Composé à plus de 80 ans par Andrée Chedid, Rythmes apparaît pourtant comme un livre de jeunesse, tant il manifeste une capacité d'étonnement et d'émerveillement devant la vie et ses métamorphoses, tant il fait montre, en dépit d'une lucidité sans compromis sur les faiblesses, travers et failles de l'humain, d'un optimisme obstiné, vigoureux, sans cesse renaissant. On y retrouve, d'une façon extraordinairement vive et franche, tous les thèmes de l'oeuvre d'Andrée Chedid, son appétit de l'ouvert et du mouvement, sa généreuse passion de l'autre en toute chose, passion qui permet de sortir de son "étroite peau" et de bousculer ce qui limite la conscience et l'avancée. Même si l'on entend dans ces poèmes quelques échos de la vieillesse et du combat contre l'effacement et la perte, ce chant poétique ne s'en tient jamais à la confidence personnelle, il élargit toujours ses résonnances, au rythme vibrant d'un coeur obstiné, avec en perspective l'ensemble de l'aventure humaine et ses questionnements face à l'énigme qui perdure et à l'inconnu qui vient. Sans doute n'y a-t-il rien de plus émouvant, au seuil de la mort, que cet éloge convaincu et raisonné de la vie.
Andrée Chedid was a French poet and novelist of Christian Lebanese descent.
When she was ten, she was sent to a boarding school, where she learned English and French. At fourteen, she left for Europe. She then returned to Cairo to go to an American university. Her dream was to become a dancer. She got married to a physician when she was twenty-two, with whom she has two children: Louis Chedid, now a famous French singer, and Michèle. Her work questions human condition and what links the individual to the world. Her writing seeks to evoke the Orient, but she focuses more in denouncing the civil war that destroys Lebanon. She has lived in France since 1946. Because of this diverse background, her work is truly multicultural. Her first book was written in English: On the Trails of my Fancy. She has commented about her work that it is an eternal quest for humanity.
Andrée Chedid is the grandmother of the French rock star -M- (Louis Chedid's son) for whom she has contributed song lyrics including that of Bonoboo on the album Je dis aime.
Découverte de cette autrice et déjà beaucoup d'amour et d'intérêt pour sa simplicité subtile, sa soif de vivre et les thèmes abordés ici. Vivement les prochains receuils !
Andrée Chedid avait 80 ans lors de l’écriture de ce dernier recueil de poèmes et pourtant le temps semble s’écouler sans ternir son esprit créatif, au contraire.
« Je bouscule le Temps Pour qu’il se hâte Oublieuse de ses marques Sur mon corps déjà piégé
Je défie le Temps Souverain il me toise Tandis que je m’effrite Année après année
Je dynamite le Temps Il explose Je me moque de ses gouffres J’invente des échappées
J’ai effacé le Temps Je n’ai plus d’âge Je suis au présent Je vise l’inexploré! »
Probablement l'un de mes recueils préférés, sa composition forme un tout cohérent et progressif qui propose qui propose un voyage tout en douceur et lyrisme jusqu'aux portes de l'amour, remontant depuis les origines, affleurant les cimes et les astres, s'abreuvant de l'harmonie naturelle qui nous entoure.
J’ai beaucoup aimé ce recueil de poésie, à la fois simple et concis.
On dit beaucoup que ce livre donne l’impression que c’est une œuvre de jeunesse. Je trouve au contraire qu’il exprime bien l’âge de l’autrice (80 ans) qui se retourne pour voir sa vie et s’étonne de tout ce qu’elle a pu vivre et s’émerveille de tout ce qu’elle a vu, tout ce qu’il resterait à voir.
Jamais au bout du mystère Qui manoeuvre les saisons Ni de cette branche lépreuse Qui regorge de feuillage Ni de l'élan des fleurs Ou l'essor des bourgeons Ni de nos terres percluses D'où naissent les moissons
Jamais au bout du secret De l'écroulement des feuilles Talonné par l'hiver acide Ni des touffeurs de l'été Après la fronde du printemps Jamais de terme Aux arcanes de la vie Jamais de fin À nos émerveillements !
LA FLEUR I
La Fleur Se façonne en tant de figures Arbore tant de couleurs Que je ne saurai D'un seul regard Capter ses apparences Ni d'un souffle Respirer ses parfums
Telle la vie En ses milliards de formes La Fleur pullule La Fleur m'échappe La Fleur m'éblouit."
