Une oeuvre étonnante qui devrait provoquer la jalousie de plusieurs de nos contemporains par l'audace de son réalisme. Loin de la représentation idéale de la réalité, imprégnée de l'idéologie catholique et conservatrice, à laquelle s'attendaient les lecteurs de l'époque La Scouine dresse un portrait sans concession de la vie agricole. Dans ce monde où la foi et le travail ardu n'apportent ni véritable consolation ni récompense, l'unique lot de ces personnages, qui se démarquent par leur cruauté ordinaire et leur médiocrité, est ce « pain sûr et amer marqué d'une croix », dont l'évocation obsédante clôt plusieurs des mini-récits qui composent le roman. Cette répétition et cette forme fragmentaire, où surgissent sans unité apparente et sans liaison les histoires qui ponctuent l'existence de la famille Deschamps, parviennent à nous faire ressentir, à plus d'un siècle de distance, le caractère cruel et aliénant de ce que, sans doute, fut véritablement la vie de plusieurs de nos ancêtres.
Je l’ai piqué à mon frère qui devait le lire au cégep. J’aime voler des trucs à mon frère et les livres ne font pas exception. Et puis apparemment, La Scouine un classique de la litt québécoise, et en tant qu’étudiante en littérature, j’ai un ego à entretenir. Bon.
En bon Québécois: c’était crissement déprimant 😂 Je suis ben contente de pas vivre en campagne québécoise du 20e siècle.
Disons le clairement, la litt québécoise et l’anti-terroir, c’est pas ma tasse de thé. Mon introduction à ce genre de littérature, c’était "Une saison dans la vie d’Emmanuel" (que j’ai dû lire deux fois, sauvez mon âme), donc j’avais déjà un biais de base. La Scouine est tout aussi dur à lire de par ses thèmes et son contexte historique, mais étonnamment, c’était moins pire que ce à quoi je m’attendais. Je trouve que c’est une œuvre qui est plus intéressante à aborder dans un cadre académique que les autres romans anti-terroir du genre. Il n’y a pas vraiment d’histoire définie, juste les déboires d’une famille et de leurs proches qui subissent la rudesse de leur époque. Ça ne va pas plaire à tout le monde, c’est sûr, et encore moins à des élèves du cégep qui ont les cours de littérature en horreur — mais, je le reconnais, il y a une certaine valeur académique et historique à ce texte pour les Québécois. (Merci le cours d’enseignement du jeudi matin de m’aider à enrichir mes reviews Goodreads)
La maturité mise à part, je suis presque tentée de mettre 5 étoiles parce qu’un des personnages s’appelle Marie Charrue et je trouve ça très drôle 😂
Mon vrai rating: 2.75 (donc 3) étoiles. Pas que je le recommenderais à quelqu’un, mais d’un point de vue strictement pédagogique et littéraire, je comprends un peu mieux pourquoi c’est quasiment une Bible pour tous les profs de litt au cégep 🙃
I read a 1977 paperback edition of the English translation, Bitter Bread, of this 1918 Québécois novel which was, apparently, the first naturalist revolt against the pietistic, romantic, sentimental roman du terroir, or "novel of the soil," which the Church in Quebec promoted as a model for farming families, a sort of propaganda campaign against the inevitable urbanization which was happening in Quebec as everywhere else in the late nineteenth and early twentieth century, and which had plenty of Protestant counterparts in the sentimental farming fiction of Anglophone North America. And for 1918, not just 1918 Quebec but 1918 anywhere, it is indeed bracingly unsentimental, squalidly unromantic, and gleefully impious.
The heroine (or rather the center figure in the tableau, as there are no heroes nor particularly a plot), called La Scouine as a small child by her classmates to mock her rank smell from wetting the bed so often, begins a bully and grows into a virago; she and her whole family are generally motivated by greed, anger, envy, cruelty, and spite, and they are not particularly unrepresentative of the farming community in which they eke out a living in the face of random violence, specifically English political terror, bad weather (to reverse which the opportunistic priests urge piety), and the cosmic indifference or bloody-mindedness of fate. Laberge dwells on bodily functions, on disability both mental and physical, on sex, and on the particularly vicious interpersonal relations of people who not only do not like each other but do not seem capable of liking anyone. Despite all of which, there are occasional lyrical passages in which the curious physical pleasures of certain farm tasks become an outlet for a kind of sensuousness that is otherwise nonexistent for these characters.
