'ils ne sont pas considérés comme sains. Un thème difficile, une lecture qui l'est tout autant.
Et pourtant, j'ai adoré la première partie. J'ai été immédiatement immergée dans cette société en train de se déliter, par cette peur de la non-reproduction ou mauvaise progéniture, par cette vision d'un futur où donner naissance n'est plus quelque chose de naturel mais devient presque un pari. Les personnages principaux et secondaires sont parfaitement maitrisés, peut-être parfois un peu manichéen dans le sens où on les aime ou on ne les aime pas d'un seul coup d'oeil, mais je suis sans doute un peu trop pointilleuse. Ainsi, l'auteur installe progressivement un monde terrifiant, mais suffisamment crédible pour que l'on se demande jusqu'où nous pourrions nous-mêmes aller si la survie de l'humanité était réellement en jeu.
Ce qui m'a surtout touchée, c'est la relation entre Typhaine et Madeleine. Une relation Mère / Fille - Seine / Fragile - Bien / Mal - Acceptation / Inconscience qui m'a profondément émue et qui m'a fait penser à tous ces parents qui doivent apprendre à aimer, protéger et accompagner un enfant différent. Je salue humblement tous ceux qui ont un enfant porteur d'un handicap, parce que l'amour est parfois au-delà des mots, au-delà des forces que l'on pense avoir. C'est un courage incommensurable dans un monde qui peut se montrer terriblement violent et inadapté. Vraiment, une partie que j'ai trouvé fascinante, haletante, immersive et passionnante.
Mais avant de vous présenter ma douche froide sur la suite, il me semble nécessaire de vous évoquer l'écriture de Nicolas Martin, parce qu'elle est assez particulière mais finalement colle parfaitement à cet univers futuriste. L'auteur change de ton, de rythme, de style, de personne même, et fait évoluer sa manière d'écrire au gré de son histoire. Ce n'est pas toujours confortable, mais cela donne une véritable résonance au récit et renforce cette impression d'être plongée dans un monde qui ne fonctionne plus comme le nôtre.
Après la première partie et le drame qui vient tout bouleverser à la fin de cette dernière, le récit prend une autre direction et j'ai trouvé justement que le rythme n'était plus tout à fait le bon, comme si je dansais une valse sur de la techno. Pour comprendre le pourquoi du comment, la géo-politico-science s'intensifie pour mieux définir les attentes de la société et son évolution ainsi que les pratiques douteuses du gouvernement et son besoin mégalomane. Et là, j'ai clairement été beaucoup moins séduite. J'ai également décroché, lors de la période d'internement de Typhaine.
J'ai trouvé certaines réflexions tirées en longueur et le suspense s'est fait la malle, tout comme mes yeux, qui étaient parfois beaucoup plus attirés par la mouche qui volait à côté de moi que par les lignes de mon livre. Alors que j'avais littéralement dévoré le début, j'ai mis un temps fou à venir à bout de cette seconde moitié.
J'ai parfois eu l'impression que l'histoire tournait en rond, que les personnages avançaient sans réellement avancer et que le récit perdait cette tension qui m'avait tant séduite au départ. Heureusement, les changements de points de vue permettent de relancer un peu la lecture et m'ont aidée à retrouver suffisamment d'intérêt pour aller jusqu'au bout, mais voilà, je n'ai pas vraiment compris ou plus exactement je n'ai rien compris à la fin. Enfin si, dans les grandes lignes. Mais une fois le livre refermé, ma première pensée a été : « Tout ça pour ça ? »
Je suis restée avec cette sensation étrange d'avoir traversé énormément de choses, d'avoir suivi des personnages dans un monde particulièrement travaillé, pour finalement arriver à une conclusion qui n'a ni queue ni tête. Une sorte de fin ouverte, certes, mais qui ne m'a pas forcément donné envie d'imaginer la suite. J'aurais aimé une position plus claire, ou au moins avoir la sensation que tout ce qui avait été construit précédemment trouvait réellement un aboutissement.
