Cet ouvrage runit une srie d'essais qui, de manire croise et complmentaire, explorent les relations entre les citadins et leur ville, en mettant en vidence chez les premiers leurs ventuelles interventions en tant qu'acteurs sociaux et dans les secondes la production deformes architecturales et urbaines. Chacun des chapitres part de l'ide que l'histoire des villes ne peut tre comprise si on dissocie les citadins du territoire concret dans lequel ils vivent et qu'ils contribuent produire et transformer. Les villes ont, comme tout objet gographique, leurs rythmes d'volution avec des ruptures et des priodes plus ou moins longues d'volution lente. Rythmes qui concernent autant leur production matrielle que leur fonctionnement sur les plans politique, administratif, conomique, social, culturel, etc. l'inverse de nombreux historiens pour qui la priodisation est d'abord le cadre commode d'une tude (quand on analyse, par exemple, les caractristiqued'une ville et de sa socit au XVIIIe sicle), ces rythmes, que j'appelle ici temporalits, sont interprts comme consubstantiels la fois de la nature des villes et de leur volution propre. C'est, en effet, dans la rupture, c'est--dire dans le passage d'une temporalit l'autre que l'on peut le mieux comprendre ce qui caractrise la fois l'antrieure et la nouvelle ; et il est exceptionnel que ce passage concide avec des chiffres ronds (1700, 1800, etc.) ou avec de grands vnements politico-militaires. Ces temporalits sont d'autre part toujours spcifiques d'un territoire concret. Celles d'une ville ne peuvent se rduire celles de la rgion, de l'tat-nation ou d'un ensemble gographique encore plus vaste, de nature culturelle, politique ou conomique (Communaut conomique Europenne, Amrique latine, etc.). Tout en tant plus ou moins influence par l'histoire politico-militaire et par dgrands mouvements d'ordre conomique ou culturel chaque ville connat ses rythmes d'volution qui peuvent parfois diffrer totalement de ceux des villes voisines