Cette oeuvre de jeunesse fut nommée ainsi en l'honneur de Saturne, planète des mélancoliques. Rêvant à une poésie "soluble dans l'air", Verlaine souhaite établir une correspondance entre sentiments et sensations. À travers cette recherche poétique, il explore une grande variété de thèmes, de la rêverie urbaine dans "Nocturne parisien" à l'événement historique dans "La Mort de Philippe II".Dans ce recueil, le poète se détache de ses inspirations parnassiennes et symbolistes. Le rythme de ses vers s'affranchit peu à peu de la norme esthétique de l'époque et laisse parler la musique.- Objet d'étude : La poésie du XIXᵉ siècle au XXIᵉ siècle- Dossier pédagogique : Cinq fiches pour saisir les enjeux de l'oeuvre- Prolongement : Le poète, un être à part (corpus de textes).
Paul-Marie Verlaine was a French poet associated with the Symbolist movement. He is considered one of the greatest representatives of the fin de siècle in international and French poetry.
Despite Rimbaud admiring his poetry, these poets had a stormy affair which led to Verlaine's incarceration after shooting Rimbaud. This incident indirectly preceded his re-conversion to Roman Catholicism.
Verlaine's last years were particularly marked by alcoholism, drug addiction and poverty.
His poems have inspired many composers, such as Chopin, Fauré and Poldowski.
Art Poétique describes his decadent style and alludes to the relevance of nuances and veils in poetry.
« Maintenant, va, mon Livre, où le hasard te mène. »
« Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone. »
« Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. »
« La spontanéité craintive des caresses ! »
« MON REVE FAMILIER
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime, Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur transparent Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore. Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore, Comme ceux des aimés que la vie exila. Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues. » « CROQUIS PARISIEN La lune plaquait ses teintes de zinc Par angles obtus. Des bouts de fumée en forme de cinq Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.
Le ciel était gris. La bise pleurait Ainsi qu'un basson. Au loin, un matou frileux et discret Miaulait d'étrange et grêle façon.
Moi, j'allais, rêvant du divin Platon Et de Phidias, Et de Salamine et de Marathon, Sous l'oeil clignotant des bleus becs de gaz. »
« LE ROSSIGNOL
Comme un vol criard d’oiseaux en émoi, Tous mes souvenirs s’abattent sur moi, S’abattent parmi le feuillage jaune De mon coeur mirant son tronc plié d’aune Au tain violet de l’eau des Regrets, Qui mélancoliquement coule auprès, S’abattent, et puis la rumeur mauvaise Qu’une brise moite en montant apaise, S’éteint par degrés dans l’arbre, si bien Qu’au bout d’un instant on n’entend plus rien, Plus rien que la voix célébrant l’Absente, Plus rien que la voix -ô si languissante!- De l’oiseau qui fut mon Premier Amour, Et qui chante encor comme au premier jour; Et, dans la splendeur triste d’une lune Se levant blafarde et solennelle, une Nuit mélancolique et lourde d’été, Pleine de silence et d’obscurité, Berce sur l’azur qu’un vent doux effleure L’arbre qui frissonne et l’oiseau qui pleure. » « Nous sommes les Ingénues, Aux bandeaux plats, à l’œil bleu, Qui vivons, presque inconnues, Dans les romans qu’on lit peu. »
« UNE GRANDE DAME
Belle " à damner les saints " , à troubler sous l'aumusse Un vieux juge ! Elle marche impérialement. Elle parle - et ses dents font un miroitement - Italien, avec un léger accent russe.