Peut-être que ma prochaine rencontre avec Nicolas Martin sera justement l'occasion de lui poser mes questions. Et j'avoue que cela m'intéresse beaucoup, car je suis curieuse de savoir ce qu'il avait réellement en tête en écrivant cette conclusion.
Et maintenant, j'ai surtout envie de vous poser ces questions : si vous avez lu Fragile/s, quelle a été votre impression en refermant le roman ? Est-ce que vous avez compris la fin comme moi ou suis-je complètement passée à côté ? Parce que là, je suis vraiment curieuse d'avoir vos retours !
Un futur où avoir un enfant devient presque un miracle, une première partie fascinante et bouleversante.
Puis le récit change de direction et m'a beaucoup moins embarquée.Une écriture originale, des personnages touchants… mais une fin qui m'a laissée perplexe.
Bref, j'ai adoré le début, beaucoup moins la suite.
En beaucoup plus de mots :
Ce roman me fait, depuis sa sortie, un petit quelque chose dans le cerveau. Vous savez, ces livres que l'on croise, dont le titre reste quelque part dans un coin de notre tête et qui nous disent : « Un jour, il faudra tout de même que tu me lises. » C'était aussi le cas à l'époque de Silo de Hugh Howey et j'étais donc très impatiente de découvrir ce titre de cet auteur français. Eh bien voilà, c'est fait ! Et j'ai même la chance de pouvoir rencontrer Nicolas Martin dans les semaines à venir puisque Babelio m'a sélectionnée pour découvrir ce roman à l'occasion de sa sortie en poche, ainsi que son dernier roman. Mais de celui-ci, je vous en parlerai un peu plus tard... bien plus tard... car j'ai une petite panne de lecture concernant ce tome et c'est surement dû justement à la lecture de celui-ci, je vous laisserez deviner pourquoi si vous lisez la suite.
Fragile/s nous plonge dans un monde qui est à l'agonie, et plus exactement dans un monde où nos spermatozoïdes et nos ovules ont de plus en plus de mal à se retrouver. Et lorsqu'ils y parviennent enfin, la division cellulaire elle-même devient hésitante, donnant naissance à des êtres que l'on nommera les Fragiles, parce qu'ils ne sont pas considérés comme sains. Un thème difficile, une lecture qui l'est tout autant.
Et pourtant, j'ai adoré la première partie. J'ai été immédiatement immergée dans cette société en train de se déliter, par cette peur de la non-reproduction ou mauvaise progéniture, par cette vision d'un futur où donner naissance n'est plus quelque chose de naturel mais devient presque un pari. Les personnages principaux et secondaires sont parfaitement maitrisés, peut-être parfois un peu manichéen dans le sens où on les aime ou on ne les aime pas d'un seul coup d'oeil, mais je suis sans doute un peu trop pointilleuse. Ainsi, l'auteur installe progressivement un monde terrifiant, mais suffisamment crédible pour que l'on se demande jusqu'où nous pourrions nous-mêmes aller si la survie de l'humanité était réellement en jeu.
Ce qui m'a surtout touchée, c'est la relation entre Typhaine et Madeleine. Une relation Mère / Fille - Seine / Fragile - Bien / Mal - Acceptation / Inconscience qui m'a profondément émue et qui m'a fait penser à tous ces parents qui doivent apprendre à aimer, protéger et accompagner un enfant différent. Je salue humblement tous ceux qui ont un enfant porteur d'un handicap, parce que l'amour est parfois au-delà des mots, au-delà des forces que l'on pense avoir. C'est un courage incommensurable dans un monde qui peut se montrer terriblement violent et inadapté. Vraiment, une partie que j'ai trouvé fascinante, haletante, immersive et passionnante.
