"Tu ferais mieux d'aller rue des Rigoles, il y a des Pompes beaucoup moins chères !" Tel est le conseil donné à l'auteur par un copain, alors qu'il se met en devoir de préparer les obsèques de sa mère. Et c'est ainsi, entre le chagrin et l'éclat de rire, que les souvenirs surgissent. Des souvenirs qui ramènent Gérard Mordillat à l'après-guerre, dans ce Paris populaire du XXe arrondissement où il grandit entre un père employé à la SNCF et une mère venue d'outre-Atlantique, professeur d'anglais à l'école Berlizt. Un Paris où survit le souvenir des Communards, où, dans les trente cinémas de quartier qui se trouvent entre Belleville et Ménilmontant, les premiers baisers dans la pénombre se confondent avec l'éveil d'une passion pour le 7e art. Truculent, gouailleur, tendre, mélancolique, Gérard Mordillat compose un hymne à son enfance, qui ravira tous ceux qui ont aimé Robert Sabatier ou le Truffaut des "Quatre cent coups".
Très beau texte sur un quartier de Paris (le 20e arrondissement entre Gambetta et Belleville) à travers les souvenirs de l'auteur qui, à l'occasion du décès de sa mère, revient dans le quartier de son enfance et se replonge dans ses souvenirs.
Ce court roman nous conte un Paris perdu, peut-être à jamais. Un Paris à la vie de quartier riche, où les gens vivaient ensembles pour le meilleur et le pire aussi. Aujourd'hui, il reste bien peu de cet esprit de quartier, de ces commerces de proximité qui servaient de lieu de socialisation entre voisins.
De son enfance dans les années 50 à sa vie de jeune branleur adulte, il nous retrace l'évolution de tout un quartier, mais également de tout un pan de la société qui a changé. De l'évocation des 35 cinémas qui s'étalaient de Gambetta à Belleville (en passant par Mesnilmontant), à celle des profs communistes et bouffeurs de curés, tout cela apparaît comme un monde à la fois proche et pourtant tellement lointain !
Le tout est servi par une plume touchante et drôle, et j'ai passé un très bon moment de lecture.
Bien sûr tout cela fleure bon la nostalgie, mais quand on voit ce que Paris est devenu depuis lors, et ce qu'il est en train de devenir maintenant, on ne peut que la comprendre, cette nostalgie, et même regretter d'être trop jeune pour ne pas la partager pleinement avec Gérard Mordillat...
Gérard Mordillat raconte son enfance et une partie de sa vie adulte. Il utilise un style court, plein de jeux de mots, le genre qui fait atterrir aux Papous dans la tête. :-) Lecture agréable.
Par bouts, j'ai bien aimé. Le style est bien, les histoires sont cocasses. Sauf que l'auteur ne fait que se remémorer des souvenirs sans liens, qui n'ont aucun rapport avec le premier chapitre. Aucune conclusion. On ne sait jamais vers où l'histoire se dirige, et après l'avoir lu au complet, je ne comprends toujours pas.