"J'ai le got des images : de celles qui convoquent le souvenir, mais surtout de celles que le souvenir, mme trs enfoui, mme oubli, convoque furtivement. Le rel dans ces moments-l se contorsionne, le temps se plie, se duplique et se colle bout bout. Le dplier ensuite comme on le ferait d'un origami, si les origamis se dpliaient, c'est la grande affaire du langage". Depuis longtemps, Christian Garcin, crivain connu pour son oeuvre tourne vers le voyage et l'ailleurs, emporte un appareil photo dans ses bagages. La simple captation de ses impressions Saint-Ptersbourg, Suzhou, Kyoto, Liverpool, Tiksi, Vladivostok, Uyanga ou Shanghai s'est peu peu transforme en un prolongement de son travail littraire. Ses photographies rvlent une criture visuelle dlie, o l'acuit ctoie l'insolite. Il se livre ici un jeu d'assemblage en diptyques o les pays abolissent leurs frontires, les histoires se rpondent et l'imaginaire est sans cesse sollicit. Ces courts-circuits photographiques arrtent pour un instant le flux mondialis des images et s'panouissent dans un hors champ subtil que quelques-uns de ses amis crivains viennent ici investir.