Syrine, marseillaise de 16 ans, vient de déménager en Bretagne. Depuis quelques mots, elle ressent d'étranges douleurs dans le dos, a de brusques envies de viande crue et sent "une présence" en elle. Ses nuits sont émaillées de cauchemars terrifiants et fantastiques, qui laissent en elle leur empreinte de feu, de sable et de sang. Entre les difficultés d'adaptation dans son nouveau lycée et les conflits avec sa famille à qui elle dissimule son état, l'adolescente se heurte de plein fouet à une interrogation cruciale : sombre-t-elle dans la folie ou est-elle confrontée à un phénomène surnaturel lié à un mythe vieux de plusieurs siècles ? Ainsi Syrine se renferme sur elle-même, malgré les liens qu'elle tisse avec Gauthier ou ceux qu'elle tente de créer avec Agnès, une lycéenne mystérieuse et solitaire. Un matin, Syrine réalise que les hommes qui attendent Agnès chaque soir à la sortie du lycée la suivent aussi. Puis elle réalise qu'elle les a déjà vus : à Marseille, lorsqu'ils sont venus proposer un nouveau travail à son père. Loin des clichés sur les super-héros et l'adolescence, le style du récit sonne juste, et réussit à mêler harmonieusement réalisme authentique et évasion fantastique. Dans CHANGELINS, le fantastique est aussi un prétexte pour aborder des problèmes sociaux plus graves comme l'intolérance, l'adolescence et la maladie, sans tabou.
Née en 1979 près de Marseille, Sophie Dabat s’est installée en Bretagne après avoir en partie délaissé sa formation d’origine, l’architecture, pour se lancer dans les métiers de l’édition. Lectrice, traductrice et correctrice, elle anime régulièrement des ateliers d’écriture et a publié de nombreuses nouvelles, un essai, Bit-lit ! l’amour des vampires, et plusieurs romans fantastiques et de fantasy urbaine.
Syrine est une ado comme beaucoup d'autres. Elle vit à Marseille et est entourée de sa bande de pote. Fille de Najhib et Marie, l'un musulman, l'autre chrétienne, elle a été éduquée dans des valeurs traditionnelles. Son père, pourtant scientifique averti, semble être très à cheval sur les principes de la religion, et même s'il n'oblige personne à suivre son exemple, le rythme de la famille semble énormément basé sur ce fait. Syrine voit en elle des choses changer. Tout ne se fait pas du jour au lendemain mais au fur et à mesure. Elle fait des rêves étranges, a des douleurs insoutenables dans le dos et y voit même apparaître deux bosses inexpliquées. De peur que son père ne la croit "possédée", elle ne dit rien, et commence lentement à s'éloigner de tout le monde. Pour des raisons professionnelles, sa famille déménage en Bretagne, peut être l'occasion pour elle prendre un nouveau départ... Peut être que ses démons ne la suivront pas ?
Bon. J'avoue avoir eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre. La première moitié du livre m'a clairement ennuyée. Syrine m'a gonflée. D'une immaturité dingue, l'héroïne nous saoule vite avec ses interrogations (ultra)répétitives, au sujet desquelles elle ne fait absolument rien pour comprendre ce qu'il se passe. Elle se cache, et attend que ça passe. Sérieusement ? Elle nous saoule encore plus quand elle commence à s'en prendre à ses amis Marseillais, via son blog, qu'elle ne contacte plus jamais sauf pour demander des conseils de merde. Les passages concernant le blog sont tout bonnement inutiles d'ailleurs, et puis l'écriture texto... Merci. Ca pique les yeux. (Franchement, à ce moment là, je me suis dit qu'on touchait le fond.).
Et puis, et puis... et puis finalement, la deuxième partie m'a clairement beaucoup plus intéressée ! A partir du moment où on découvre ce que les bosses dans le dos cachent, Syrine devient nettement moins... insupportable. Elle est moins gonflante. Et puis y a l'arrivée de Gauthier aussi qui change la donne. Il est un peu plus intéressant que Syrine ne l'avait été dans la première partie. J'avoue, à ce moment là, j'ai eu du mal à lâcher le bouquin... Et je suis même allée jusqu'à me dire en le refermant, qu'un jour surement, je lirai la suite.
Donc, j'ai à la fois détesté et adoré ce livre.
J'ai pas mal regretté qu'il n'y ait pas plus d'échanges entre Syrine et sa "Jadda" (Grand mère), qui semblait être une personne très intéressante et ayant énormément de choses à dire. Plutôt que de passer son temps à dire "Ohlalala mon dieu c'est horrible ce qu'il m'arrive", Syrine aurait pu poser des questions. Ca nous aurait un peu plus embarqué dans l'aspect mythologique / Fantastique de l'histoire.
J'ai par ailleurs, bien apprécié ce que Syrine devient. L'auteur ne fait pas de concession, et n'édulcore en aucun cas ce qu'elle est. Les faits sont là, ils sont crus, sans détour, et certaines scènes nous feront grimacer. Ca rattrape l'ensemble !