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C’est le cœur qui meurt en dernier

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Robert Lalonde évoque de façon bouleversante celle qui fut sa mère, femme piégée par le destin et qui d’outre-tombe continue d’entretenir avec son fils un rapport de tendresse et de bataille.

J’émerge, essoufflé, d’un rêve où tu t’adressais à moi dans une langue inconnue. Inquiète, énervée, volubile au-delà de ton accoutumée, tu cherchais à me confier le fin mot de ton histoire, la réponse enfin à ta question lancinante – « J’ai été qui, j’ai été quoi, peux-tu me le dire ? » – mais arrangée dans un charabia inintelligible, où revenaient sans finir, comme le refrain traînant d’une complainte, mes trois prénoms, chantonnés tristement, à la manière des prières que je marmonnais autrefois sans comprendre ce qu’elles voulaient dire.

C’est moi, bien sûr, qui me pose à moi-même, en plein cœur de la nuit, la question suppliciante. C’est ma voix dans la tienne qui psalmodie Joseph, Serge, Robert, espérant que ces trois-là répondront à l’appel et articuleront à ma place une réponse claire, nette, définitive à ta grande question « à cent piastres ». Quelque chose comme : « J’ai été celui qui a eu raison de t’aimer, puis raison de te haïr et de m’enfuir, raison de faire ma vie loin de toi, et finalement raison de rentrer, même s’il se fait tard. »

168 pages, Paperback

First published November 1, 2013

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About the author

Robert Lalonde

55 books27 followers
Librarian Note: There is more than one author in the Goodreads database with this name.

Robert Lalonde est né à Oka en 1947. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts au Séminaire de Sainte-Thérèse, il a poursuivi des études en interprétation théâtrale au Conservatoire d'art dramatique de Montréal.

En 1970, il a obtenu le premier prix d'interprétation du Conservatoire et une bourse d'un an qui lui a permis de voyager en Europe et aux États-Unis.

Professeur d'art dramatique au Cégep Lionel-Groulx, il a aussi enseigné au Conservatoire d’art dramatique de Montréal ainsi qu'à l’Université du Québec de Trois-Rivières. Acteur dans de nombreux films et téléfilms, homme de scène, il se consacre également à l'adaptation de textes pour le théâtre et à l'écriture romanesque. Il a entre autres traduit le livre d'Anne Michaels, Fugitive Pieces (La Mémoire en fuite, Boréal, 1998).

Ses notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire, parues dans Le Devoir il y a quelques années, ont été très appréciées du public et se retrouvent, complétées de textes inédits, dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, tous deux publiés au Boréal.

Robert Lalonde représente le Québec à chaque automne depuis 1997 en tant que membre du jury du Prix de l’Union latine, à Rome (Italie).

En 2005, il a fait paraître le roman Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meure ?, un bouleversant portrait de l’adolescence. Enfin, au printemps 2007, Robert Lalonde nous a offert le recueil de nouvelles Espèces en voie de disparition, une plongée vers l’humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous. Ce recueil a été finaliste dans la catégorie « Romans et nouvelles » des prix du Gouverneur général 2007 et finaliste du Prix du Grand public La Presse /Salon du livre de Montréal. Il est également, à l’heure actuelle, finaliste du Grand Prix littéraire Archambault et du Prix littéraire des collégiens 2008. En 2009, il nous offrait deux novellas réunies dans Un cœur rouge dans la glace et au printemps 2011, il a publié sous le titre Le Seul Instant ses carnets, regroupant réflexions et aquarelles.

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1 star
1 (<1%)
Displaying 1 - 12 of 12 reviews
77 reviews
July 8, 2025

Je l'ai lu une fois, je le lirai encore et encore.

Ce récit est une validation pour ces enfants qui n'ont jamais eu de voix.
Pour ces familles partagées entre la honte et le désamour d'une mère perturbée.
Il y a dans ce langage du terroir un message coloré et poétique.
Le message d'un amour en dents de scie aussi bon qu'un revel, bien glacé, dans lequel on aurait voulu mordre, les yeux fermés, jusqu'à ne plus voir au fond de sa tête qu'un grand soleil polaire.

Merci à l'auteur!


Profile Image for Erika.
42 reviews1 follower
December 9, 2020
I definitely would have enjoyed this more if I understood Quebecois expressions and lingo better than I do.
41 reviews
July 2, 2025
4.5 ⭐️

Un récit que j’ai trouvé très touchant, qui évoque la violence d’un quotidien auprès d’un parent aux prises avec une santé mentale précaire. J’ai un sentiment de déjà-vu puissant au terme de cette lecture, qui me rappelle que plusieurs personnes de la génération de l’auteur ont vécu, à plus ou moins grande échelle, un quotidien semblable.

Des femmes piégées dans une vie dont elles se sentent dépossédées et dont le malheur rejaillit sur leur entourage. Une violence rendue acceptable, tolérée, minimisée, en raison des liens inextricables de la filiation. Bouleversant.

J’ai aussi beaucoup aimé la manière dont la mère s’exprime. C’est très vrai, très évocateur du parler des régions. J’aurais cru entendre parler ma grand-mère! 😀
Profile Image for Marie.
452 reviews12 followers
January 27, 2014
En 1990, je notais dans mon carnet de lecture mes impressions du premier roman de Robert Lalonde, La belle épouvante (1981) pour lequel il se méritait le prix Robert-Cliche: "Quel plaisir, quel lyrisme. C'est beau, passionné et passionnant. J'aime comment il parle d'amour et j'aime comment il est dans l'amour. Je dois le relire." À l'époque, il avait déjà commencé ce récit sur sa mère - il lui a fallu 40 ans pour l'achever. Comment parler de sa mère, dans la mouvance du temps et des sentiments? Poétique, évocatrice, l'écriture de Lalonde m'a de nouveau séduite - j'aime comment il a intégré la "parlure' de sa mère. Les souvenirs intimes de l'auteur/comédien, des moments de la vie quotidienne et des conversations sont réunis pour créé un portrait touchant.
Profile Image for Jean-Sylvain.
299 reviews3 followers
May 18, 2021
Les yeux embués, tu ne te préparais ni à l'éblouissement ni à la déception: tu mettais au point l'émotion qui te semblait appropriée. Laissant tranquillement monter tes larmes de fausse joie, travaillant minutieusement un semblant de sourire ravi, tu t'apprêtais à mimer à la perfection un contentement et une reconnaissance que tu voulais d'avance exemplaires, mais que tu n'étais pas sûre encore d'être capable d'éprouver, au moment voulu. Je m'impatientais, persuadé que depuis longtemps tu savais ce que contenait la trop jolie boîte -tu m'avais de nombreuses fois désigné ce que tu voulais pour Noël-, et finissais par déchirer d'une main profane, on aurait dit vengeresse, le beau papier qui te faisait pleurer «pour de vrai». (p.105)
496 reviews7 followers
May 11, 2017
Je n'ai pas réussi à apprécié l'histoire et la narration.
10 reviews
December 14, 2020
"Au fond, peut-être est-ce à la fois fatal et tout simple et chacun doit-il faire comme ça: aime, détester, fuir, faire sa vie au loin et, à la brunante, revenir, moitié attaché moitié libre, moitié guéri moitié vengeur, sur les lieux du beau carnage."
Profile Image for Eveline.
3 reviews4 followers
April 13, 2017
J'ai lu ce petit récit d'un coup... Je l'ai refermé boulversé... Chaques mots avaient sa place... on ne dit pas tout on laisse de l'espace au lecteur et on a envie de rencontrer Robert Lalonde pour son débordement d'humanité voilà
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