Pour sûr est, entre autres choses, une somme encyclopédique, un labyrinthe, une exploration de la folie des nombres, un précis de typographie, un reliquaire, une défense et illustration de la langue chiac, une réflexion sur les cultures minoritaires et leur obsession linguistique, un jeu de pistes, le roman d’un coin de pays. C’est une entreprise aux dimensions surhumaines que France Daigle mène à son terme avec une éblouissante virtuosité.
C’est aussi l’histoire de personnages attachants, Terry et Carmen, que l’on a connus dans les précédents romans de l’auteur, leurs enfants Étienne et Marianne, et toute cette humanité qui gravite autour du bar Le Babar, à Moncton – les Zablonski, Zed, Pomme –, artistes, gens ordinaires, qui, tout en vaquant à leurs activités quotidiennes, s’interrogent sans cesse sur leur place dans le monde, d’un point de vue géographique, historique, politique ou culturel.
Devant la savante architecture du roman, suite de fragments agencés selon une implacable structure mathématique, on ne peut s’empêcher de penser à l’Oulipo et à La Vie mode d’emploi. Mais la rigueur de la forme offre ici un contraste saisissant avec le caractère insaisissable et imprévisible du chiac, avec l’infini pouvoir d’émotion rattaché aux mots de l’enfance, aux mots des ancêtres.
France Daigle est née à Moncton en 1953, où elle vit toujours. Auteur d’une dizaine de romans, elle a aussi coécrit plusieurs scénarios ainsi que quatre pièces de théâtre. Elle a remporté en 1991 le prix Pascal-Poirier d’excellence en littérature, décerné par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Elle a reçu le Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’excellence dans les arts littéraires.
A Canadian epic with an ambitious mathematical structure, For Sure is a collage of fragments bearing literary and math trivia alongside snippets of chatter between residents of New Brunswick who speak in an Acadian-French patois known as Chiac. This patois, when rendered phonetically in English translation reads like an odd mixture of childlike Jamaican and French dialects, which makes the characters tricky to situate in terms of ethnicity or age or location, and the snippets themselves are frequently overly twee. How the trivia relates to these snippets of chatter isn’t particularly clear, making the novel something of an audacious yet hermetic formal exercise for the author, where the reader is relegated to the role of mere exasperated spectator. At 700+ pages, I found For Sure increasingly repetitive and infuriating. I managed 280-odd pages before consigning the beast to my charity shop bag.
Je voulais lire une autrice acadienne durant mon roadtrip dans les maritimes. Je n’ai jamais lu un roman comme celui-ci. Pleins de petits fragments ponctués de statistiques, de fiction, de faits, de détails dont on ne comprend pas nécessairement l’utilité. Ma lecture a été plus agréable lorsque j’ai cessé de tenter de comprendre les liens entre les différents fragments. Le chiac est aussi bien présent. J’ai bien aimé suivre l’histoire de cette petite famille et les gens qui les entourent et leurs questionnements sur la famille, la langue et la politique, même si la forme unique rend tout de même la lecture parfois lente et difficile.
Gargantuesque et ludique, le roman de France Daigle est un magnifique amalgame de réflexions sur le quotidien, de passages encyclopédiques, d'exercices de style et de tant d'autres choses.