Traces. Ce sont, avant de devenir le mot associé à René Char et pour ainsi dire la signature de tout écrivain, les empreintes laissées par une bête sauvage, loup traversant un bois, ou les marques semées par un être humain afin, non seulement de se repérer dans l’univers obscur, mais de retrouver le chemin du retour aux origines. L’écrivain, en même temps qu’il crée les siennes, déchiffre celles qui jalonnent la littérature. Il creuse ainsi des sillons, cherchant sous la végétation, qui a levé au passage l’élan initial profond imprimé en lui, sa permanence, son mystère. A ces deux dimensions, lire et écrire, d’une même poursuite, j’en ai joint une troisième qui m’est familière : traduire. Chacune de ces activités faisant écho aux autres, j’ai adopté la forme du journal qui les mêle intimement, en me fiant à l’apport par ailleurs indispensable des rencontres et du hasard. C.M
Claire Malroux was born in Albi, southwestern France. She attended at the École Normale Supérieure de Jeunes Filles in Paris. She was a teenager at the start of World War II, and her father was part of the French Resistance, who fought the Nazis. She is the author of a dozen collections of poems, including La Femme sans paroles (2006), Ni si lointain (2004), and Soleil de jadis: recit poeme (1998). She has also published two hybrid prose works: Traces, sillons (2009), a journal-style look at process, and Chambre avec vue sur l’éternité (2005), which traces Malroux’s literary relationship with Emily Dickinson. There are four volumes of Malroux’s poetry available in translation, by Marilyn Hacker: Daybreak: New and Selected Poems (2020), Birds and Bison (Sheep Meadow Press, 2004), A Long-Gone Sun (2001), and Edge (Wake Forest University Press, 1996). Malroux is also a French translator of American poets, notably Marilyn Hacker, Henri Cole, Wallace Stevens, and Emily Dickinson. She has won several awards for her translation work. She lives in Paris.