Mais avant de vous présenter ma douche froide sur la suite, il me semble nécessaire de vous évoquer l'écriture de Nicolas Martin, parce qu'elle est assez particulière mais finalement colle parfaitement à cet univers futuriste. L'auteur change de ton, de rythme, de style, de personne même, et fait évoluer sa manière d'écrire au gré de son histoire. Ce n'est pas toujours confortable, mais cela donne une véritable résonance au récit et renforce cette impression d'être plongée dans un monde qui ne fonctionne plus comme le nôtre.
Après la première partie et le drame qui vient tout bouleverser à la fin de cette dernière, le récit prend une autre direction et j'ai trouvé justement que le rythme n'était plus tout à fait le bon, comme si je dansais une valse sur de la techno. Pour comprendre le pourquoi du comment, la géo-politico-science s'intensifie pour mieux définir les attentes de la société et son évolution ainsi que les pratiques douteuses du gouvernement et son besoin mégalomane. Et là, j'ai clairement été beaucoup moins séduite. J'ai également décroché, lors de la période d'internement de Typhaine.
J'ai trouvé certaines réflexions tirées en longueur et le suspense s'est fait la malle, tout comme mes yeux, qui étaient parfois beaucoup plus attirés par la mouche qui volait à côté de moi que par les lignes de mon livre. Alors que j'avais littéralement dévoré le début, j'ai mis un temps fou à venir à bout de cette seconde moitié.
J'ai parfois eu l'impression que l'histoire tournait en rond, que les personnages avançaient sans réellement avancer et que le récit perdait cette tension qui m'avait tant séduite au départ. Heureusement, les changements de points de vue permettent de relancer un peu la lecture et m'ont aidée à retrouver suffisamment d'intérêt pour aller jusqu'au bout, mais voilà, je n'ai pas vraiment compris ou plus exactement je n'ai rien compris à la fin. Enfin si, dans les grandes lignes. Mais une fois le livre refermé, ma première pensée a été : « Tout ça pour ça ? »
Je suis restée avec cette sensation étrange d'avoir traversé énormément de choses, d'avoir suivi des personnages dans un monde particulièrement travaillé, pour finalement arriver à une conclusion qui n'a ni queue ni tête. Une sorte de fin ouverte, certes, mais qui ne m'a pas forcément donné envie d'imaginer la suite. J'aurais aimé une position plus claire, ou au moins avoir la sensation que tout ce qui avait été construit précédemment trouvait réellement un aboutissement.
Peut-être que ma prochaine rencontre avec Nicolas Martin sera justement l'occasion de lui poser mes questions. Et j'avoue que cela m'intéresse beaucoup, car je suis curieuse de savoir ce qu'il avait réellement en tête en écrivant cette conclusion.
Et maintenant, j'ai surtout envie de vous poser ces questions : si vous avez lu Fragile/s, quelle a été votre impression en refermant le roman ? Est-ce que vous avez compris la fin comme moi ou suis-je complètement passée à côté ? Parce que là, je suis vraiment curieuse d'avoir vos retours !
June 7, 2026
Un livre haletant, époustouflant, prenant et glaçant de réalisme.
Ce monde décrit par Nicolas Martin, ou l'extrême droite est au pouvoir et est prête à tout pour faire remonter le taux de natalité tout en versant dans l'eugénisme semble tellement plausible que la lecture de ce livre est fascinante.
Le style est prenant, l'intrigue bien ficelée et l'on referme ce livre triste de laisser les personnages derrière soi et soulagés de quitter cet univers a la fois
Ce monde décrit par Nicolas Martin, ou l'extrême droite est au pouvoir et est prête à tout pour faire remonter le taux de natalité tout en versant dans l'eugénisme semble tellement plausible que la lecture de ce livre est fascinante.
