Platon donne pour tâche à la philosophie de connaître la réalité dans son ensemble, de connaître la mesure de toutes choses et de permettre aux hommes d'y ordonner leur propre existence. Mais ce qui est "réel" ajoute-t-il dans ses dialogues n'est pas ce que nous percevons au moyen de nos sens.
Selon Platon, les choses "sensibles" ne peuvent être les objets ni de la connaissance ni du langage, qu'elles ne peuvent donner aux hommes les principes ou les normes de leurs conduites. Mais il existe des réalités véritables "intelligibles" qui existent par elles-mêmes, éternellement identiques à elles-mêmes et qui sont la cause de l'existence des choses sensibles. Celles-ci d'après Platon, sont ce qu'elles sont, avec des qualités propres dans la mesure où elles "participent" aux réalités intelligibles. Cette hypothèse, celle de l'existence de réalités ou de "formes" intelligibles auxquelles participent les choses sensibles, est la spécificité de la doctrine platonicienne. Sa signification est toujours discutée.
Jean-François Pradeau est un historien de la philosophie français, né en 1969, ancien élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégé et docteur en philosophie, spécialiste de philosophie antique, notamment de Platon et de Plotin.
Ancien maître de conférences à Nanterre, il enseigne à la faculté Jean Moulin Lyon III en tant que professeur des universités. Il a créé la Revue des études platoniciennes et en est le directeur de publication.