L'AMOUR II
Plus neuf que toute parole Plus libre que tout langage Plus nu que le silence L'Amour sans cesse renaît
Plagié il se démarque Contrefait il se redresse Doublé il nous rattrape Magique il se recrée
De tous les temps Par-delà toutes frontières L'Amour est nôtre À jamais !
A PART
"A part le temps Et ses rouages A part la terre En éruptions A part le ciel Pétrisseur de nuages A part l'ennemi Qui génère l'ennemi
A part le désamour Qui ronge l'illusion A part la durée Qui moisit nos visages
A part les fléaux A part la tyrannie A part l'ombre et le crime Nos batailles nos outrages
Je te célèbre ô Vie Entre cavités et songes Intervalle convoité Entre le vide et le rien"
L'ESCAPADE DES SAISONS
Je t'aimais Dans l'orage des sèves Je t'aime Sous l'ombrage des ans
Je t'aimais Aux jardins de l'aube Je t'aime Au déclin des jours
Je t'aimais Dans l'impatience solaire Je t'aime Dans la clémence du soir
Je t'aimais Dans l'éclair du verbe Je t'aime Dans l'estuaire des mots
Je t'aimais Dans les foucades du printemps Je t'aime Dans l'escapade des saisons
Je t'aimais Aux entrailles de la vie Je t'aime Aux portails du temps.
AU COEUR DU COEUR
" Au coeur de l'espace Le Chant
Au coeur du chant Le Souffle
Au coeur du souffle Le Silence
Au coeur du silence L'Espoir
Au coeur de l'espoir L'Autre
Au coeur de l'autre L'Amour
Au coeur du coeur Le Coeur".
CE CORPS
Ce corps que tu habites Ces jours qui t'ont bâti Cette vie qui t'a conduit Ces peines qui t'ont mûri Ce passé qui t'a fait Ou bien qui t'a défait Ce toi qui s'enfonce Dans la souche Des années
Ce corps qui fut demeure Cette vie qui fut dessein Ces heures qui te fabriquent Et dont tu fus le lien Ce temps qui revendique Et dont tu es le fruit Ce toi qui se dissipe En soleils Ou en nuit. "
L'UN ET L'AUTRE
" L'un refusait le doute Vivait sans ratures L'âme privée de résine Le cœur en manque de chagrins
Ses heures glissaient sans semailles Sa danse s'éteignait
L'autre s'inquiétait des mots Frémissait à chaque onde Perdait souffle et visage Aux malheurs annoncés
S'émouvait d'un rythme D'une parole renaissait !
L'AMOUR I
À force de frayer Avec toutes nos paroles À force de voisiner Avec nos sombres passions À force de s'effriter Sur les corps de passage L'Amour a-t-il perdu Innocence et plaisir ?
À force de renaître Auréolé de rêve À force de s'émouvoir Au passage du désir À force de s'animer Aux couleurs de la vie L'Amour se perpétue Dans l'être Et l'infini".
La beauté des mots.... ✨✖️ je suis complètement amoureuse du travail d’André Chedid... je ne sais pas où elle etait durant tout ce temps. Où moi j’etais pour ne pas avoir découvert son travail avant. C’est d’un délice. La fluidité de ses mots, les thèmes auquel elle touche, elle nous emporte si loin et pourtant si près ... bref amour infini
Je ne lis que très très peu de poésie, comme pour le théâtre, le collège, le lycée ainsi que ma licence de Lettres Moderne m’ont fait associer ça à un genre inaccessible et peu compréhensible. Il est assez dur de dépasser ses représentations initiales pour s’essayer à nouveau à quelque chose qu’on ne perçoit pas de manière positive, cependant, certains poèmes étudiés en classe m’ont déjà touchée, et les mots peuvent vraiment m’émouvoir, donc je savais que la poésie me plairait, si je choisissais moi même les recueils, et que je les lisais à mon rythme. C’est ce que j’ai fait pour le recueil poétique contemporain Rythmes d’Andrée Chedid. Ce recueil m’a permis de lever ces freins grâce à son écriture verticale et simple, qui va à l’essentiel. C'est un recueil qui me fait grandir car, en tant que lectrice et humaine assez effrayée par le sujet de la mort et de l’absurde de la vie, il m'apprend à regarder le temps qui passe non pas avec effroi, mais plutôt comme un rythme vital.
une lecture pour mon cours de français, les poèmes étaient vraiment beau, la poésie d’andrée chedid est vraiment celle que j’apprécie mais les parties étaient trop expéditives, à l’image des poèmes.