Le style est prenant, l'intrigue bien ficelée et l'on referme ce livre triste de laisser les personnages derrière soi et soulagés de quitter cet univers a la fois
October 13, 2024
On se retrouve aujourd’hui avec le premier roman de Nicolas Martin, un récit d’anticipation politique et social où il est question de manipulations génétiques et de dérives totalitaires. L’auteur est journaliste, scénariste et réalisateur, il a sévi à la radio jusqu’en 2022 dans l’émission La méthode scientifique sur France Culture, et nous propose aujourd’hui une dystopie fascinante.
Alors que le monde souffre d’une terrible chute de la natalité, les enfants qui naissent sont touchés par le syndrome de l’X fragile, lequel provoque de gros handicaps tant intellectuels que physiques. Dans ce contexte, Typhaine accepte de participer à un programme de génoembriologie et se voit implanter un embryon génétiquement modifié, immunisé contre ce fameux syndrome. Dès le départ mal à l’aise avec l’idée de cet enfant créé “sur mesure”, elle lui découvre dès son plus jeune âge des capacités hors du commun qui la terrifient.
L’histoire prend place sous un gouvernement totalitaire dont Typhaine va très vite découvrir les excès, les dérives, dès lors qu’elle va remettre en cause la surveillance constante qui pèsent sur les parents de ces petites merveilles que sont les 1500 bébés du programme. Lois répressives qui limitent la liberté des gens, interdiction de l’avortement, répression, arrestations arbitraires et sanctions immédiates pouvant aller jusqu’à la peine capitale, tout y passe bien sûr. Bienvenue dans le Paris des “Néopatriotes” ! Et chapeau à l’auteur parce qu’il est tout aussi réussi que terrifiant !
Typhaine est un personnage très attachant, une de ces femmes qui résistent auxquelles Nicolas Martin rend ici hommage. Mère d’une fille “fragile”, elle ne désirait pas spécialement cette nouvelle grossesse, et elle n’a accepté de participer au programme que pour faire plaisir à son mari. Sa détresse est d’autant plus grande lorsqu’elle réalise que son enfant n’est pas normal, qu’il lui fait peur et qu’elle s’en méfie. Mise sous camisole chimique lorsqu’elle commence à faire des vagues, la voilà enfermée puis mise sous tutelle avec une gouvernante pour la surveiller à chaque instant.
L’auteur nous tient en haleine jusqu’au bout et nous invite à réfléchir sur les dangers de l’eugénisme et des régimes totalitaires. Cela parle de science, d’éthique, et de politique aussi, évidemment. Seul petit bémol pour moi, le pourquoi du comment du comportement anormal de Nolan, que j’ai trouvé un peu trop incroyable. Je n’ai pas réussi à avaler cette couleuvre, mais pour tout le reste, j’ai adoré ce roman et je vous le recommande vivement. Un immense merci à Babelio et aux éditions Au diable vauvert pour cette belle découverte.
Alors que le monde souffre d’une terrible chute de la natalité, les enfants qui naissent sont touchés par le syndrome de l’X fragile, lequel provoque de gros handicaps tant intellectuels que physiques. Dans ce contexte, Typhaine accepte de participer à un programme de génoembriologie et se voit implanter un embryon génétiquement modifié, immunisé contre ce fameux syndrome. Dès le départ mal à l’aise avec l’idée de cet enfant créé “sur mesure”, elle lui découvre dès son plus jeune âge des capacités hors du commun qui la terrifient.
L’histoire prend place sous un gouvernement totalitaire dont Typhaine va très vite découvrir les excès, les dérives, dès lors qu’elle va remettre en cause la surveillance constante qui pèsent sur les parents de ces petites merveilles que sont les 1500 bébés du programme. Lois répressives qui limitent la liberté des gens, interdiction de l’avortement, répression, arrestations arbitraires et sanctions immédiates pouvant aller jusqu’à la peine capitale, tout y passe bien sûr. Bienvenue dans le Paris des “Néopatriotes” ! Et chapeau à l’auteur parce qu’il est tout aussi réussi que terrifiant !
