Alors que s’organise le pow-wow et que la communauté, frappée par un décès, craint de voir un autre des siens s’éteindre, le temps s’accélère et précipite les choses. Avec le roman par nouvelles Éveil à Kitchike : la saignée des possibles, l’auteur tire les fils qui relient l’ordinaire à l’extraordinaire, la douce folie des uns à l’ambition des autres, les anciennes rivalités à une réelle sororité sans jamais sacrifier la nécessité de se serrer les coudes ou le désir tout simple d’entendre battre les cœurs. Dans la langue imagée qu’on lui connaît et l’humour grinçant, souvent déjanté, qui est le sien, Louis-Karl Picard-Sioui persiste à dépeindre les travers et les beautés de celles et ceux qui forment cette singulière communauté.
Ce roman choral où le personnage central est la réserve, avec ses belles histoires et les laides, en dit beaucoup plus sur la réalité autochtone qu'il n'y parait. Louis-Karl Picard-Sioui, navigue avec habileté, comme à son habitude, entre le loufoque et le drame. On y retrouve les jeux de pouvoirs, les magouilles, l'oppression des femmes, mais aussi l'attachement aux passé, à ses traditions, à sa spiritualité et à l'espoir qu'il porte encore malgré tout. Il y a des méchants mais on n'est pas sûr que les bons sont si bons que ça et c'est tant mieux, même eux sont imparfaits à Kichike. Et c'est ce que j'aime chez l'auteur, son louvoiement entre l'espoir et la tragédie humaine. Tout cela raconte, avec une justesse à la fois désopilante et triste, ce que c'est de vivre sur une rez.
Si vous avez aimé le premier tome, attachez votre tuque avec d'la broche, parce que celui-là défrise encore plus! Vous pensez savoir où ça s'en va? Détrompez-vous 😉.
Kitchike, c'est une réserve autochtone fictive, mais c'est aussi une communauté. Pas parfaite, mais toujours authentique, malgré ses travers. On ne s'ennuie jamais à Kitchike. Y'a toujours de quoi qui se trame quelque part. C'est aussi une satire des plus exaltée ! J'ai particulièrement adoré ces expressions qui s'emmêlaient les pinceaux. Et aussi de voir le sentiment de communauté grandir au fur et à mesure que le récit avance.
Tout comme avec le premier, ce sont des nouvelles qui ont une continuité et donc, ça se lit comme un roman. Mais ça fait aussi que tu peux commencer par lui et t'auras pas de misère à suivre.
Kitchike, c'est une expérience atypique, étonnante et intensément drôle. À lire sans modération.
Beaucoup aimé même si parfois je trouvais que l'auteur sautait d'un style d'écriture à l'autre et d'un genre à l'autre sans qu'on s'y attende. Les premiers chapitres se lisent comme des nouvelles, mais à la fin tout s’imbrique. L’action se passe dans une réserve et l’histoire culmine avec la tenue de pow-wow. Picard-Sioui traite avec humour des sujets qui sont par moments lourds et angoissants puisqu’il s’agit de rivalités claniques et de violence envers les femmes. Les derniers chapitres sont fascinants. Il nous invite dans un univers parallèle de Triskters où les ancêtres devenus spectres s’entraident tout un chacun.
Je n’ai pas toute compris .. quand une histoire devient irréelle, je décroche tellement. Dommage parce que j’avais bien embarqué. Ça l’air que ce n’est pas le premier tome.. pourtant ce n’est indiqué nul part qu’il s’agit d’une suite. Bref, décevant.
La population de Kitchike haute en couleur est passionnante à découvrir grâce au style unique de l auteur très imagé et plein d humour. Les passages dans le monde des esprits est un peu long ....ou bien un peu court ...