Tout francophone connat le sens d'expressions comme tirer le diable par la queue ou cacher son, jeu. Mais qui, en France, comprend tomber avec son derrire dans le beurre ('avoir de la chance'), utilise en Belgique, y aller aux bines ('aller trs vite'), courante au Qubec, ou encore a va pas le chalet ! ('c'est insens !'), qui se dit en Suisse A l'inverse, sait-on que, hors de l'Hexagone, des expressions telles que se faire appeler Arthur ou peigner la girafe ne sont gure connues De mme qu'il y a des belgicismes, des qubcismes et des helvtismes, il existe des francismes. L'intrt des locutions figes n'est plus dmontrer : massivement prsentes dans la langue de tous les jours, elles sont une source de difficults tant pour le traitement automatique du langage que pour l'enseignement des langues vivantes. La dmarche adopte est innovante : les expressions sont dcrites non seulement du point de vue de leur sens, l'aspect le plus marquant pour les usagers, mais aussi de leur syntaxe et de leur usage pragmatique. L'tude inclut ainsi une srie de phrases figes usuelles l'oral qui constituent de simples routines conversationnelles, telles que Tu parles !, Il faut le faire !, T'occupe pas du chapeau de la gamine, etc. La variation gographique est systmatiquement prise en compte. Les expressions sont classes selon qu'elles sont communes aux quatre varits de la francophonie considres (constituant ainsi le vritable stock idiomatique du franais commun), spcifiques une seule d'entre elles, ou partages par deux ou trois des varits. L'ouvrage a bnfici de la collaboration de chercheurs qui sont locuteurs natifs d'une des varits tudies ici : Jean-Ren Klein (Universit de Louvain-UCL), Jacques Labelle (Universit du Qubec Montral), Christian Leclre (Universit de Paris-Est), Annie Meunier (Universit de Paris 8) et Corinne Rossari (Universit de Fribourg).