Par son ampleur, sa fluidité formelle, son timbre testamentaire, Sable mouvant cristallise tout ce qu'une vie peut transmettre d'expérience, d'intuition, de lumière visitée. Cette alliance rare de pensée et de grâce fait passer, dans le champ de la poésie vécue, comme un souffle de révélation : ici, une voix fragile et souveraine change une destinée, même à son terme terrestre, en un mouvement d'approche. «De ma vie, je n'aurai jamais rien su faire de particulièrement remarquable pour la gagner, ni pour la perdre», avouait Pierre Reverdy, pour souligner de la façon la plus légère et la plus ironique qui soit combien sa biographie n'était pas celle d'un carriériste des lettres. Né à Narbonne en 1889, Pierre Reverdy avait fondé la revue Nord-Sud, qui annonçait le surréalisme avec quelques années d'avance. Dès 1926, il se retirait près de l'abbaye de Solesmes où il demeurait jusqu'à sa mort, en 1960. Lui qui avait anticipé bien des avant-gardes s'était éloigné, quand des suiveurs plus tacticiens commençaient à occuper le haut du pavé littéraire. La mise à distance était ce qui fondait à la fois son existence et son écriture. «La poésie, c'est le bouche-abîme du réel désiré qui manque», disait-il. Son œuvre s'impose désormais, solitaire et inégalée, au point que l'on a pu suggérer qu'il n'était pas poète : il était la poésie même.
Pierre Reverdy (September 13, 1889 – June 17, 1960) was a French poet whose works were inspired by and subsequently proceeded to influence the provocative art movements of the day, Surrealism, Dadaism and Cubism. The loneliness and spiritual apprehension that ran through his poetry appealed to the Surrealist credo. He, though, remained independent of the prevailing “isms,” searching for something beyond their definitions. His writing matured into a mystical mission seeking, as he wrote: “the sublime simplicity of reality."
Je n'ai lu que la partie "essais" intitulée "Cette émotion appelé poésie" et qui est une réflexion sur l'acte créateur, le rôle du poète et de la poésie. Bien que cette réflexion soit un peu "datée" (écrite en 1948) et qu'elle repose ainsi sur certains postulats qui ont eu depuis la vie dure (mythe du génie, conception andro-centrée de l'universel en création, etc.), elle a le mérite d'exister et de sembler malgré tout assez en avance sur son temps. J'ai retenu plusieurs idées de l'auteur pour un éventuel réflexion plus large sur l'écriture. Entre autres:
« La poésie est un instinct de l’homme qui est précisément entre la reptation et le vol – son instinct de créer – de s’élever au-dessus de sa condition qui le lie à la terre, mais seulement par la pointe des pieds. Sans doute, cet instinct de créer se manifeste d’abord par des actes tout utilitaires – se nourrir, se défendre, s’abriter – mais, bien vite, par des actes plus libres, l’exercice de la pensée, en apparence de plus en plus gratuits. Je dis en apparence seulement, car il n’est rien au monde d’absolument gratuit. » (125)
DNF J’étais censée lire cet ouvrage pour le présenter au bac. Ouvrage décevant, en ce sens que je n’ai pas retrouvé les raisons qui m’ont poussée à sa lecture : pureté du regard. Ce n’était pas pur mais bel et bien monotone.
Je le relirai plus tard sans autant de contraintes. Maintenant je suis plus contente car j’en ai choisi un autre, en l’espérant meilleur.
"Alors / Je prie le ciel / Que nul ne me regarde / Si ce n’est au travers d’un verre d’illusion / Retenant seulement / Sur l’écran glacé d’un horizon qui boude / Ce fin profil de fil de fer amer / Si délicatement délavé / Par l’eau qui coule / Les larmes de rosée / Les gouttes de soleil / Les embruns de la mer."