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1984 French-language hardbound volume. Color. 50 pages.

48 pages, Hardcover

First published January 1, 1983

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Raoul Cauvin

676 books38 followers

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1 star
2 (1%)
Displaying 1 - 7 of 7 reviews
Profile Image for Eponyme.
95 reviews5 followers
April 2, 2025
Un des meilleurs albums de la série, peut-être le meilleur ? Je fais un classement au fur et à mesure de mes relectures, et Black Face se hisse à la première place, et il risque d'y rester un bon moment.
Un excellent album, mais en rupture de ton par rapport aux autres, l'humour y reste présent, mais ne consiste plus qu'en vannes entre Blutch et Chesterfield, tant le reste ne prête pas à rire. Les deux protagonistes ne sont que les témoins impuissants d'un récit très sombre, qui commence et termine amèrement, non pas par une bataille, mais par les fossoyeurs qui enterrent les cadavres ensuite.

C'est la première fois où des Noirs sont des personnages de l'histoire. Le tome 2 en met en scène sous forme de personnages fonctions et leur accent et caricature raciste sont terriblement cringe. Ensuite, on a revu des Noirs une ou deux fois, littéralement en tant qu'éléments de décor : des serviteurs qui tiennent la porte, servent le café, etc...
Ici, la condition des Noirs américains est LE sujet de l'album, et je suis encore étonnée qu'un album jeunesse ait traité ce sujet du racisme et de l'exploitation des Noirs par les Blancs avec autant de radicalité.

"Cette guerre est surtout la leur, voyons ! Nous luttons tous pour l'abolition de l'esclavage !" affirme un officier nordiste. Ce à quoi ses collègues rétorquent :
"Allons, allons, mon cher ! Vous savez très bien que là n'est pas le véritable but ! Bon, d'accord... il y a un peu de ça... il faut bien trouver un prétexte glorieux pour guerroyer ! Et puis ça tranquillise la conscience du peuple !
- Non... le vrai motif, c'est que certains de nos politiciens rêvent de s'approprier les richesses du Sud ! Alors, les Noirs, là-dedans, vous savez...
- c'est la bonne excuse... n'ayons pas peur des mots !"

Mais surtout, l'exploitation et la discrimination raciale est dénoncée par les Noirs eux-même, à qui la parole est (enfin !) donnée.
Black Face, le personnage éponyme, "soldat" du Nord, mais en réalité employé à des corvées par l'armée, qui s'est réapproprié de façon cynique le surnom raciste que les Blancs lui ont donné, et donc on ne connaîtra jamais le véritable nom (alors que d'autres personnages noirs sont nommés), est envoyé dans les plantation du Sud pour servir d'agitateur politique et pousser les esclaves à se rebeller. Mais Black Face étant lui-même un militant radical, il les pousse à se révolter contre les deux camps à la fois, dans une harangue mémorable :
"Dis-nous, ami... comment vivent les Noirs dans le Nord ?
- Libres !
- Libres ?!
- Ouais ! Libres ! libres d'aller où on leur dit d'aller, et pas ailleurs ! Libres à condition de respecter les Blancs, de brosser leurs godasses, de creuser leurs latrines ou d'enfouir leurs morts !... et tout ça pour un salaire de misère ! Juste de quoi ne pas crever de faim ! et encore...
- J'avoue ne pas très bien te comprendre, l'ami... tu nous demande de trahir le Sud, et tu nous brosses un tableau peu encourageant du Nord !
- Jérémie a raison ! Tu veux nous faire prendre les armes, mais contre qui .
- Contre eux tous ! Au diable leur guerre imbécile ! Elle ne nous regarde pas ! Nous devons nous battre pour vivre libres d'un côté comme de l'autre !"

Le message est clair.
Du côté des Blancs, Chesterfield est bien entendu raciste et borné, et sa bêtise sert de prétexte à renforcer le fait que Black Face a raison. Blutch, lui, est égalitaire comme d'habitude, et réfléchit en terme de classe plutôt que de race : Black Face est davantage son camarade que les gradés et les bourgeois blancs, et il comprend son combat sans y prendre part pour autant.
Leurs habituels gags (encore du déguisement, encore des quiproquos) composent un arc scénaristique secondaire qui ne parvient même pas à apporter de la légèreté à un album de plus en plus sombre et poisseux.

Évidemment, le cynisme des dominants blancs atteint des sommets lorsque l'état major nordiste décide d'envoyer une troupe menée par le pire type qu'ils ont pu dégotter pour massacrer Black Face et ses camarades.
L'histoire se finira évidemment mal, malgré la tentative aussi naïve que vaine de Blutch et Chesterfield pour prévenir Black Face et le sauver... mais lui sait que sa rébellion l'a condamné à mort depuis le début.
L'histoire s'achève donc par un bain de sang, aucun survivants chez les rebelles (une violence rare dans les Tuniques Bleues), et une chape de honte et de gêne pour l'état major nordiste, qui préfère balayer la poussière sous le tapis.

