Poser la question de la contrefaon et des usages de faux la Renaissance peut sembler incongrue, tant l'poque pratique l'imitation en littrature comme en art et prise peu l'originalit. On tente pourtant alors pour la premire fois de faire la part du licite et de l'illicite en matire de production manufacture et de cration intellectuelle. Face la multiplication de pices de monnaie rognes, de tissus alourdis en eau et, de faon nouvelle, d'oeuvres, de tableaux ou de sculptures attribues fallacieusement un auteur ou un matre prestigieux, de livres publis sans l'accord d'un prcdent imprimeur, des juristes et des hommes de lettres posent les linaments d'une dontologie de la reproduction. Tous les champs d'exercice de la reproduction sont concerns, y compris ceux qui ncessitent l'identification des personnes : la littrature, les arts, le commerce, la politique, les sciences et la religion.