David McCabe était pareil en vrai. Habité, économe de tout geste. À chaque pose je le comparais à un nouvel animal. J’avais presque tous ses films sur mon disque dur, et des dizaines de photos. On avait décidé de se filmer ensemble. Je suis une créature entièrement artificielle. Je lui aurais ouvert la porte en robe pâle et perles. On n’aurait jamais quitté le corridor. C’est là qu’il m’aurait ôté ma robe, qu’il se serait agenouillé devant moi. Ensuite, on aurait tourné des variantes.
«Je pourrais peut-être essayer de le convaincre de rester avec moi pour attendre passivement la fin du monde. Nous attirions le malheur, à deux nous le ferions peut-être arriver plus vite. Mon appartement n'était pas si haut, juste au troisième étage, mais quand l'eau commencerait à monter on aurait le temps de s'organiser, et si le feu prenait au centre-ville on aurait une belle vue.»
J'adore la plume de l'autrice, et de son récit se dégage une très sensible poésie. Malheureusement, l'intrigue m'a semblé trop décousue et confuse pour que je puisse totalement m'y investir.
Je vais toutefois essayer une autre oeuvre de la même artiste avec plaisir, peut-être dans un format plus long qui risque de davantage me convenir.
"J'ai la bouche fermée mais dans la gorge ou la tête un grand cri [...] ça crie toujours pourquoi dans ma tête, ça le cri toujours plus fort, pourquoi, comment est-ce possible, pourquoi dois-je décider, à propos de tout, si c'est beau ou laid, si ça mérite d'exister, plus que moi, moins que moi, plus que n'importe quoi d'autre qui n'existe pas, mais qui le pourrait." p.58-59
Alexie Morin écrit très bien. Beaucoup d’images fortes, magnifiques. Mais le niveau de « décousures » est trop haut pour moi, je me sens perdue et ça me fait sentir inintelligente de ne pas réussir à suivre l’histoire.