Dans un avenir proche, une entrepreneure québécoise réussit à mettre en marché des petits robots, qui ont l’apparence d’enfants, capables d’apprendre et d’évoluer en fonction des outils d’apprentissage que leur fournissent leurs propriétaires. Ces objets deviennent rapidement populaires et, un peu à la manière d’un enfant biologique ou d’un animal de compagnie, ils développent des compétences et deviennent de plus en plus « humains ». Devant ce succès, des groupes contestataires se forment, accusant la compagnie qui les produit de provoquer ou d’encourager la pédophilie, entre autres. Les jouets sont détruits, leurs propriétaires traqués et harcelés. Loin de la clameur du monde, Sim, un modèle 5033, est l’un de ces compagnons, adopté par un fermier doté de patience et d’un sens inné de la pédagogie. Entouré de Choco le chien et de Filsdejean-Poule478 (une poule, on l’aura deviné), Sim s’éveille et devient, sous nos yeux, un petit garçon. Quand son maître meurt et que son intégrité est menacée, Sim n’a d’autre choix que d’entrer dans la forêt pour fuir la violence du monde. C’est là le tour de force de J. D. Kurtness. Elle avait su nous faire éprouver de la sympathie pour une tueuse en série dans De vengeance, elle nous avait transmis la nostalgie d’une baleine dans Aquariums, voilà qu’elle nous fait tomber en amour avec un petit garçon artificiel, un Pinocchio des temps modernes. Dans ce roman qui prend des airs de fable, la technologie rencontre la nature, la bonté de certains ne peut pas tenir face à la cruauté des autres, et les humains ne sont pas que faits de chair et d’os.
Born in Chicoutimi (when the town still went by that name), baptized in Pointe-Bleue (when the reserve still went by that name), J.D. Kurtness came to Montreal to study microbes and ended up writing emails for an obscure non-profit organization. She also writes books and computer software // Née à Chicoutimi, J.D. Kurtness est venue à Montréal avec l'intention d'étudier les microbes. Elle a plutôt bifurqué vers la littérature et l'informatique. Elle écrit des romans et des logiciels.
Cette autrice connaît mes plus grandes peurs et en fait des romans!
Le chapitre 2 avec Brigitte c’est là que j’ai vu le casse-tête se mettre en place. Chapitre excellent d’ailleurs avec une protagoniste attachiante? Je pense que c’est la première fois que j’apprécie une telle protagoniste autant à l’opposé de mes valeurs . Que je comprends d’où elle vient et pourquoi elle agit ainsi.
Je comprends tout à fait le malaise de Charlotte, aussi rationnel faut-il être à ce sujet. Je sais que je ne pourrais pas l’être.
Super roman autour des thèmes des avancées technologiques.
Ça se ressent que l’autrice connaît très bien son sujet
Le seul défaut de cette nouvelle est que j’en aurais pris plus! Je suis maintenant curieuse de lire les autres œuvres de cette auteure.
J’ai pris de nombreuses pauses durant ma lecture afin de réfléchir à cette réalité fictive mais totalement possible dans un futur rapproché. Le prologue m’a mis l’eau à la bouche et m’a rendue incapable d’attendre avant de lire la suite. J’ai aussi bien aimé les trois points de vue que nous avions, qui nous permettaient de voir tous les côtés de la controverse. Enfin, en tant qu’amoureuse de la nature, j’ai fortement apprécié la fin pour Sim. Bref, de belles leçons et réflexions vous attendent!
3.5* Je dois dire que ce livre m’a surprise par son approche intéressante et ingénieuse. J’ai également aimé le style de l’auteure qui m’a convaincu à lire d’autres de ses oeuvres.
C'était loin d'être une lecture légère. La vallée de l'étrange est une fable dystopique québécoise réaliste, qui se déploie entre 2021 et 2071. C'est un roman court, mais chargé dans lequel l’autrice pousse la réflexion sur l’intelligence artificielle, jusqu’à ses limites les plus dérangeantes.
On suit trois trajectoires soit ; Béatrice, une artiste devenue entrepreneure qui conçoit des robots compagnons ; Zachary, un génie de l’informatique ; Sim, un robot-compagnon sensible. Trois lignes narratives qui se croisent, s’assemblent et finissent par former un tout cohérent et profond. Derrière le récit, se cache une grande maîtrise de l’autrice, qui connaît parfaitement ses sujets, qu’il s’agisse de physique mécanique ou de génie informatique. Sa plume est efficace, précise, et m’a donné envie de découvrir ses autres parutions.
Ce roman m’a troublé, justement parce qu’il frôle de très près notre réalité. Je l’ai refermé le cœur partagé entre tendresse, malaise et inquiétude. Dans ce récit, c’est le robot qui incarne la douceur et l’empathie. L’humain, lui, apparaît froid, contrôlant, souvent incapable d’aimer sans dominer.