Typhaine est un personnage très attachant, une de ces femmes qui résistent auxquelles Nicolas Martin rend ici hommage. Mère d’une fille “fragile”, elle ne désirait pas spécialement cette nouvelle grossesse, et elle n’a accepté de participer au programme que pour faire plaisir à son mari. Sa détresse est d’autant plus grande lorsqu’elle réalise que son enfant n’est pas normal, qu’il lui fait peur et qu’elle s’en méfie. Mise sous camisole chimique lorsqu’elle commence à faire des vagues, la voilà enfermée puis mise sous tutelle avec une gouvernante pour la surveiller à chaque instant.
L’auteur nous tient en haleine jusqu’au bout et nous invite à réfléchir sur les dangers de l’eugénisme et des régimes totalitaires. Cela parle de science, d’éthique, et de politique aussi, évidemment. Seul petit bémol pour moi, le pourquoi du comment du comportement anormal de Nolan, que j’ai trouvé un peu trop incroyable. Je n’ai pas réussi à avaler cette couleuvre, mais pour tout le reste, j’ai adoré ce roman et je vous le recommande vivement. Un immense merci à Babelio et aux éditions Au diable vauvert pour cette belle découverte.
August 10, 2026
Une excellente surprise.
J’ai trouvé ce livre dans ma PAL et je ne sais plus qui me l’a prêté, mais merci à toi !
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, mais une fois les 50 premières pages passées, je n’arrivais plus à en décrocher ! L’intrigue est pleine de rebondissements et va de plus en plus vite (même un peu trop vite sur la fin à mon goût, j’aurais aimé y passer plus de temps.)
Les personnages sont attachants et tout en nuances, et j’avais beaucoup de peine pour tout le monde dans cette histoire, surtout Typhaine et son amie Elisa (et même un peu Gauthier !) (mais juste un peu parce que v’la le connard quand même).
Le style d’écriture est très étrange, et m’a plusieurs fois désarçonnée avec ses changements de tons (passage de la troisième à la première personne, changements de temps de la narration, transcripts audio avec didascalies, coupures de presse, etc.) mais une fois la surprise passée, je trouvais que ça apportait de la variété au récit et c’était assez bien fait pour indiquer les changements de points de vue.
Sur les thèmes, on est sur du costaud (et surtout du bien glauque), je ne conseille pas de le lire avant de dormir parce que bonsoir les cauchemars… Fascisme, totalitarisme, contrôle du corps des femmes, surveillance et délation sont les mots d’ordre de ce récit (avec une petite pointe de SF - inattendue mais intéressante - sur la fin !) Personnellement, je ne pense pas que cela préfigure le futur, parce que je pense que le fascisme du XXIè siècle ne sera pas sous contrôle d’un Etat totalitaire, mais de corporations multinationales (pas que ça soit mieux) mais ce sont des détails. Au final, une réflexion passionnante sur le glissement européen actuel vers l’extrême-droite, et les dangers qui guettent les femmes et les minorités au tournant.
J’ai trouvé ce livre dans ma PAL et je ne sais plus qui me l’a prêté, mais merci à toi !
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, mais une fois les 50 premières pages passées, je n’arrivais plus à en décrocher ! L’intrigue est pleine de rebondissements et va de plus en plus vite (même un peu trop vite sur la fin à mon goût, j’aurais aimé y passer plus de temps.)
Les personnages sont attachants et tout en nuances, et j’avais beaucoup de peine pour tout le monde dans cette histoire, surtout Typhaine et son amie Elisa (et même un peu Gauthier !) (mais juste un peu parce que v’la le connard quand même).
Le style d’écriture est très étrange, et m’a plusieurs fois désarçonnée avec ses changements de tons (passage de la troisième à la première personne, changements de temps de la narration, transcripts audio avec didascalies, coupures de presse, etc.) mais une fois la surprise passée, je trouvais que ça apportait de la variété au récit et c’était assez bien fait pour indiquer les changements de points de vue.
