L'âge d'homme fut publié en juin 1939, à la veille de la "drôle de guerre". Il était achevé depuis quatre ans. Une première version avait été rédigée en décembre 1930. La genèse de ce premier essai autobiographique, dont il apparut très vite qu'il avait révolutionné le genre auquel il appartenait, est entièrement placé sous le signe des années trente, de l'inquiétude, du besoin et de l'échec de l'évasion. Dans L'âge d'homme ainsi que dans les romans de Sartre et de Céline, la dénonciation du mode de vie et du système de valeurs bourgeois transcende le seul phénomène d'époque et de classe.
On devrait avoir une échelle qui indique avant une biographie si la vie de lauteur est assez intéressante pour être racontée. Celle de Leiris ne passerait pas. Son obsession à comparer son acte d'écriture et les "dangers" qu'il prend à dire "toute la vérité et rien que la vérité" avec la figure du torrero est perturbante : non il n'y a rien de comparable entre raconter sa vie et les dangers de la corrida. Il s’extirpe constamment du monde réel et ressent profondément une forme de différence entre lui et le reste des hommes qu'il se plaît à contempler écriture à vocation curative