Né en 1886, fils d'un archéologue, Wilhelm Furtwängler récite Goethe et Schiller par coeur à six ans. Avant 1900, « Furt » a choisi sa voie : il sera compositeur. Mais c'est en 1906 qu'il naît véritablement à lui-même en dirigeant à Munich son premier concert. C'est le début d'une carrière d'un demi-siècle, jalonnée d'enregistrements qui ont bouleversé l'art de la direction d'orchestre et demeurent des références. Cette légende eut sa part d'ombre car, malgré son hostilité à la politique culturelle du IIIe Reich et son aversion pour la politique en général, Furtwängler ne se résolut jamais à abandonner Beethoven, Brahms et Wagner à la propagande nazie. Lavé de tout soupçon après guerre, rétabli à la tête de la Philharmonie de Berlin, Furtwängler continuera d'incarner jusqu'à sa mort l'esprit même du romantisme allemand. Elisabeth Furtwängler évoque dans ce livre un autre Furtwängler. Si elle n'oublie pas le chef d'orchestre et le musicien, elle invite à redécouvrir le compositeur, le citoyen allemand déchiré dans son amour pour sa patrie, et plus simplement l'homme qu'elle épousa en secondes noces en 1943. Émaillé d'anecdotes révélatrices, cette édition augmentée de Furtwängler (Lattès, 1983) offre une évocation intime et chaleureuse. Elle est complétée de 17 lettres inédites adressées par son mari entre 1941 et sa mort.