Port-au-Prince, Le Caire, Dakar, Mogadiscio. Kuala Lumpur, Manille.... pour nombre de capitales du Sud, l'anne 2008 aura t celle des " meutes de la faim ". Traditionnellement sourds aux appels de la rue, les gouvernements des pays concerns ont cette fois ragi au quart de tour, conscients que cette colre populaire l. celle des " ventres creux ", constituait une menace sans gal pour leur stabilit. Les rflexes rpressifs ont donc t accompagns d'une batterie de mesures d'urgence visant contenir les prix (vente d'aliments subsidis. rduction des taxes l'importation. limitation des exportations, etc.). Expression spectaculaire des tensions sociales et politiques qui agitent l'univers urbain, les " meutes de la faim " n'puisent cependant pas la diversit des ractions des populations concernes. Dans de nombreux pays, le mcontentement a tant bien que mal t canalis dans des manifestations " contre la vie chre " par les acteurs syndicaux ou les forces de l'opposition, avec l'espoir - au-del de l'urgence humanitaire - d'arracher des changements dmocratiques et sociaux des lites prises en dfaut par l'ampleur de la crise. Plus fondamentalement, ces protestations sont l'ultime soubresaut d'une tendance lourde : la marginalisation des agricultures vivrires au profit des monocultures d'exportation et la dpendance accrue des pays pauvres vis--vis des marchs internationaux qui en dcoule. Les organisations paysannes sauront-elles s'appuyer sur la prise de conscience, partage par un nombre croissant de dcideurs nationaux, des dangers de la libralisation agricole pour faire avancer le principe de la souverainet alimentaire