Retail apocalypse. Cette expression désigne la vague de fermetures d'un grand nombre de magasins aux États-Unis depuis une dizaine d'années. En France, le mouvement n'a pas la même ampleur mais l'essor du e-commerce concurrence les ventes "physiques" et contribue à faire progresser la vacance commerciale en centre-ville et dans certaines galeries marchandes. Pour autant, l'avenir des marchés, des boutiques, des centres commerciaux, des friperies, des brocantes, des grands magasins ou des librairies n'est pas scellé. En dépit de la digitalisation des courses, de la remise en cause de la distribution de masse et de l'apparition de nouvelles normes de consommation, le magasin demeure un lieu d'approvisionnement central. Il est également un lieu social et assume d'autres fonctions capables de garantir son existence. À travers une vingtaine de chapitres exposant les résultats d'enquêtes sociologiques, cet ouvrage propose une contribution originale au débat en mettant en évidence les fonctions symboliques et l'utilité sociale du magasin. Que fait-il à l'individu ? Que vient y chercher celui-ci que les plateformes ne peuvent lui assurer ? Ni complainte du progrès, ni tract poujadiste de défense des petits commerçants, cet ouvrage examine les raisons qui poussent chaque individu à consacrer en moyenne deux heures quarante par semaine aux achats hors de son domicile.
Retail apocalypse vous croyez ? Les épiceries reviennent dans les centre-ville sous franchise de grandes enseignes, les boutiques ethniques et bio fleurissent, les marchés paysans et de plein vent sont bourrés de monde, il n'y a que les hypermarchés hard discompte, les centres commerciaux en périphérie qui perdent des parts de marché et subissent une désaffection. le magasin reste le lieu d'approvisionnement central. Dans cette petite sociologie du magasin de proximité, Vincent Chabault (sociologue, maître de conférence à la Sorbonne) montre comment les librairies, les supérettes de centre-ville, les grands magasins parisiens, les foires aux vins, les vide-greniers et les brocantes, même les kiosquiers devenus relais-colis et le Bon Coin sur Internet résistent à l'amazonisation du monde. Si vous êtes comme moi fan de votre supérette et de sa boulangerie, je conseille la lecture de ce petit ouvrage optimiste qui rend hommage à la socialité des commerçants de quartier.