Expliquer ce que l'on fait de bien (ou de moins bien), expliquer ce qui nous arrive d'intéressant (ou de moins intéressant), ou bien encore expliquer ce que font les autres et ce qui leur arrive, est pratique courante non seulement dans la vie privée de tout un chacun mais aussi dans la vie professionnelle de nombreux responsables (enseignants, travailleurs sociaux, recruteurs, cadres...). Lorsqu'on se livre à de telles activités, on a le sentiment que l'on exprime une opinion personnelle reposant sur ses propres capacités d'analyse et sur son aptitude spontanée à la connaissance. Cet ouvrage va à l'encontre des croyances communes. L'auteure montre, en s'appuyant sur de nombreuses recherches, pour la plupart inédites, que les explications causales des événements de la vie quotidienne font l'objet d'une acquisition socialement déterminée; que certaines sont socialement plus acceptables que d'autres, surtout lorsque l'on veut se mettre en valeur, bref, qu'elles font intervenir une norme la norme d'internalité. Comme toutes les normes, celle-ci n'est pas universelle. Elle s'ancre dans le libéralisme et s'acquiert à travers les pratiques évaluatives libérales.