Non seulement on ne connaîtra jamais le véritable nom de Black Face, mais dans l'épilogue, Chesterfield croit le reconnaitre, mais il s'agit seulement d'un autre Noir qui lui ressemble et qui fait le même métier que lui au début de l'album (fossoyeur), bouclant ainsi la boucle. Black Face, qui se rebellait pour affirmer son humanité, se dilue dans un anonymat et une absence d'identité, de Noir dans le décor, il redevient un autre Noir dans le décor, et les Blancs redeviennent les personnages principaux de la guerre et des Tuniques Bleues.

Un album extrêmement pessimiste, mélancolique et amer, qui peut être vu comme un positionnement anti-raciste courageux des auteurs, mais aussi comme un aveu d'échec : la condition des Noirs ne change pas, et le sujet ne sera plus abordé dans la série, qui n'aura plus non plus de personnages noirs agissant sur l'intrigue.
Profile Image for Math le maudit.
1,376 reviews46 followers
July 29, 2011
Très bon album sur l'utilisation des noirs américains pour semer le trouble derrière les lignes sudistes.

La fin, particulièrement cynique, en fait un des albums les plus noirs (on rit on s'amuse !) de la série.
Profile Image for The Cannibal.
657 reviews23 followers
October 24, 2018
Cet album des Tuniques Bleues m'avait terriblement intrigué lorsque je l'avais eu en main, en 1983… J'avais 8 ans, je connaissais déjà le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, mais là, je ne comprenais pas.

Un Noir se tenait devant le duo, une arme à la main, peu amical et nos deux amis portaient l'uniforme de l'armée sudiste !

De plus, cet album avait ébranlé mes convictions : la guerre de Sécession avait eu lieu parce que le Nord voulait délivrer les Noirs maintenu en esclavage par le Sud et là, j'apprenais que ce but louable n'était pas une vérité, mais juste un bon prétexte et que les Noirs n'étaient pas libres dans le Nord…

La claque ! Mes convictions naïves qui étaient les miennes à 8 ans volaient en éclat. L'être Humain était-il si vénal ? Des politiciens déclencheraient-ils une guerre parce qu'ils lorgnaient sur les riches propriétés du Sud ? Non, impossible ! Et mon esprit était revenu à la belle raison : délivrer les esclaves !

Je suis adulte depuis longtemps, j'ai grandi, appris des choses, rempli mon cerveau (du moins, je l'espère) d'autres choses que des bêtises. Exit la naïveté de mes 8 ans.

Ce que fait que depuis longtemps, à chaque fois que je relis cet album, je le vois toujours d'un autre oeil et je sais que sous le couvert de l'humour des répliques de Blutch et des situations cocasses du duo, il y a de la profondeur et une horrible leçon dans cette aventure, plus tragique qu'on ne pourrait le croire et qui n'aurait sans doute pas dû finir dans les menottes d'une gamine de 8 ans.

Non, les Noirs n'étaient pas si libres que ça dans le Nord ! Juste libre de faire ce que les Blancs leur disaient… Et le pire étaient ceux qui s'étaient engagé dans l'armée des Nordistes : juste bons à creuser des latrines et des tombes.

Le scénario imaginé par le Nord pour foutre le bordel au Sud est diabolique, mais lorsqu'on envoie pareille bombe chez les autres, on ne sait jamais si au final, elle ne va pas nous exploser dans la gueule ! Et ici, ce sera le cas !

Poussant le diabolique à son paroxysme, le général va avoir une idée de génie et entre nous, dans l'Histoire, il ne devait pas être le premier et il ne sera pas le dernier, un moustachu l'a utilisée aussi. L'habit fait le moine, pour eux.

Sans manichéisme, tout le monde étant un peu gris dans cette histoire, les auteurs nous livrent un tome plus sérieux, plus noir, plus sombre, sur la guerre de Sécession, sans pour autant renier leur habitude de le traiter avec humour, tout en restant sobre puisque l'humour sera dans les dialogues entre le sergent et le caporal.

Un album fort sombre qui m'avait fait un peu peur lorsque j'étais jeune à cause de quelques scènes de pillages sur fonds de maisons incendiées.

Un album où les Nordistes ne ressortaient pas grandis… Un album qui m'expliquaient que personne n'était tout blanc ni tout noir, que personne ne lavait plus blanc qu'un autre et qu'au final, l'Homme était un salaud.
84 reviews1 follower
December 2, 2016
Een goed verhaal, hoewel de grappen wat achter blijven, wat logisch is met een serieus verhaal als dit.
Displaying 1 - 7 of 7 reviews

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