L’autrice ne moralise pas. Elle suggère. Elle fait de cette courte dystopie une fable technologique et éthique. C’est un texte puissant, qui interroge notre rapport à la technologie et aux usages de l’intelligence artificielle.
J'avais très hâte de lire ce roman. En plein mon genre d'histoire. J'aime beaucoup comment écrit cette autrice. Ses phrases et sa manière de dire les choses ainsi que ses idées me rejoignent. J'ai beaucoup aimé, mais je suis restée sur ma faim. Je ne sais pas ce qui manque à ce roman, mais il manque un tout petit quelque chose. Une petite étincelle. Je crois en fait que je trouve que les deux histoires qui se déroulent en parallèle manquent de finition toutes les deux. J'en aurais prit plus. Comme si elles étaient inachevées. J'en aurais prit plus, car c'était bon et j'étais curieuse de voir jusqu'ou elle aurait pu pousser ses idées.
J'aime aussi son franc parler. Bref, c'est une autrice que j'apprécie beaucoup et si vous lisez ce roman, venez m'en parler. Je suis curieuse de connaitre votre opinion.
Voici quelques petites phrases qui m'ont fait sourire. Et non, ce n'est pas qu'un roman porté sur le sexe, loin de là ! La lecture en vaut le détour !
Quoi que l'on crée, il y a toujours quelqu'un qui va essayer de se l'enfoncer dans le cul.
Brigitte a l'impression de dévisager une vulve. Obscène comme des orifices. C'est comme regarder un entrejambe maquillé.
Ce que j'aime dans les romans de J.D. Kurtness, ce sont leur originalité. Et son plus récent m'a fait réaliser que quand je la lis, j'ai l'impression qu'elle s'adresse davantage à la partie cartésienne de mon cerveau. Ça ne me déplaît pas.
Particulièrement dans cette oeuvre où elle explore un futur proche peuplé d'intelligences artificielles qui peuvent servir à n'importe quelle fin pour les humains. Ça nous oblige à la réflexion et on ne peut qu'en être troublés. Ce qui revient à dire que malgré ma première phrase, les émotions entrent en jeu également dans la lecture.
Une dystopie que j'espère très fort qu'on va éviter mais probable qu'il soit déjà trop tard😵💫.
Ce livre dystopien offre une perspective singulière sur l'utilisation malsaine de l'intelligence artificielle. J'ai apprécié la narration détaillée du processus qui a conduit à la création de Sim, bien que j'aurais souhaité un approfondissement du personnage et de sa situation problématique. Malgré cette légère lacune, l'originalité du thème et son aspect perturbant en font une lecture mémorable.
J.D. Kurtness rentre dans la catégorie très spéciale des auteurices que je ne suis pas certaine d’apprécier, mais que je continue à lire malgré tout. Il y a dans son style quelque chose d’extrêmement original et perturbant qui va complètement à rebours des tendances générales. En ce sens, c’est rafraîchissant, surtout en voyant ses thèmes de prédilection – le désastre écologique et la place des technologies dans nos vies : autant leur traitement global n’est pas particulièrement original, autant la façon qu’a l’autrice de les aborder donne vraiment l’impression de les observer d’un œil neuf.
L’intrigue des romans de Kurtness est souvent difficile à résumer et celui-là ne fait pas exception. En fait, plusieurs mois après ma lecture, j’ai bien du mal à me rappeler l’histoire elle-même. Par contre, je me rappelle parfaitement la thématique abordée : la montée de l’intelligence artificielle, qui vient ici poser des problèmes éthiques auxquels on n’aurait pas pensé de prime abord… et plus difficiles à démêler qu’on ne se l’imagine.
J’ai trouvé le style moins froid et distant que dans ses deux précédents romans, peut-être, paradoxalement, parce que la narration est à la 3e personne et non plus à la 1e personne, et aussi parce qu’on a droit cette fois à des dialogues directs. Ainsi, d’une certaine manière, ce roman est le plus conventionnel de l’autrice, et le moins déroutant (sur la forme) à la lecture. Aussi, l’ouvrage m’a fait l’effet de continuellement tourner autour du pot, sans que je parvienne à comprendre si ce sentiment de frustration était voulu ou non… Et à froid, je dois admettre que je suis tout autant troublée que pour ses autres œuvres.
En bref : une autrice à lire si vous cherchez à sortir de votre zone de confort.
Roman original et contemporain. Histoire regroupant une artiste entrepreneure, un ingénieux informatique et un robot compagnon. L’auteure nous suscite des réflexions sur l’éthique et la consommation dans un style futuriste et humoristique. Agréable à lire.
J. D. Kurtness a le tour de prendre une histoire de genre et d'en dynamiter la structure pour la faire évoluer (sans jeu de mots) dans un monde étrange, déstabilisant, presqu'un peu trop réaliste pour y être à l'aise, tout en utilisant une écriture accessible au plus grand nombre de lecteurs possible.