4.5
J’ai bcp aimé cette autofiction. Avec l’intensité que j’attendais, où chaque émotion est ressentie à fond. L’autrice réussit à décrire de manière imagée les extrêmes. On sent son besoin viscéral de tout vivre à fond - le désir, la douleur, la confusion, le bonheur.
Au début, la structure des chapitres semble un peu aléatoire, mais en avançant, la progression est (étonnamment) totalement cohérente. Props à son écriture spontanée, libre, sans filtre, sans ligne droite, et pourtant vrm relatable.
Je me suis attachée à la narratrice, à ses contradictions, à son ambivalence (un peu familière?); entre l’envie d’assumer son intensité à 100% dans toutes les sphères de sa vie, et la peur de ne jamais pouvoir atteindre cette « stabilité », tant prisée par son entourage. Elle met de l’avant cette ligne fine entre la sensibilité (acceptable) et l’impulsivité ou l’agressivité, traits moins valorisés chez une femme. Et elle remet en question sa propre manière de percevoir les femmes qui l’entourent, la rivalité insidieuse, presqu’inconsciente, et les dynamiques d’intimidation silencieuses entre femmes.
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*Spoiler:
Même si la scène où on la force à se gaver de poivrons et oignons n’est peut-être pas la plus « trash », crue, ou tragique, c’est une des scènes (répugnante) que je ne peux pas oublier. L’apogée de l’absurdité du pouvoir qu’a le beau-père sur son corps et sa vie.