Sur les thèmes, on est sur du costaud (et surtout du bien glauque), je ne conseille pas de le lire avant de dormir parce que bonsoir les cauchemars… Fascisme, totalitarisme, contrôle du corps des femmes, surveillance et délation sont les mots d’ordre de ce récit (avec une petite pointe de SF - inattendue mais intéressante - sur la fin !) Personnellement, je ne pense pas que cela préfigure le futur, parce que je pense que le fascisme du XXIè siècle ne sera pas sous contrôle d’un Etat totalitaire, mais de corporations multinationales (pas que ça soit mieux) mais ce sont des détails. Au final, une réflexion passionnante sur le glissement européen actuel vers l’extrême-droite, et les dangers qui guettent les femmes et les minorités au tournant.
June 20, 2025
Dans un futur pas si éloigné de nous, la fertilité de l'humanité est remise en question. Les rares grossesses menées à terme engendrent des enfants génétiquement Fragile/s. A Paris, Typhaine doit se réjouir d'avoir été sélectionnée pour intégrer le Programme qui lui a permis d'avoir son premier enfant sain, Nolan, 7 ans après la naissance de sa fille Fragile, Madeleine. Mais l'arrivée de l'enfant précoce dans leur famille va bouleverser leur foyer.
Comment en dire suffisamment sans trop en dévoiler : voilà toute la difficulté de rédiger un commentaire au sujet d'une intrigue aussi captivante ! Avec ce premier roman mêlant anticipation, science-fiction, politique et parentalité, Nicolas Martin frappe fort et transforme l'essai !
L'histoire est racontée de façon non chronologique, par plusieurs biais et grâce à différents styles : narration à la troisième personne, carnets de l'une, confession de l'autre, retranscriptions d'enregistrements sonores, articles de presse, rapports... La multiplicité des "supports", loin de nous perdre, est vraiment très immersive, et je salue le talent de l'auteur pour sa maîtrise de cette construction plurielle, qui m'a complètement emportée.
L'écriture de Nicolas Martin est percutante, imagée, soignée, habitée et mouvante. Le style évolue en fonction des personnages qui ont la parole et selon la progression de l'intrigue.
Alors, certes, on pourrait trouver que le dénouement est un peu démesuré, mais pour moi (qui l'ai dévoré en 5 soirs), l'issue me semble crédible au regard de l'enchaînement des événements. Il me semble que les originalités de ce roman pourrait donner lieu à une belle série dans la lignée de la servante écarlate..!
Bref, j'ai été conquise par ces Fragile/s si courageuses et pleine de forces insoupçonnées !
Comment en dire suffisamment sans trop en dévoiler : voilà toute la difficulté de rédiger un commentaire au sujet d'une intrigue aussi captivante ! Avec ce premier roman mêlant anticipation, science-fiction, politique et parentalité, Nicolas Martin frappe fort et transforme l'essai !
L'histoire est racontée de façon non chronologique, par plusieurs biais et grâce à différents styles : narration à la troisième personne, carnets de l'une, confession de l'autre, retranscriptions d'enregistrements sonores, articles de presse, rapports... La multiplicité des "supports", loin de nous perdre, est vraiment très immersive, et je salue le talent de l'auteur pour sa maîtrise de cette construction plurielle, qui m'a complètement emportée.
L'écriture de Nicolas Martin est percutante, imagée, soignée, habitée et mouvante. Le style évolue en fonction des personnages qui ont la parole et selon la progression de l'intrigue.
Alors, certes, on pourrait trouver que le dénouement est un peu démesuré, mais pour moi (qui l'ai dévoré en 5 soirs), l'issue me semble crédible au regard de l'enchaînement des événements. Il me semble que les originalités de ce roman pourrait donner lieu à une belle série dans la lignée de la servante écarlate..!
Bref, j'ai été conquise par ces Fragile/s si courageuses et pleine de forces insoupçonnées !
