Les passants que je croisais sur la rue Masson s’enlevaient de mon chemin. J’aurais voulu les effacer. J’avais préséance ici. Ce n’est pas la faim qui m’a arrêté devant la salaison, mais la guirlande de saucisses qui pendait dans la vitrine, les cages thoraciques de bœuf, la tête de porc avec une pomme dans la gueule, les blocs de pâté de foie, le poulet luisant avec ses boutons de manchette. Exactement la même chair de plastique qu’à mes dix ans, pâlie jusqu’à la transparence par le soleil.
Excellent texte, tout simplement. Je sais pas quoi dire, sinon que j'aurais aimé lire un roman tout comme ça. Mais le format court ajoutait sans doute quelque chose à mon plaisir de le lire d'une traite, en lendemain de brosse, un samedi après-midi que j'aurais cru avoir perdu autrement.
Je tiens seulement à dire que la station Champs-de-Mars est sur la ligne orange. Il n'aurait pas pu voir entrer un monsieur en blouson à cette station puisqu'il était sur la ligne verte.
Quelle belle idée de nouvelle, autant dans la forme que son style.
Lors de l'ouverture de son compte Facebook, un homme retombe par hasard sur le profil d'un ami d'adolescence qui a été d'une importance capitale dans sa vie. Au fil des quelque 50 pages du texte de Maxime Raymond Bock, on flirtera entre les souvenirs fabulés et souvent magnifiés par l'âge, le temps réel plus maussade et désabusé que l'on se plaît étrangement à ranger sous les meubles, avec la poussière.
Le livre constitue un simple rendez-vous que les deux hommes se donneront afin de reprendre le temps perdu, et la marche du métro à l'appartement où ils se rencontreront. Et la chute en vaut la peine, justifie les venues parfois un peu trop poétiques de tout le reste, tant le message est clair, percutant et sensible.