Ses yeux froids où l'émail sertit le bleu de Prusse Ont l'éclat insolent et dur du diamant. Pour la splendeur du sein, pour le rayonnement De la peau, nulle reine ou courtisane, fût-ce
Cléopâtre la lynce ou la chatte Ninon, N'égale sa beauté patricienne, non ! Vois, ô bon Buridan : " C'est une grande dame ! "
Il faut - pas de milieu ! - l'adorer à genoux, Plat, n'ayant d'astre aux cieux que ses lourds cheveux roux Ou bien lui cravacher la face, à cette femme ! »
« Je chanterai tes yeux d’or et d’onyx Purs de toutes ombres, Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx De tes cheveux sombres. »
« Baiser ! rose trémière au jardin des caresses ! Vif accompagnement sur le clavier des dents Des doux refrains qu’Amour chante en les cœurs ardents Avec sa voix d’archange aux langueurs charmeresses ! »
« Le Pactole a son or. Le Bosphore a sa rive Où vient faire son kief l’odalisque lascive. »
« Et tu coules toujours, Seine, et, tout en rampant, Tu traînes dans Paris ton cours de vieux serpent, De vieux serpent boueux, emportant vers tes havres Tes cargaisons de bois, de houille et de cadavres ! »
« Quand Marco pleurait, ses terribles larmes Défiaient l’éclat des plus belles armes ; Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin Et son désespoir n’avait rien d’humain ; »
« L'ALLEE
Fardée et peinte comme au temps des bergeries Frêle parmi les noeuds énormes de rubans, Elle passe sous les ramures assombries, Dans l'allée où verdit la mousse des vieux bancs, Avec mille façons et mille afféteries Qu'on garde d'ordinaire aux perruches chéries. Sa longue robe à queue est bleue, et l'éventail Qu'elle froisse en ses doigts fluets aux larges bagues S'égaie un des sujets érotiques, si vagues Qu'elle sourit, tout en rêvant, à maint détail. - Blonde, en somme. Le nez mignon avec la bouche Incarnadine, grasse, et divine d'orgueil Inconscient. - D'ailleurs plus fine que la mouche Qui ravive l'éclat un peu niais de l'oeil. »
« Et les amants lutinent les amantes »
« Et même les lilas ont beau Pousser leur haleine poivrée, Dans l’ardeur du soleil nouveau : »
« FANTOCHES
Scaramouche et Pulcinella Qu'un mauvais destin rassembla Gesticulent, noirs sous la lune.
Cependant l'excellent docteur Bolonais cueille avec lenteur Des simples parmi l'herbe brune.
Lors sa fille, piquant minois, Sous la charmille, en tapinois, Se glisse, demi-nue, en quête
De son beau pirate espagnol, Dont un langoureux rossignol Clame la détresse à tue-tête. » « Bah ! malgré les destins jaloux, Mourons ensemble, voulez-vous ? -La proposition est rare. »
Poèmes saturniens – Fêtes galantes – Paul Verlaine
Verlaine introduces us to numerous gardens, women, mandolins, troubled skies -- but I have never had the feeling so strongly in a book of poems (possibly augmented by the language being Not Mine) that the apparent "plots" were irrelevant to the verses' meaning. Something muscular and blue-purple surges beneath these poetical tales. Is this work "hermetic" -- constructed of complex symbols for occult forces? Maybe.
Here is my translation of the first five lines of "The Nightingale," from the series "Sad Landscapes":
Like the loud flight of a bird in turmoil, All my memories smash against me, Flail among the yellow leaves Of my heart revealing its bent birch trunk To the silvering violet Waters of Regret...
He disfrutado más de Fiestas Galantes que de Poemas saturnianos. Se ve claramente la influencia que estos textos pudo tener en los modernistas castellanos.
Visiblement, ce n'est pas le genre de poèmes que j'apprécie ; je me suis bien souvent ennuyée, les quelques allusions sexistes m'ont hérissée les poils, et l'auteur n'a pas suffisamment joué avec les mots à mes yeux.
Estos dos libros demuestran para quienes pudieran dudar o desconocer la obra de Verlaine su intenso genio poético que se manifestaba a través de un intenso parnasianismo que surca el espacio erótico, festivo y sublime a la par del incipiente "yo" poético que asoma cada vez más firme e insurrecto a las exigencias de su tiempo. Leído este libro que pertenece a los de su primera etapa y sus últimos, posterior al escandalo y en plena indigencia, es penoso reconocer la perdida de un temperamento, de su "yo" creativo, de una calidad diametralmente opuesta semejante a la de una incisión que no logró hallar reconciliación.
Los versos de juventud de Paul Verlaine tal vez no tengan la fuerza que algunos de sus contemporáneos parnasianos y simbolistas, pero tienen una inteligencia y perspicacia muy interesantes. Sus imágenes están llenas de fotografías mitológicas poco comunes para la época (Verlaine era aficionado a la religión hinduista) y el texto tiene una utilización de la rima revitalizadora, antes de que esta cayera en desuso casi por completo en los años a venir.
I like the poetry of symbolists Rimbaud and Verlaine. It is the first time I read Verlaine´s poems. The bilingual edition (Ediciones Río Nuevo "29") embodies a nice translation from French by Ramón Hervás. I think the role of the translator matters a lot. I liked this book.
5 étoiles pour poèmes saturniens j'ai moins accroché aux fêtes galantes, les thèmes me parlaient moins, mais Verlaine reste quand même incroyablement doué
Leí a Verlaine por demanda escolar (nunca estudien letras) y a pesar de que no soy una amante de la poesía puedo decir que lo disfruté, son pocos los poetas que disfruto y aunque me falta leer más del autor puedo decir que esta lectura fue muy amena
sous une autre édition poche introduction de JH BORNECQUE On y retrouve Les soleils couchants, L'heure du berger, Chanson d'automne etc Un incontournable pour qui aime la poésie