December 10, 2024
🫧 J'ai vraiment BEAUCOUP apprécié cette lecture, qui m'a pas mal rappelé la servante écarlate. Au départ, je partais un peu avec un apriori (un homme qui écrit sur ça, je me mefie toujours un petit peu de la réalisation)
🫧 Ce texte est vraiment dur, et il aborde plein de choses : la maternité, le handicap, mais aussi l'eugénisme, le racisme et les violences conjugales. Il montre très bien comment la compromission ne marche jamais, que vouloir des compromis, tendre vers eux, essayer de s'intégrer pour " changer les choses de l'intérieur" c'est le meilleur moyen pour SE changer SOI, et pas le système.
🫧J'ai aussi apprécié la façon dont la psychiatrie est ici complice de l'état fasciste, un outil dont celui ci se sert pour contraindre et punir. Même si on en est (encore heureux) pas à ce stade, c'est le principe même de l'institution psychiatrique que de servir d'outil de contrôle, et j'ai aimé la façon dont s'était montré ici. Également, l'auteur n'a pas peur de mettre les bons mots sur les choses, et ça fait du bien de voir écrit noir sur blanc " néo - nazi" pour parler de néo- nazi
🫧 Un autre point fort du texte selon moi c'est sa mise en forme : on arrive à créer plein d'émotions avant même de lire véritablement le texte grâce à la mise en page c'est vraiment très cool, y'a une vraie particularité de l'écrit que j'ai vraiment aimé
🫧 Par contre j'ai pas compris grand chose à la fin si quelqu'un peut m'éclairer j'ai l'impression c'est un peu parti dans tous les sens ??
🫧 Ce texte est vraiment dur, et il aborde plein de choses : la maternité, le handicap, mais aussi l'eugénisme, le racisme et les violences conjugales. Il montre très bien comment la compromission ne marche jamais, que vouloir des compromis, tendre vers eux, essayer de s'intégrer pour " changer les choses de l'intérieur" c'est le meilleur moyen pour SE changer SOI, et pas le système.
🫧J'ai aussi apprécié la façon dont la psychiatrie est ici complice de l'état fasciste, un outil dont celui ci se sert pour contraindre et punir. Même si on en est (encore heureux) pas à ce stade, c'est le principe même de l'institution psychiatrique que de servir d'outil de contrôle, et j'ai aimé la façon dont s'était montré ici. Également, l'auteur n'a pas peur de mettre les bons mots sur les choses, et ça fait du bien de voir écrit noir sur blanc " néo - nazi" pour parler de néo- nazi
🫧 Un autre point fort du texte selon moi c'est sa mise en forme : on arrive à créer plein d'émotions avant même de lire véritablement le texte grâce à la mise en page c'est vraiment très cool, y'a une vraie particularité de l'écrit que j'ai vraiment aimé
🫧 Par contre j'ai pas compris grand chose à la fin si quelqu'un peut m'éclairer j'ai l'impression c'est un peu parti dans tous les sens ??
February 18, 2025
Fragile fait parti de ces livres inattendus qui vous bousculent, vous touchent au plus profond de votre être. Et particulièrement dans votre parentalité.
De la SF comme on en lit pas assez. Oubliez les sagas galactiques un peu bourrines, là, on est dans une dystopie qui a bien des égards fait froid dans le dos tant on a parfois l'impression de s'y diriger à grands pas.
L'écriture est d'une force rare.
Un seul regret, un épilogue qui clôt un peu rapidement cette histoire qu'on aurait bien voulu voir durer.
De la SF comme on en lit pas assez. Oubliez les sagas galactiques un peu bourrines, là, on est dans une dystopie qui a bien des égards fait froid dans le dos tant on a parfois l'impression de s'y diriger à grands pas.
L'écriture est d'une force rare.
Un seul regret, un épilogue qui clôt un peu rapidement cette histoire qu'on aurait bien voulu voir durer.
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