It's grim, almost gleefully so, and had to be privately printed, whereupon it was censured by the Church as a matter of course. It would be unendurable, probably, if it weren't quite short and if Laberge didn't have a poker-faced sense of humor; as it is, its combination of episodic structure and Canadian landscape made me think of it as a sort of cruelly distorted mirror image of L. M. Montgomery's Anne books.
Je sais que c'est un grand classique de la littérature québécoise, mais je n'ai pas aimé. Oui, c'est intéressant de lire sur les conditions atroces de l'époque, mais il n'y a pas d'histoire et je suis trop sensible pour certains chapitres
J’ai vraiment préféré cette Scouine à celle de Gabriel Marcoux Chabot. L’histoire était plus douce, plus typique du Québec du terroir. C’était plus intime, on sentait l’espèce de sentiment propre à cette époque, les personnages très travaillants, très fiers, qui ne se dérobent devant aucun souci. J’ai beaucoup aimé le personnage du père ainsi que celui de Charlot. J’ai été profondément émue par leur histoire (surtout la fin). Des hommes qui travaillent sans relâche sur la ferme pendant toute leur vie, pour finalement être malade et succomber dans le malheur. Tous les jours, manger le même pain sûr et amer marqué d’une croix.
Un Maupassant québécois, écrit à l'époque où la vie en campagne était telle qu'elle est décrite ici. Il n'y avait rien de glorieux ou d'enchanteur dans cette vie de dur labeur. C'était chacun pour soi, et à part peut-être Dieu, il n'y avait pas grand monde pour vous secourir lorsque la malchance s'abattait sur vous.
2 estrellas Este libro es prácticamente un recuentos de la vida del campo del siglo 19 en la provincia de Quebec, Canadá. La novela lleva el nombre, o mejor dicho el apodo, de la protagonista. Aún así no profundiza mucho en ella, solo cuenta sus vivencias de una manera superficial e incluso a veces se profundiza un poco más (si se podría decir) en otros personajes que en ella misma. Más bien, el libro describe y se enfoca más en como fue la vida en el campo en esa época. En fin, de no ser porque era obligatorio leerlo por mi universidad, jamás se me hubiera ocurrido hacerlo, por más clásico que sea de esta región. Prefiero mil veces la obra de teatro de Les Belles Soeurs que leí el año pasado y que es un clásico de los 60 de esta misma región.
Published in 1918, 'La Scouine' by Albert Laberge is considered the first Québécois realist novel, along the lines of Zola and de Maupassant. Demythologizing the romantic portrait of 19th-century peasant life promoted by the church, these short snippets centered on the family Deschamps—among whom is a daughter with the titular nickname—blend close descriptive detail, local speech and humor, topped with a pessimistic view of human nature. At times veering on gothic and grotesque, it was controversial upon publication, resulting in limited publication and an English translation that only appeared in 1977, as 'Bitter Bread'. While cheerfulness is the last thing to look for in this brief, rough read, the ending is what I thought wrapped it all up so well. Even if in some ways it continues the bitter lens on life, the spiritual undertones feel potentially revelatory, maybe even exonerating
“La Scouine” est ce livre dont presque tout le monde a entendu parler mais que peu on lu. Il vaut pourtant la peine qu’on s’y arrête! Laberge a une bonne plume et un humour noir que je ne pensais pas retrouver chez un écrivain de son époque.
Je peux voir comment “La Scouine” peut décevoir les gens qui s’attendaient à lire un roman; à mon sens, on lit vraiment ici de courtes nouvelles, voire des chroniques. Je crois qu’aborder l’oeuvre de cette manière rend sa lecture d’autant plus agréable.
incipit "De son grand couteau pointu à manche de bois noir, Urgèle Deschamps, assis au bout de la table, traça rapidement une croix sur la miche que sa femme Mâço venait de sortir de la huche. p.11