Es la historia enrevesada, llena de escollos y provocación de un abogado judío y de izquierdas, enamorado de un estudiante de origen árabe, decidido a defender a un joven neofascista acusado de haber asesinado a un joven magrebí.
Mathieu Lindon is the author of nineteen books and a staff writer for Liberacion. Learning What Love Means received the prestigious Prix Medici in France in 2011. It is the first of his works to appear in English.
Ronald Blistier, jeune membre du Front national, abat de sang-froid un adolescent maghrébin en plein Paris. La stratégie de son avocat, ironiquement un juif homosexuel, est de citer à comparaître Jean-Marie Le Pen pour incitation à la haine et au racisme.
Il y a un aspect prémonitoire dans ce roman. En effet, il a été publié en 1998, soit avant les élections de 2002 où, contre toute attente, Le Pen a passé le premier tour et s'est retrouvé au second tour des présidentielles contre Chirac.
Ce petit livre est venu me chercher comme c'est rarement arrivé. Sans doute parce que dans ma vie professionnelle et ailleurs, j'ai connu de beaux cas de racistes patents, pleins de suffisance...
La question posée par le roman est celle-ci : qui porte la responsabilité la plus lourde ? Celui qui parle, celui qui laisse parler ou encore celui qui écoute ? La réponse n'est pas simple, mais pour le personnage principal du Procès de Jean-Marie Le Pen, le coupable c'est celui qui parle, celui qui par ses discours incandescents, ses allusions perfides et ses amalgames irresponsables, incite les autres aux actions violentes et désespérées, celui qui joue de la peur et l'exacerbe...
Le racisme, dit Lindon, « c'est de l'eau empoisonnée, comment l'empêcher de couler si on s'interdit de tarir la source ? » Dans le livre, la stratégie de l'avocat de faire répondre Le Pen de ses paroles en justice réussit-elle ? Le lecteur curieux le saura en lisant ce très court roman.
Je ne voudrais pas donner l'impression que ce livre est pesant, intense et indigeste. Au contraire, Lindon est un sacré écrivain, et ce roman est tout à fait passionnant, drôle par moment et touchant... C'est rien que du bon.
Dans la vie réelle, suite à la publication de ce roman, Lindon et ses éditeurs ont été cité à procès pour diffamation par Le Pen. L'affaire s'est terminée en 2007 devant la Cour européenne des droits de l'homme qui a rejeté l'appel de Lindon et maintenu le verdict.
Rien n'avance vraiment entre le début et la fin du livre, on diabolise Le Pen comme s'il avait inventé le racisme et tous les maux de la France lui incombaient, on limite les racistes à des racailles stupides et illogiques qui suivent Le Pen et ne savent pas faire preuve de sens critique.
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