Tout au long du Moyen-Age, la lettre demeure l'un des vecteurs essentiels de l'action politique. C'est par elle que l'on s'informe, que l'on ngocie, que l'on ordonne. C'est par elle que l'on prpare l'avenir et que l'on clbre le pass. En un mot, c'est par elle que l'on gouverne. Mais la lettre, autographe ou dicte un secrtaire, vhicule aussi une pense, des motions, des espoirs et des craintes. Toute correspondance se prsente en effet comme un dialogue inter absentes, tantt solennel et tantt familier, qui illustre la composante minemment personnelle du pouvoir. L'pistolaire politique, essentiel pour comprendre la pense et l'action des gouvernants mdivaux, est cependant rest un champ relativement peu tudi. Sans doute parce que l'extrme miettement des correspondances rend difficile leur apprhension ; c'est un champ dont il convient donc de prendre la mesure.